SOPHIA-ANTIPOLIS : Karine LECAL : « Le BIM est une révoluti…
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SOPHIA-ANTIPOLIS : Karine LECAL : « Le BIM est une révolution pour concevoir des bâtiments plus durables »
Le BIM, un processus de travail collaboratif, s’impose dans le secteur du BTP pour créer des bâtiments plus durables et performants, selon une experte.
Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) est à la croisée des chemins. Confronté à des défis majeurs liés à la durabilité, aux nouvelles normes et à l’évolution des usages, il doit opérer une transformation profonde de ses méthodes. Fini le temps des expertises isolées travaillant en silos ; l’heure est à la collaboration et à la vision consolidée des projets. Dans ce contexte, une nouvelle approche s’impose comme un levier stratégique pour les promoteurs, constructeurs et gestionnaires de patrimoine : le BIM (Building Information Modeling). Pour Karine Lecal, Directrice nationale des filières Architecture et Bâtiment pour Sophia Ynov Campus, cette mutation est indispensable pour l’avenir de la construction.
Le BIM, un processus de travail stratégique
Il est essentiel de clarifier une confusion fréquente : le BIM n’est pas un simple logiciel de modélisation 3D. « Il s’agit d’un processus de travail collaboratif structuré autour de la donnée », précise Karine Lecal. Cette méthode permet d’enrichir les représentations géométriques d’un bâtiment avec une multitude d’informations cruciales, créant une maquette numérique intelligente. On parle aujourd’hui d’une modélisation allant jusqu’à la 7D, intégrant la géométrie (3D), le planning (4D), les coûts (5D), la performance énergétique et environnementale (6D) et la maintenance future (7D).
Toutes ces données sont centralisées au sein d’un cadre numérique unique, accessible à l’ensemble des parties prenantes, de la phase de conception à l’exploitation du bâtiment. Architectes, ingénieurs, chefs de chantier, fournisseurs de matériaux et équipes de maintenance disposent ainsi d’une grille de lecture commune, garantissant une parfaite exécution et une coordination optimale. Cette approche collaborative permet non seulement de renforcer la performance globale et de respecter rigoureusement les normes, mais aussi de mesurer un retour sur investissement tangible pour chaque projet.
Le BIM Manager, chef d’orchestre du projet
Une telle révolution méthodologique ne peut s’improviser. Elle requiert une nouvelle fonction clé, de plus en plus plébiscitée par les entreprises du secteur : le BIM Manager. Véritable chef d’orchestre du projet, il a la charge de coordonner l’ensemble des opérations et de servir d’interface entre les différents corps de métier. Son rôle est de piloter la démarche, d’accompagner les équipes dans l’adoption de ces nouveaux outils et de les former à leurs spécificités. Il est également le partenaire privilégié des nouveaux métiers émergents du bâtiment numérique, comme les experts en « Smart Building » (bâtiment intelligent).
Un besoin crucial de formation
La montée en puissance du BIM engendre une forte demande pour ces nouvelles compétences. « Il devient donc indispensable de structurer une filière de formation adaptée, capable d’anticiper les besoins en compétences et de préparer les futurs professionnels à ces nouvelles méthodes de travail », insiste Karine Lecal. Former des BIM Managers est devenu un prérequis à court terme pour l’industrie, mais aussi une garantie d’insertion professionnelle rapide dans un secteur en pleine effervescence. Des établissements comme Sophia Ynov Campus (https://www.ynov.com/) se positionnent sur ce créneau pour fournir aux entreprises des collaborateurs dotés de cette double culture, à la fois métier et technologique, indispensable à la réussite des projets de construction modernes.
Le jumeau numérique, l’avenir de la gestion des bâtiments
Grâce au BIM, le cycle de vie d’un bâtiment ne s’arrête plus à sa livraison. La maquette numérique évolue avec la construction physique pour devenir un véritable « jumeau numérique ». Cette réplique virtuelle dynamique permet de suivre, d’analyser et d’optimiser le bâtiment tout au long de son existence. Il devient possible d’anticiper avec précision les consommations énergétiques, de planifier une maintenance prédictive plus efficace et, in fine, de prolonger la durée de vie de l’ouvrage.
« Au final, cela permettra de pouvoir concevoir et gérer efficacement l’ensemble du cycle de vie des bâtiments de demain et de positionner l’excellence opérationnelle au centre des projets », conclut Karine Lecal. Le BIM n’est donc plus une option, mais le fondement d’une nouvelle ère pour un BTP plus performant, plus durable et plus intelligent.