SIX-FOURS-LES-PLAGES : Travail illégal – Fermeture ad…
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SIX-FOURS-LES-PLAGES : Travail illégal – Fermeture administrative de trois mois pour un « barber »
Le salon « Les Marseillais de Six-Fours » ferme pour trois mois sur décision préfectorale en raison de multiples infractions liées au travail illégal.
Le rideau est tombé brutalement sur le 733 avenue Maréchal de Lattre de Tassigny. Depuis le mardi 17 février 2026, l’établissement de coiffure, connu sous l’enseigne « Les Marseillais de Six-Fours », fait l’objet d’une fermeture administrative ordonnée par le préfet du Var. Cette sanction, d’une durée de trois mois, vient frapper un commerce où les services de l’État ont relevé de graves manquements à la législation du travail.
Cette décision préfectorale ne tombe pas par hasard. Elle est l’aboutissement direct d’une opération de contrôle menée par les agents de la police nationale, agissant dans le cadre du Comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF). Les investigations qui ont suivi l’intervention sur place ont permis de mettre en lumière un système frauduleux bien établi au sein de la structure.
Des infractions multiples et avérées.
Le dossier constitué par les services de l’État est accablant. La procédure a révélé l’existence de plusieurs infractions constitutives de travail illégal. Les enquêteurs ont notamment constaté l’emploi de plusieurs travailleurs étrangers dépourvus de titre les autorisant à exercer une activité salariée sur le territoire français.
Outre cette violation du droit des étrangers, l’établissement s’est rendu coupable de travail dissimulé. L’activité n’était pas, ou pas totalement, déclarée auprès des organismes de recouvrement, privant ainsi la collectivité des cotisations sociales et fiscales dues. Pour la préfecture, la coupe est pleine : « La gravité des faits au regard des préjudices subis par les organismes sociaux et l’administration fiscale mais aussi par les salariés eux-mêmes » justifie une réponse ferme.
L’administration pointe également du doigt « la persistance des infractions de travail illégal dans le temps ainsi que la proportion de salariés concernés ». Ce n’était donc pas un accident de parcours isolé, mais une pratique structurelle qui a conduit le représentant de l’État à prononcer cette « sanction administrative exemplaire ».
Une procédure contradictoire respectée.
Avant que le couperet ne tombe, la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités du Var (DDETS) a mené une procédure contradictoire. Cette étape légale a permis aux gérants de l’établissement de présenter leurs observations face aux faits reprochés. Cependant, les éléments apportés n’ont manifestement pas suffi à infléchir la décision de fermeture temporaire.
Les ennuis ne s’arrêteront pas à cette simple fermeture administrative. La préfecture du Var précise qu’au-delà de cet arrêté, d’autres sanctions administratives seront infligées pour tenir compte de « l’ampleur de la fraude financière ». Parallèlement, le volet judiciaire pourrait s’ouvrir : le procureur de la République a la faculté de prononcer des sanctions supplémentaires dans le cadre de poursuites pénales sur les faits constatés.
Un établissement au passif violent.
Le climat autour de ce « barber » semblait déjà délétère bien avant cette fermeture. En décembre dernier, les lieux avaient été le théâtre d’une violente altercation entre deux individus. L’affrontement avait pris une tournure dramatique avec l’usage d’un tournevis comme arme par l’un des protagonistes.
L’auteur présumé de ce coup, identifié comme un étranger en situation irrégulière, avait été interpellé et placé en détention provisoire sur décision de l’autorité judiciaire. Cet antécédent de violence, couplé aux fraudes massives constatées lors du contrôle CODAF, dresse le portrait d’un commerce ayant largement dérivé hors du cadre légal, nécessitant l’intervention vigoureuse des services de l’État pour rétablir l’ordre public et le respect du droit.