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SIX-FOURS-LES-PLAGES : Philippe COMANI : « Le retrait du drapeau européen est un acte idéologique et malvenu »
L’ancien élu d’opposition Philippe Comani dénonce le retrait du drapeau européen par le nouveau maire RN, y voyant un geste idéologique.
La vie politique à Six-Fours-les-Plages connaît ses premières tensions suite à la récente élection municipale. Le premier acte symbolique du nouveau maire, Frédéric Boccaletti (RN), a en effet suscité une vive réaction de l’opposition. L’objet de la controverse : le retrait du drapeau européen qui flottait au sein de l’hôtel de ville, et plus spécifiquement dans la salle du conseil municipal. Un lieu loin d’être anodin, puisqu’il porte le nom de Simone Veil, figure de la construction européenne et première présidente du Parlement Européen élue au suffrage universel.
Dans un communiqué transmis ce jour, Philippe Comani, ancien conseiller municipal socialiste du groupe « SIX-FOURS A GAUCHE, ECOLOGISTE & CITOYENNE », s’insurge contre une décision qu’il qualifie d’« acte idéologique et malvenu ».
Des justifications contestées par l’opposition
Selon l’ancien élu, les justifications avancées par le nouveau maire pour expliquer son geste – un prétendu soutien aux agriculteurs, la dénonciation d’une « machine à broyer » européenne ou un faible retour sur investissement des impôts versés à l’Union – ne tiennent pas. Philippe Comani avance plusieurs contre-arguments pour étayer sa position.
Il rappelle d’abord que « le parti politique de Monsieur Boccaletti (le RN) bénéficie des fonds européens pour la rémunération et l’indemnisation de ses élus et assistants au Parlement européen ».
Il souligne également que ces mêmes fonds européens contribuent au financement de nombreux projets, y compris à l’échelle locale.
« Ces fonds européens participent aux financement de certains projets municipaux ou métropolitains, y compris dans des villes désormais “RN” », précise-t-il.
Enfin, il met en avant la dimension citoyenne, rappelant que « des citoyens de l’Union Européenne vivent à Six-Fours et peuvent voter lors des scrutins municipaux et européens ».
Une « pulsion nationaliste » en écho à d’autres villes RN
Pour Philippe Comani, ce geste dépasse la simple maladresse ou la tentative populiste. Il y voit la manifestation claire d’une ligne politique assumée.
« En réalité le premier acte symbolique de Monsieur le maire Frédéric Boccaletti n’est pas un geste qui se voudrait populiste ou maladroit, mais un geste idéologique », affirme-t-il dans son communiqué.
Il analyse cette décision comme « l’expression d’une pulsion nationaliste, d’idéologie du repli sur soi et de courant souverainiste “Fréxit”, propre au Parti de Monsieur Boccaletti ».
L’opposant six-fournais inscrit cette action dans une stratégie plus large, observée dans d’autres municipalités récemment remportées par le Rassemblement National, citant en exemple les communes de Carcassonne, Cagnes-sur-Mer ou encore Canohès, où des actes similaires auraient été commis.
Un symbole de paix et d’union bafoué
Au-delà de la polémique politicienne, Philippe Comani insiste sur la portée symbolique de ce retrait. Il rappelle que le drapeau bleu aux douze étoiles d’or « représente la solidarité et l’union des peuples d’Europe » et que l’Union Européenne s’est avant tout construite sur la volonté de garantir une paix durable entre ses membres. Dans le contexte international actuel, cette décision prend, selon lui, un relief particulièrement inquiétant.
« A l’époque où les crises et les conflits se multiplient dans le monde du fait de régimes autoritaires, alors qu’une guerre est toujours en cours sur notre continent européen, ce premier acte symbolique et idéologique de maire de Monsieur Boccaletti : Retirer le drapeau européen, camouflet infligé à ce symbole de paix, de liberté des peuples et de démocratie, apparaît particulièrement malvenu », conclut-il amèrement.
via Presse Agence.


