SÃO BERNARDO DO CAMPO : Daniel MELIM : « Cette exposition e…
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SÃO BERNARDO DO CAMPO : Daniel MELIM : « Cette exposition est une façon de me reconnecter avec l’endroit où tout a commencé »
À São Bernardo do Campo, près de São Paulo (Brésil), la Pinacothèque plonge le visiteur dans l’atelier de l’artiste Daniel Melim jusqu’au 28 mars.
C’est une immersion totale dans la fabrique de l’art urbain que propose actuellement la Pinacothèque de São Bernardo do Campo. L’institution culturelle brésilienne accueille « Reflexos Urbanos : a arte de Daniel Melim », une exposition personnelle d’envergure qui transforme l’espace muséal en un véritable atelier étendu. Sous le commissariat de Baixo Ribeiro, chercheur et spécialiste de l’art public, l’événement rassemble douze œuvres, dont huit créations inédites, offrant une rétrospective introspective du travail de cet artiste né en 1979 dans cette même ville industrielle.
Un retour aux sources symbolique.
Pour Daniel Melim, figure majeure de la scène artistique contemporaine, cet événement revêt une dimension particulièrement intime. L’exposition ne se contente pas d’aligner des œuvres sur les murs ; elle recrée l’atmosphère de son lieu de création pour mieux dialoguer avec son territoire d’origine. « Cette exposition personnelle est une façon de me reconnecter avec l’endroit où tout a commencé. São Bernardo do Campo a été ma première école d’art, non seulement par la faculté, mais par la rue, les murs, les grèves que j’ai vues quand j’étais encore enfant », confie Daniel Melim.
Ce vécu, ancré dans le paysage urbain de l’ABC Paulista (la ceinture industrielle de São Paulo), a forgé sa vision du monde. « Cette expérience a formé ma vision du monde. Ramener ce travail ici, dans l’espace de la Pinacothèque, c’est comme ouvrir mon atelier à la ville qui m’a tant accueilli et m’a fait grandir », ajoute l’artiste.
L’art du pochoir comme langage critique.
La scénographie, pensée comme un « atelier élargi », permet au public de saisir les mécanismes de production de l’artiste. Parmi les pièces maîtresses figure une peinture monumentale de 2,5 mètres sur 12 mètres, illustrant la maîtrise technique de Melim. Son œuvre se caractérise par l’usage intensif du pochoir (stencil), une technique qu’il explore depuis la fin des années 1990.
Les compositions de Melim sont immédiatement reconnaissables : des couleurs en aplat, des superpositions complexes et une esthétique empruntant à l’imaginaire graphique de la publicité pour mieux critiquer la société de consommation. « Je me suis toujours intéressé à la relation entre l’art et l’espace urbain. Le pochoir a été mon premier langage et continue d’être le point de départ pour créer des récits visuels qui dialoguent avec la vie quotidienne. Cette exposition porte sur ce dialogue : ville, œuvre et public », explique Daniel Melim.
Le commissariat de Baixo Ribeiro met en lumière cette capacité à transformer des références visuelles du quotidien en outils de réflexion critique, jetant des ponts entre l’espace public de la rue et l’espace institutionnel du musée.
Le spectateur devenu co-auteur.
L’exposition dépasse la simple contemplation pour inviter à l’action. Un dispositif éducatif central a été mis en place : un mur collaboratif au sein même de l’espace d’exposition. Les visiteurs sont invités à s’approprier les techniques de prédilection de l’artiste, comme le pochoir et le collage (lambe-lambe). Cette initiative vise à transformer le visiteur en co-auteur, brisant la distance habituelle entre l’œuvre et le public.
Cette démarche participative s’inscrit dans la continuité de l’engagement social de l’artiste. Parallèlement à sa carrière internationale — qui l’a mené du MASP (Musée d’art de São Paulo) aux galeries de Copenhague en passant par une résidence à Paris en 2025 —, Daniel Melim pilote le projet « Jardim Limpão », apportant art et formation dans les communautés périphériques.
Informations pratiques et contexte.
L’exposition « Reflexos Urbanos » bénéficie du soutien de la Politique Nationale Aldir Blanc de soutien à la culture et du gouvernement de l’État de São Paulo. Elle est ouverte au public gratuitement jusqu’au 28 mars 2026.
La Pinacothèque est située Rua Kara, n° 105, dans le quartier Jardim do Mar à São Bernardo do Campo. Les visites sont possibles du mardi au samedi, avec des aménagements spécifiques pour l’accessibilité (braille, œuvres tactiles).
Pour découvrir l’univers de l’artiste, son site officiel est accessible ici : https://www.melim.art.br/.


