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SAINT TROPEZ : L’écrivain Sylvie Bourgeois Harel appo…

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SAINT TROPEZ : L’écrivain Sylvie Bourgeois Harel apporte son soutien à Judith Godrèche

Benoit Jacquot aura beau donner toutes les raisons du monde que Judith Godrèche s’était mise en tête en tête de le sauver, qu’elle était très déterminée, qu’elle était amoureuse de lui, il n’a aucune excuse.

Un homme sain d’esprit de 39 ans ne couche pas avec une jeune fille de 14 ans. Un point, c’est tout. D’autant que dans le documentaire de Gérard Miller, Les Ruses du désir, tourné en 2011, Benoit Jacquot explique comment il a utilisé le septième art comme une sorte de couverture pour séduire de jeunes mineures, pour avoir une emprise sur elles. Il n’a même pas honte, au contraire, il s’en vante ! Hélas, il n’est pas le seul dans toute cette génération de post-soixante-huitards à s’être servi du cinéma et des métiers artistiques pour « glamouriser » leurs sales désirs sexuels de baiser de la gamine, quelle horreur !

Une jeune fille de 14 ans n’est jamais consentante. C’est tout. Il n’y a pas à discuter. Même si elle veut embrasser un adulte, même si elle lui fait les yeux doux, l’adulte doit dire non. Un homme normal doit lui répondre qu’elle est trop jeune et il s’en va. Il laisse l’adolescente flirter avec les garçons de son âge.

Judith est ravissante. Judith est ambitieuse. Judith veut être comédienne. Judith n’est pas protégée par ses parents. Judith est donc la victime parfaite pour Jacquot, un piètre réalisateur qui fait des films qui s’adressent uniquement, comme il le dit lui-même, au « petit monde du cinéma » ( quel mépris pour le cinéma… ). Elle ne voit que l’homme, soi-disant, protecteur qui va réaliser son rêve de devenir actrice.

Judith a donc été formatée. Elle a été formatée pour plaire, pour être soumise, pour garder sa place, pour exister. Elle a grandi. Elle est devenue une comédienne. Elle a été médiatisée. Elle a joué aux États-Unis. Certainement heureuse de son succès, elle a enfoui son traumatisme sous une tonne de béton. Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est sa prise de conscience dû, peut-être, au fait qu’elle est maman d’une jeune et jolie jeune fille.

C’est de voir comment après avoir participé au système, elle participe à la destruction de ce système. Ses prédateurs n’ont certainement jamais imaginé qu’elle aurait pu se retourner contre eux qui sont le réseau, le système, et qui l’ont mis en place. La poupée qu’ils ont fabriquée pour en faire un parfait objet sexuel qui, en plus, ramenait de l’argent, s’est réveillée. L’innocence saccagée ne peut plus se taire. La jolie poupée accuse et dénonce. Comme Judith est médiatisée, elle est écoutée et c’est bien ainsi.

À l’instar des petites plantes qui réussissent à pousser dans le béton, elle a réussi à trouver un interstice pour crever la tonne de béton qu’est une partie de ce réseau du cinéma français subventionné qui a réussi à imposer sa loi avec une omerta. Ce réseau est puissant, solidaire et impitoyable, et pas seulement contre les jeunes et jolies comédiennes, mais également contre tous les hommes et les femmes qui ont un vrai talent, qui sont dans la pensée, qui sont dans l’artistique pur et pas dans les copinages, et qui refusent les compromissions qu’impose ce réseau.

J’ai rencontré Judith en 2004. Je l’ai tout de suite aimée. Mais j’étais choquée qu’elle ait vécu avec Jacquot à 14 ans. Je le lui ai dit. Elle a ri. C’est souvent sa façon de répondre quand elle ne comprend pas vraiment. Elle écarte ses jolis yeux d’un air étonné et elle rit. D’un rire charmant. D’un rire désarmant. Alors on parle d’autre chose. J’ai également connu son père. Qu’elle adorait. Je ne comprenais pas qu’il l’ait laissé partir adolescente avec un homme si vieux. Mais son père n’est pas l’être brillant qu’elle aime décrire.Je le sentais plutôt paumé. Perdu.

Adolescente, Judith était certainement plus forte que lui. Peut-être voulait-elle le sauver, lui, le père abandonné par sa femme, comme elle a voulu sauver Jacquot. Car Judith est forte. C’est d’ailleurs sa force qui l’a poussée dans les bras de Jacquot. En se croyant adulte, en devenant une femme, en devenant une star, inconsciemment, elle a cru réussir à consoler son père. Moi-même ayant été abusée enfant, à 8 ans, ce n’était pas mon papa, pour ne pas m’effondrer, inconsciemment, je suis devenue la mère de ma mère. Et j’ai commencé à travailler très tôt et tout le temps pour sauver ma mère devenue ma fille.

Aujourd’hui,Judith est au cœur d’un débat houleux, certains la félicitent, d’autres la détraquent. Qu’on l’aime ou pas, qu’on la trouve émouvante ou incohérente, juste ne jamais oublier qu’elle n’avait que 14 ans quand un homme de 39 ans l’a mise dans son lit.

Sur ce lien, vous pouvez lire ma nouvelle Poupée

https://www.sylviebourgeois.com/2017/03/poupee.breves-enfances-nouvelle.html

Sylvie Bourgeois Harel