Passer au contenu principal

SAINT-MARTIN-LA-PORTE : Lyon-Turin – Deux députés dén…

Partager :

SAINT-MARTIN-LA-PORTE : Lyon-Turin – Deux députés dénoncent l’opacité et exigent un accès total au chantier

Après une visite jugée opaque, les députés Jean-François Coulomme et Gabriel Amard somment l’opérateur TELT d’ouvrir sans entrave le chantier contesté le 22 juillet.

La tension monte autour du projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin. Dénonçant un « manque de transparence inacceptable », les députés Jean-François Coulomme (Savoie) et Gabriel Amard ont annoncé qu’une nouvelle délégation parlementaire se présenterait le mercredi 22 juillet à 11 heures sur le site de Saint-Martin-La-Porte. Dans un courrier adressé au président de la société Tunnel Euralpin Lyon-Turin (TELT), ils exigent un accès complet et sans entrave aux installations, y compris au tunnelier.

Cette initiative constitue une escalade après une première visite, le 2 juillet dernier, jugée « totalement infructueuse » par les élus. Ils cherchent à obtenir des réponses claires sur l’avancement réel des travaux, leurs impacts environnementaux et leur coût financier, notamment à la lumière de révélations de presse récentes.

Retour sur une première visite « infructueuse »

Dans une lettre détaillée datée du 7 juillet, les deux parlementaires décrivent une visite organisée de longue date qui s’est transformée en une véritable fin de non-recevoir. Côté italien, à Chiomonte, ils affirment avoir été « promenés sur 300 mètres dans la galerie de reconnaissance » et s’être vu refuser l’accès aux bassins de rétention d’eau.

Côté français, à Saint-Martin-La-Porte, le constat est identique. Alors qu’un article du journal Le Monde, publié la veille, faisait état de graves dysfonctionnements techniques et d’un rendement du tunnelier de moins d’un mètre par jour contre les douze prévus, les députés se sont heurtés à un mur de silence. Leur demande de voir la machine a été refusée par des personnels qui auraient déclaré « ne pas savoir » si elle était en service et « ne pas avoir lu l’article ». Les questions sur les coûts ou les drainages d’eau sont également restées lettre morte.

« Cette attitude face aux interrogations d’élus de la République représentants le peuple est révélatrice d’une opacité très problématique d’un point de vue démocratique », écrivent les députés dans leur courrier.

Une nouvelle visite pour forcer la transparence

Face à ce qu’ils qualifient de « mutisme » concerté, Jean-François Coulomme, par ailleurs membre du Conseil d’Orientation des Infrastructures, et Gabriel Amard ont décidé de forcer le passage. Ils ne sollicitent plus une visite, mais informent TELT de leur venue le 22 juillet, demandant à l’opérateur d’organiser leur accueil et de garantir un accès sans délai aux zones de percement et au tunnelier.

L’objectif est clair : « constater et comprendre l’état d’avancement des travaux ainsi que leurs impacts environnementaux et financier », précisent-ils dans leur dernière communication du 15 juillet.

Ils souhaitent pouvoir rendre des comptes sur « l’activité réelle du chantier » après les informations parues dans la presse, pour lesquelles ils affirment n’avoir eu « aucune réponse » lors de leur précédente visite.

Des demandes précises et documentées

Au-delà de la simple visite de terrain, les parlementaires ont formulé une série de demandes de documents officiels. Ils réclament notamment la transmission du bilan comptable 2025 de TELT, le détail des financements passés et à venir, le relevé des accidents du travail, ainsi que le montant des éventuelles pénalités versées aux sous-traitants.

Sur le volet environnemental, en application du code de l’environnement, ils exigent une transparence totale sur les drainages d’eau, la présence éventuelle de polluants comme les PFAS, la gestion des déchets et les caractéristiques des adjuvants utilisés dans le béton. Cette épreuve de force engagée par les deux élus met en lumière les vives tensions entourant l’un des chantiers les plus coûteux et controversés d’Europe.

via Presse Agence.