SAINT MANDÉ : Environnement – Face au fléau du frelon…
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SAINT MANDÉ : Environnement – Face au fléau du frelon asiatique, les apiculteurs exigent un plan d’urgence gouvernemental
Alertant sur une mortalité catastrophique des colonies d’abeilles depuis l’automne dernier, l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) lance une pétition nationale pour contraindre l’État à activer un plan de sauvegarde avant le printemps.
La filière apicole française est en état de choc. Si le début de la saison 2025 laissait présager des récoltes correctes, la situation a basculé dramatiquement à partir du mois d’août. En cause : une pression inédite du frelon asiatique sur l’ensemble du territoire. Favorisé par un automne particulièrement doux qui a prolongé sa période de prédation, ce nuisible a littéralement assiégé les ruchers jusqu’aux portes de l’hiver.
Le bilan dressé par l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) est lourd : des dizaines de milliers de colonies ont péri, les ruches sont affaiblies et les récoltes de miel pour l’année 2026 sont d’ores et déjà compromises. « Un seul nid de frelons asiatiques dévore jusqu’à 11 kg d’insectes par an, dont une immense majorité d’abeilles », rappelle l’organisation syndicale. Malgré les dispositifs de protection installés par les professionnels (muselières, harpes électriques, filets), la pression a été telle que de nombreux apiculteurs voient le fruit de leur travail anéanti.
Une loi restée lettre morte
Ce désastre écologique et économique suscite une colère grandissante au sein de la profession, d’autant plus qu’un cadre législatif existe. Au printemps 2024, une loi visant à endiguer la prolifération du frelon asiatique avait été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale et le Sénat. Pourtant, près de deux ans plus tard, l’UNAF dénonce l’inertie des pouvoirs publics : « Aucune stratégie nationale, aucun budget opérationnel, aucune mesure concrète n’ont été décidés par les ministères compétents ».
Arrivé en France en 2004, le prédateur poursuit son expansion sans rencontrer de résistance coordonnée de l’État, laissant les apiculteurs et les collectivités gérer la crise de manière isolée et sans moyens adaptés.
Cinq mesures d’urgence avant le printemps
Pour éviter une nouvelle hécatombe, l’UNAF somme le gouvernement de mettre en œuvre un plan national d’urgence immédiat. Les apiculteurs avancent cinq revendications techniques et financières précises :
- Le lancement d’un programme national de piégeage dès ce printemps pour limiter la reproduction des fondatrices.
- La mise en place d’un système de détection des nids rapide et coordonné avec les collectivités.
- La réautorisation du SO2 (dioxyde de soufre), considéré comme la méthode la plus efficace et écologique pour détruire les nids situés en hauteur.
- La création d’un « certibiocide » simplifié pour permettre aux apiculteurs d’intervenir légalement.
- Un dispositif d’indemnisation pour les pertes subies.
Appel à la mobilisation citoyenne
Au-delà de la filière, c’est l’ensemble de la biodiversité et de la sécurité alimentaire qui est menacé, les abeilles jouant un rôle central dans la pollinisation des cultures agricoles. L’UNAF appelle donc les citoyens à soutenir ces revendications en signant massivement une pétition en ligne, accessible à l’adresse suivante : https://bit.ly/3MhWZvE
L’organisation prévient : en période de contraintes budgétaires, les fonds doivent être alloués aux actions de terrain concrètes et non à des études supplémentaires. Le temps presse désormais pour agir avant le réveil des reines fondatrices au printemps.