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SAINT-HILAIRE-LA-TREILLE : Photovoltaïque – L’Autorit…

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SAINT-HILAIRE-LA-TREILLE : Photovoltaïque – L’Autorité environnementale pointe les lacunes d’un projet géant

Au nord de Limoges, l’Autorité environnementale pointe les lourdes lacunes du projet de parc solaire de 105 hectares de Saint-Hilaire-la-Treille.

C’est un avis en demi-teinte, voire critique, que vient de rendre l’Autorité environnementale (Ae) concernant un projet d’envergure en Haute-Vienne. Réunie en séance le jeudi 26 février 2026, l’instance indépendante s’est penchée sur le dossier de création d’une centrale photovoltaïque au sol située sur les communes de Saint-Hilaire-la-Treille et Mailhac-sur-Benaize. Porté par une filiale d’EDF (EDF Power Solutions), ce projet ambitionne d’installer plus de 82 mégawatts-crête (MWc) de puissance dans un territoire rural et bocager, berceau de la race bovine limousine.

Si l’objectif de production d’énergie renouvelable est clair, la copie rendue par le maître d’ouvrage est jugée insuffisante sur de nombreux points cruciaux. L’Ae, dont la mission est d’éclairer la décision publique, estime que le dossier, élaboré en 2022, nécessite « de nombreuses actualisations et mises en cohérence ».

Un impact agricole et paysager à justifier

Le projet prévoit de clôturer environ 105 hectares, divisés en 14 îlots, nécessitant la pose de 17 kilomètres de grillages et le battage de plus de 28 000 pieux métalliques. Ces terres, aujourd’hui dédiées aux grandes cultures et à l’élevage, changeraient radicalement de vocation. Le projet implique l’arrêt du pâturage bovin traditionnel au profit d’un élevage ovin, via le collectif d’agriculteurs « Sol’Ouailles ».

Cependant, l’Autorité environnementale soulève un point sensible : la compatibilité avec les documents de planification locaux. La justification de l’implantation doit être approfondie au regard du Plan Climat-Air-Énergie Territorial (PCAET) de la communauté de communes du Haut Limousin en Marche, qui fixe pourtant des objectifs de préservation des terres agricoles. De plus, bien que le dossier mentionne le terme, l’Ae précise que le projet n’est pas qualifiable d’« agrivoltaïque » au sens du code de l’énergie.

L’impact visuel est également au cœur des préoccupations. Dans ce paysage vallonné, l’Ae déplore l’absence de photomontages en période hivernale, moment où la végétation masque le moins les infrastructures. Elle demande une évaluation des effets cumulés sur le paysage, le territoire accueillant déjà de nombreux projets d’énergies renouvelables (ENR).

Biodiversité : des inventaires obsolètes

Le volet naturel du dossier essuie aussi des critiques sévères. Les inventaires de la faune et de la flore datent de 2020, une ancienneté qui ne permet pas d’apprécier correctement l’état initial du site. « L’évaluation des incidences du projet est à compléter sur la biodiversité », note l’avis, qui réclame une mise à jour des données.

La question des zones humides apparaît particulièrement mal traitée. L’Ae estime que les surfaces affectées sont « sous-évaluées » et demande de reconsidérer les impacts sur toutes les zones humides, quelle que soit leur nature. De même, l’impact du changement climatique sur les plantations de haies prévues n’a pas été suffisamment anticipé.

Des lacunes techniques majeures

Sur le plan purement technique, le dossier souffre d’un manque de clarté sur le raccordement au réseau électrique. Le projet nécessite une connexion au réseau national de transport d’électricité, potentiellement via le poste source du Haut-Limousin, mais ces travaux et leurs impacts environnementaux ne sont pas décrits. Pour l’Ae, le périmètre de l’évaluation environnementale doit impérativement être élargi pour inclure ces infrastructures connexes.

Enfin, le bilan carbone du projet est remis en question. Les données utilisées pour calculer le coût énergétique sont jugées datées et incomplètes. L’Ae exige la production d’un bilan complet des émissions de CO2 basé sur des hypothèses « claires et étayées ».

En conclusion, l’Autorité recommande de renforcer significativement les mesures d’évitement, de réduction et de compensation (séquence ERC) pour rendre le projet acceptable sur le plan environnemental. Le maître d’ouvrage devra apporter des réponses écrites à ces observations avant l’ouverture de l’enquête publique.

D’autres avis rendus en Île-de-France et dans le Var

Lors de cette même session du 26 février, l’Autorité environnementale a également délibéré sur deux autres dossiers :

*   Seine-Saint-Denis : La création d’un atelier de maintenance pour les trains de la ligne 7 du métro, situé à La Courneuve et Drancy.

*   Var : Un projet agricole de création d’une oliveraie sur la commune de Ramatuelle.

L’ensemble des avis est consultable sur le site de l’Autorité environnementale (https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/l-autorite-environnementale-r145.html).