SACLAY : Déchets nucléaires – Le casse-tête du stocka…
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SACLAY : Déchets nucléaires – Le casse-tête du stockage des 74 000 fûts d’enrobés bitumineux
Le GAENA alerte sur l’urgence de statuer sur le stockage définitif de 74 000 fûts de déchets radioactifs, un enjeu financier majeur.
Le temps presse pour l’un des dossiers les plus complexes de la gestion des déchets nucléaires en France. Dans une fiche argumentaire publiée le 25 juin 2026, le GAENA (Groupe Argumentaire sur les Énergies Nucléaire et Alternatives) met en lumière la nécessité de décider sans tarder du sort de près de 74 000 fûts d’enrobés bitumineux (FEB). Actuellement entreposés sur les sites de production, principalement à Marcoule et La Hague, ces déchets issus de plusieurs décennies d’activités nucléaires attendent une solution de stockage définitive.
Un héritage des années 60
Les fûts d’enrobés bitumineux contiennent des boues issues du traitement chimique d’effluents radioactifs liquides de moyenne activité. Dès les années 1960, le bitume a été choisi pour ses qualités de confinement, sa stabilité et son coût modéré. Ce procédé consiste à mélanger intimement les boues radioactives avec du bitume chauffé, avant de couler le tout dans des fûts en acier d’environ 200 litres.
Aujourd’hui, cet héritage représente un volume conséquent : environ 74 000 fûts sont entreposés, dont 80 % sur le site du CEA à Marcoule (Gard) et 20 % sur le site d’Orano à La Hague (Manche). Bien que conservés dans des installations récentes et sûres, conçues pour durer plusieurs dizaines d’années, ces entreposages ne constituent qu’une solution temporaire. La réglementation impose un stockage définitif pour tous les déchets radioactifs.
Un enjeu économique de plusieurs centaines de millions d’euros
Au-delà de l’aspect technique et sécuritaire, le choix de la filière de stockage représente un enjeu financier considérable pour les producteurs de ces déchets, à savoir le CEA, Orano et EDF. Le rapport du GAENA souligne que « les différences de coût d’une option de stockage à une autre peuvent se chiffrer en centaines de millions d’euros ». Chaque décision impactera durablement les provisions financières allouées au démantèlement et à la gestion des déchets.
Cette dimension économique explique en partie la complexité des discussions entre les producteurs et l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), chargée de concevoir et d’exploiter les centres de stockage.
Trois options de stockage à l’étude
La destination finale des fûts dépend de leur classification radiologique. Trois grandes options sont actuellement sur la table :
– Le Centre de stockage de l’Aube (CSA), pour les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC).
– Le projet Cigéo, pour les déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL) et ceux de haute activité.
– Un futur centre de stockage de surface ou à faible profondeur, pour les déchets de faible activité à vie longue (FA-VL).
D’importants programmes de recherche et développement ont été menés depuis les années 1990 pour mieux caractériser ces fûts. Ces études ont permis de recatégoriser une partie des FEB, initialement classés MA-VL, vers la catégorie FA-VL, dont le coût de stockage est potentiellement inférieur. Cependant, des incertitudes demeurent sur le comportement à très long terme du bitume, ce qui complique l’élaboration des dossiers de sûreté pour l’Andra et leur validation par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
L’urgence d’une décision
Les installations d’entreposage actuelles étant autorisées pour une durée limitée, généralement 50 ans, il devient impératif d’arrêter une stratégie claire. À Marcoule, une vaste et coûteuse opération de « reprise » des fûts les plus anciens est déjà en cours depuis les années 2000. Elle consiste à les reconditionner dans des conteneurs en inox (surfûts) avant de les placer dans une nouvelle installation, l’Entreposage Intermédiaire Polyvalent (EIP). Cette opération, qui s’étalera sur plusieurs décennies, illustre la complexité et l’échelle de temps de la gestion de ces déchets. Le choix d’une ou plusieurs solutions de stockage définitif est désormais une étape cruciale qui ne peut plus être différée.
La fiche argumentaire détaillée est disponible sur le site du GAENA : https://www.energethique.com/file/ARCEA/Argumentaire/Fiche_ACE_04_Enrobes_bitumineux.pdf
Le GAENA est une émanation de l’ARCEA, l’Association des Retraités du groupe CEA. Plus d’informations sur : https://www.energethique.com/.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).


