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ROUEN : Philippe PLATEL : « Nous avons choisi d’inviter des figures de l’art contemporain »

Pour le centenaire de Monet, le festival Normandie Impressionniste 2026 dévoile une programmation audacieuse entièrement dédiée à la création actuelle.

L’année 2026 marque un tournant historique pour la mémoire de l’impressionnisme. Cent ans après la disparition de Claude Monet à Giverny, le célèbre festival normand revient du 29 mai au 27 septembre 2026 pour une édition spéciale qui rompt avec ses habitudes. Fini le mélange entre toiles historiques et œuvres actuelles : cette année, l’hommage est 100 % contemporain.

Philippe Platel, directeur général et artistique du festival, assume ce parti pris radical : « Nous avons choisi d’inviter des figures de l’art contemporain à porter un regard d’aujourd’hui sur ce que Monet a légué ». Pour les organisateurs, l’héritage du maître de Giverny ne se limite pas à la peinture de paysage ; il a projeté l’histoire de l’art dans la modernité et l’abstraction.

Le jardin comme acte de résistance

Intitulée « Un possible jardin », cette édition explore les thématiques de la nature, de l’artifice et du contrôle du vivant. Le jardin de Giverny, conçu par Monet comme un tableau touche par touche, sert de matrice à la réflexion des artistes invités. Le festival tisse un lien inattendu entre le contexte de l’après-Première Guerre mondiale et les angoisses climatiques actuelles.

S’appuyant sur les concepts de la philosophe Donna Haraway, la programmation interroge la capacité du jardin à devenir un lieu de « réponse-habilité » politique et éthique. « Monet dans son jardin, c’est lui qui est en première ligne », rappelle Philippe Platel, citant Georges Clemenceau pour souligner la dimension combattive de la contemplation face aux troubles du monde.

Des explosions de poudre au Mont-Saint-Michel

Parmi les 67 projets répartis dans 43 villes, la présence de stars internationales frappe les esprits. L’artiste chinois Cai Guo-Qiang, célèbre pour son usage de la poudre à canon, investira deux lieux emblématiques. À l’Abbaye du Mont-Saint-Michel, il présentera une exposition de peintures réalisées à l’explosif, inspirées par le jardin de Monet.

Mais c’est à Vernon que le spectacle promet d’être total : un feu d’artifice diurne transformera le ciel en un « jardin aérien » pour le week-end d’ouverture, célébrant la puissance éphémère de la couleur chère aux impressionnistes.

Le limon de Giverny transformé en œuvre d’art

L’ancrage territorial se manifeste de manière organique dans le travail de Lionel Sabatté. L’artiste français, connu pour travailler avec des matériaux résiduels, a profité du curetage du célèbre bassin aux nymphéas pour en récupérer le limon. Une fois séchée, cette boue chargée d’histoire a servi de pigment pour réaliser des sérigraphies inédites.

Ce projet, présenté au Musée Blanche Hoschédé-Monet à Vernon, incarne parfaitement la philosophie du festival : créer du nouveau à partir de la matière même des lieux impressionnistes.

L’Asie à l’honneur à Rouen et au Havre

L’influence du japonisme sur Monet trouve un écho contemporain avec l’invitation faite à Mika Ninagawa. Cette photographe japonaise influente, figure du mouvement « girlie photography », s’emparera de la façade de la Cathédrale Notre-Dame-de-Rouen. Elle y proposera une projection monumentale, revisitant les variations atmosphériques qui fascinaient tant le peintre au 19ème siècle.

Au Havre, c’est le dissident chinois Ai Weiwei qui créera l’événement au MuMa (Musée d’art moderne André Malraux). Ses « Water Lilies », immenses compositions en briques LEGO®, seront présentées pour la première fois en France. Ces œuvres dialogueront avec l’exposition « Monet au Havre », rappelant que l’abstraction des Nymphéas continue d’inspirer les artistes les plus engagés de la planète.

Un festival ancré dans le territoire

Malgré cette affiche internationale, le festival n’oublie pas sa mission de proximité. Fort des 2 millions de visites enregistrées lors de l’édition 2024, Normandie Impressionniste 2026 proposera 29 événements gratuits et investira l’espace public avec 11 projets spécifiques. Des jardins de Honfleur, où Fujiko Nakaya sculptera le brouillard, aux parcs de Caen accueillant Céleste Boursier-Mougenot, l’événement entend irriguer l’ensemble de la région.

Le pré-dossier de presse complet est consultable en ligne (https://www.datapressepremium.com/rmupload/2005529/File/Normandie_Impressionniste_2026_Pre-DP.pdf). Cette édition promet de démontrer que cent ans après sa mort, Claude Monet reste, plus que jamais, notre contemporain.