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ROQUEBRUNE-CAP-MARTIN : Laurent HOTTIAUX : « Produire plus…

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ROQUEBRUNE-CAP-MARTIN : Laurent HOTTIAUX : « Produire plus, plus vite et plus accessible pour loger ceux qui vivent ici »

Le préfet des Alpes-Maritimes a présenté un plan d’urgence pour relancer la construction face à une crise du logement aux chiffres alarmants.

C’est sur le chantier de l’écoquartier « Cœur de Carnolès » à Roquebrune-Cap-Martin, une ancienne friche militaire en cours de transformation en un quartier de vie, que Laurent Hottiaux, Préfet des Alpes-Maritimes, a dévoilé ce mercredi 1er juillet 2026 un plan départemental de relance du logement. Un lieu symbolique, illustrant la stratégie de « construire la ville sur la ville » pour répondre à une crise devenue un frein majeur au développement économique et social du territoire.

Un diagnostic sans appel

La situation du logement dans les Alpes-Maritimes a atteint un point critique. Avec un prix médian de 4 700 euros le mètre carré, près d’un logement sur quatre étant une résidence secondaire (contre un sur dix au niveau national), et plus de 60 000 demandeurs pour seulement 66 000 logements sociaux existants, l’accès à un toit est devenu une épreuve.

« Dans les Alpes-Maritimes, se loger est devenu difficile, et pour un nombre croissant de nos concitoyens, presque impossible », a martelé le préfet Laurent Hottiaux lors de son discours.

Cette crise ne touche plus seulement les plus précaires. Infirmiers, policiers, enseignants, jeunes actifs et saisonniers sont directement impactés. Selon les partenaires économiques du département, neuf entreprises sur dix peinent à loger leurs salariés. Les conséquences démographiques sont graves : une chute de près de 24 % des naissances en quinze ans et une projection de 20 000 élèves en moins d’ici 2035.

« Continuer ainsi, ce serait sacrifier les générations futures de notre département. Je ne m’y résoudrai pas », a-t-il ajouté.

Les quatre piliers du plan départemental

Déclinaison locale de la stratégie nationale de « choc d’offre », le plan maralpin s’articule autour de quatre axes majeurs : fédérer, simplifier, construire et rénover.

Fédérer les acteurs publics et privés est la première étape, avec la tenue prochaine d’Assises du logement et la création d’un « Club des élus » pour accompagner les maires bâtisseurs.

Simplifier les procédures administratives est une priorité. Une « Commission Urbanisme État » sera mise en place d’ici fin 2026 pour accélérer les projets structurants. Les maires seront également outillés pour mieux réguler les meublés de tourisme, à l’image de la ville d’Antibes qui a réduit la durée de location des résidences principales de 120 à 90 jours.

Construire est qualifié d’« urgence absolue ». Le plan prévoit de mobiliser le foncier public, comme pour l’écoquartier de Carnolès qui verra naître près de 380 logements. L’État s’engage à faire appliquer pleinement la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) dans les 37 communes déficitaires, en activant si nécessaire son droit de préemption. Des projets d’envergure comme l’Éco-Vallée, qui ambitionne 12 000 logements, seront des leviers essentiels.

Rénover le parc existant, dont plus de la moitié date d’avant 1975, est le dernier pilier. L’objectif est de lutter contre les passoires énergétiques et de remettre des biens sur le marché grâce à des dispositifs comme MaPrimeRénov’ () et à des aides pour la transformation de bâtiments obsolètes, à l’instar du projet Campus des Amandiers à Biot, transformant un site tertiaire en 413 logements.

Cibler les publics prioritaires

Le plan n’oublie pas les plus fragiles. Il vise à reloger les 2 000 ménages reconnus prioritaires au titre du droit au logement (DALO) et à développer les pensions de famille, avec 94 places nouvelles prévues cette année. Une attention particulière est portée aux quelque 90 000 agents publics du département (soignants, forces de l’ordre, enseignants), pour qui des réserves de logements seront créées afin de garantir la continuité des services essentiels et de renforcer l’attractivité de la fonction publique sur la Côte d’Azur.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).