RÉMALARD-EN-PERCHE : Patrimoine – Le jardin La Petite…
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RÉMALARD-EN-PERCHE : Patrimoine – Le jardin La Petite Rochelle célèbre un demi-siècle de botanique rare
Situé à Rémalard-en-Perche, à 50 km à l’est d’Alençon (Orne), le jardin La Petite Rochelle fête ses 50 ans après d’importants travaux de rénovation.
C’est une institution du patrimoine vert normand qui franchit un cap symbolique. Créé en 1976 par l’artiste et poète Hélène d’Andlau, le jardin de La Petite Rochelle célèbre cette année son cinquantième anniversaire. Ce lieu, né de la complicité entre la fondatrice et son oncle, le prince Peter Wolkonsky — lui-même créateur du célèbre jardin de Kerdalo en Bretagne —, s’est imposé au fil des décennies comme une référence botanique majeure. Pour marquer ce demi-siècle d’existence, le site s’est offert une cure de jouvence durant l’hiver 2026, confirmant son statut de joyau végétal au cœur du Perche.
Une richesse botanique labellisée
Au-delà de son esthétique soignée, La Petite Rochelle se distingue par la rareté de ses collections. Le Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées (CCVS) a reconnu la valeur scientifique du site, notamment pour sa collection de *Cornus* à grandes bractées. Une cinquantaine d’espèces et de cultivars, originaires d’Amérique et d’Asie, y prospèrent aux côtés d’hamamélis, de magnolias et d’hellébores.
L’année 2025 a d’ailleurs marqué les esprits avec l’obtention du label « Gardien du Patrimoine Végétal Vivant » pour un arbre exceptionnel : l’*Emmenopterys henryii*. Surnommé « le plus bel arbre des forêts de Chine », ce spécimen introduit au jardin en 1983 fascine par sa floraison capricieuse. Alors que le spécimen de Cardiff, au Royaume-Uni, a mis un siècle avant de fleurir, celui de Rémalard a offert ce spectacle à cinq reprises en quarante ans, dont une floraison remarquable l’an dernier.
Dix jardins, dix atmosphères
La singularité des lieux réside dans sa structure. Conçu comme une succession de dix espaces distincts, le domaine invite le visiteur à voyager entre des ambiances radicalement différentes. Du « Jardin du Silence » au « Champ de la Grive », en passant par le « Labyrinthe » ou la « Prairie », chaque zone possède sa propre identité.
L’eau joue un rôle central dans cette scénographie, avec une dizaine de bassins, des rubans d’eau et une pièce d’eau en étoile qui reflètent les variations du ciel percheron. Le parcours est également ponctué de « folies » architecturales — grotte, fontaines, sculptures — qui créent des effets de surprise tout au long de la promenade. Arbres et arbustes ont été méticuleusement sélectionnés pour leurs silhouettes et leurs feuillages, privilégiant des espèces adaptées aux climats tempérés, venues du Japon ou d’Amérique du Nord.
Rénovation et transmission
Pour honorer ce 50ème anniversaire, d’importants travaux ont été menés durant l’hiver. Sous la direction de Laurence de Bonneval, fille de la créatrice et actuelle conservatrice, les équipes ont restauré les bassins et les fontaines, planté de nouveaux massifs et entièrement rénové le « jardin Italien ».
Laurence de Bonneval, ancienne traductrice scientifique ayant participé à des expéditions en Arctique et en Sibérie, a repris le flambeau familial avec passion. Soucieuse de pérenniser l’œuvre de sa mère, elle préside aujourd’hui le fonds de dotation créé en 2015, auquel la pleine propriété du jardin a été transmise en 2022. Cette structure juridique garantit l’intégrité et la conservation de ce patrimoine botanique pour les générations futures.
Informations pratiques pour la saison 2026
Le jardin est ouvert au public d’avril à fin août, de 14h à 18h. Situé au 22 rue du Prieuré, il se trouve à proximité immédiate de la Voie Verte de la Véloscenie. Les tarifs sont fixés à 7,50 € pour une visite simple, la gratuité étant assurée pour les moins de 12 ans et les personnes en situation de handicap.
Pour préparer leur venue ou vérifier le calendrier précis des ouvertures, les visiteurs sont invités à consulter le site internet du jardin (https://www.la-petite-rochelle.fr).
Un ouvrage intitulé *Métamorphoses d’un jardin*, écrit par Hélène d’Andlau, est également disponible sur place pour ceux souhaitant approfondir l’histoire de ce lieu unique.


