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RAMATUELLE : Les vœux de Sylvie BOURGEOIS HAREL

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RAMATUELLE : Les vœux de Sylvie BOURGEOIS HAREL

Pour 2024, l’écrivain Sylvie Bourgeois Harel souhaite que chacun trouve suffisamment de paix et d’amour dans son coeur pour entrer dans la joie et l’émerveillement !

Nous vous souhaitons une merveilleuse année baignée de lumière et de rires !

Pour moi, la nouvelle année, c’est en septembre, je suis restée à la rentrée des classes comme lorsqu’enfant, je devais quitter Cap-d’Ail et la mer, le soleil et la chaleur, pour aller à Besançon dans le froid et la pluie, la campagne et les champignons. Ma seule joie était de savoir que j’allais porter, pour mon premier d’école, la mini-jupe en daim faite en patchwork de plusieurs bandeaux de couleurs, avec des pressions sur le devant, que ma mère m’achetait toutes les fins d’été au marché de Vintimille, en Italie. J’ai l’impression que ma vie est ponctuée de toutes ces petites joies de porter un vêtement neuf. Comme si ceux-ci avaient le pouvoir de m’éclairer. De montrer que j’existe. Que l’on ne m’oublie pas. De dire que je suis là.
Hier, en rangeant mes placards, j’ai été effarée de voir le nombre de chaussures, toutes aussi ravissantes les unes que les autres, que je possède. Je m’en suis étonnée à mon mari qui m’a répondu d’un air laconique et amoureux : « oh oui, c’est facile de te faire plaisir, une paire de chaussures neuves de chez Sergio Rossi ou Free-Lance, et hop, tu es contente ». Dorénavant, même si j’aime toujours les chaussures, je suis surtout heureuse lorsque je suis pieds nus dans la nature, que ce soit dans la forêt ou sur la plage, dans le sable ou dans la terre, j’aime me connecter à l’univers ainsi. Et toutes mes jolies chaussures, roses, vernies rouge, brodées, cousues main, avec des talons de 9 cm sur lesquelles j’ai adoré gambader des heures entières dans les rues de Paris, New-York, Londres, Rome, Venise, pas Los Angeles que j’adore pourtant mais seulement parce que personne ne marche à LA, sont rangées au rayon des souvenirs d’une vie bien remplie en soirées et mondanités que j’ai clos avec paix et sérénité.
Mon premier souvenir remonte d’ailleurs à un souvenir d’habit. Tout est blanc autour de moi et j’ai extrêmement chaud. Je me souviens que j’étais serrée et coincée dans une sorte de combinaison de cosmonaute bleu ciel délavé. À 15 ans, lorsque je me suis aperçue avec effroi, tristesse, questionnement, stupeur, lassitude, qu’il n’y avait que neuf photos de moi bébé dans l’album de famille alors qu’il y en avait des centaines de mes frères aînés, et bien collées alors que les miennes étaient juste posées comme ça, j’ai évoqué cette combinaison avec ma mère qui m’a confirmé qu’en effet, celle-ci avait bien existé et que mes trois frères l’avaient portée avant moi. Elle était très étonnée que je me souvienne de cet après-midi où je n’avais qu’un an et demi et où, effectivement, nous étions sept dans la voiture, donc serrés, mes parents, un de leurs amis, mes trois grands frères et moi, et qu’il avait beaucoup neigé ce jour-là. Depuis, j’avoue qu’un habit neuf arrive toujours à me consoler, comme lorsque j’étais obligée de quitter Cap-d’Ail, la mer et ma mère, pour aller à l’école que je détestais, et que ma mini-jupe arrivait à me consoler. Un peu.

Mon amie Nicole Calfan me surnomme d’ailleurs ainsi, P’tit pull, depuis le jour où je lui ai confié que porter un petit pull neuf avait le pouvoir de me redonner de la joie, le côté neuf me redonne espoir, comme une nouvelle année qui commence avec son lot d’espoirs, le côté neuf m’enveloppe également dans une confiance réconfortante, comme les baisers de ma maman. Pour en revenir à ma maman et le peu de photos de moi dans l’album de famille, elle m’avait expliqué qu’avec mon père, ils étaient fatigués d’avoir un quatrième enfant, que je n’étais pas un bébé désiré, mais plutôt un bébé Ogino, cette méthode de contraception qui ne marchait qu’une fois sur deux, et tant mieux car je suis ravie d’être en vie, que mes premiers pas, mes premiers sourires, mes premiers rires, ils les avaient connus avec mes trois frères aînés, ils ne voyaient donc pas la nécessité de me photographier à tout bout de champ comme ils l’avaient déjà fait pour leurs autres enfants. Mais pourtant maman, j’ai rétorqué un peu vexée, j’étais votre seule fille, c’était nouveau ça pour vous. Ah oui, m’avait-elle répondu avec son beau sourire, ça c’était bien, depuis mon premier enfant, je voulais une fille et l’appeler Sylvie.
Aujourd’hui que mes parents ne sont plus là, ils sont partis au paradis des parents gentils, il y a vingt-sept ans, le dernier jour de l’année me replonge dans mes placards, je trie, je range, et je donne mes vêtements pour m’alléger et oublier mes peines du passé, ainsi je peux rentrer toute neuve dans la nouvelle année et dans la joie, la joie d’écrire, justement, sur mes peines du passé…

Avec ma petite Marcelline, nous vous souhaitons une très belle Année 2024 !

Sylvie Bourgeois Harel

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