RAMATUELLE : La nouvelle, un genre littéraire de plus en pl…
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RAMATUELLE : La nouvelle, un genre littéraire de plus en plus apprécié !
Sylvie Bourgeois Harel vous invite à lire Gabriel, une de ses nouvelles sur l’enfance maltraitée.
Tous les jours, j’écris, c’est ma vie, ma priorité comme d’aller nager dans la mer et d’aimer, d’être dans l’amour, il n’y a rien de plus pur. J’écris des romans ou des nouvelles. J’aime la fragilité de la rapidté des nouvelles, surtout lorsque je me mets dans le cœur des enfants, une façon de retrouver ma naïveté que je n’ai d’ailleurs jamais vraiment perdue. Et heureusement. J’aime ne rien savoir et découvrir. Cela m’aide à être dans l’émerveillement. Pour mon inspiration aussi, c’est important, seule la musique des mots me guident alors.
Voici Gabriel :
J’ai 8 ans et je n’ai jamais dormi chez mon papa. Pourtant, il habite à deux pas de chez moi et dans une grande maison avec des tas d’animaux, des ânes et des chevaux, des biquettes et un chien de berger. C’est un drôle de papa mon papa qui n’a jamais eu l’idée ou l’envie de m’installer une chambre chez lui où il vit avec sa femme aux cheveux raides comme son cœur qui ne m’aime pas et sa fille aux lèvres serrées qui refusent de me dire bonjour quand je lui fais coucou au village, alors que ça doit être rigolo d’avoir un petit frère comme moi surtout que je suis un gentil garçon me répète toujours le voisin quand je pédale vite avec le vélo que mon papa m’a offert pour Noël, enfin plus exactement le vélo que ma mère m’a acheté avec l’argent qu’elle réclame régulièrement au téléphone à mon papa. Elle croit que je ne l’entends pas, mais j’écoute toutes ses conversations, ça me fait un peu comme si c’était à moi que mon papa parlait, elle lui dit qu’il doit lui faire des chèques pour mes habits, ma combinaison de ski, mes livres scolaires, même qu’après elle ricane avec sa copine divorcée que mon papa qui est le plus riche de la région sait bien lui obéir à cause de sa culpabilité de ne pas s’occuper de moi, mais jamais elle ne lui pose la question à savoir pourquoi il ne me déposerait pas un bisou sur le front ou pourquoi il ne m’emmènerait pas marcher sur la plage, alors qu’un baiser et une promenade me feraient plus plaisir que ces histoires de sous dont je me moque, je ne comprends rien aux grands, d’ailleurs, je me suis encore fait gronder à l’école quand le maître nous a demandé d’écrire une rédaction sur la vie quotidienne de nos parents, comme je ne pouvais pas raconter si mon papa prenait du thé ou de la ricoré au petit-déjeuner ou s’il était heureux que je sois né, j’ai inventé qu’il était cosmonaute et que c’était pour ça qu’il n’était jamais là, mais que tous les soirs, il me faisait coucou du haut de son étoile filante et qu’on se parlait par télépathie.
La télépathie c’est quand on est du même sang et qu’on voyage dans l’espace des sentiments père-fils grâce à la fusée de l’amour filial et que même si je ne porte pas le nom de famille de mon papa, je l’aime quand même. C’est étrange d’ailleurs que je ne m’appelle pas comme lui car son chien berger de moutons, lui, a le droit de porter son nom. Je le sais, je l’ai vu hier. C’était mercredi. Je traînais à vélo près du travail de mon papa des fois qu’il sorte et qu’il me tapote la tête, c’est son truc, dès qu’il me voie, il me tapote la tête et sourit, j’avoue un peu bêtement, comme s’il ne savait pas quoi me dire, il a toujours l’air très ennuyé de me croiser, alors que moi, j’ai juste envie de l’embrasser et qu’il m’emmène me promener avec lui sur la plage. À son chien aussi, il lui tapote la tête, c’est je crois sa façon de cosmonaute pour dire je t’aime mais je n’ai pas le temps.
Donc je traînais près de son bureau à attendre mon papa sorte en priant le petit Jésus dont le père est, lui aussi, cosmonaute au ciel, mais il n’est pas venu. C’est son chien qui est arrivé. Youpi ! C’est ça la télépathie. Il suffit de penser à mon papa jamais là pour qu’il m’envoie un signe, je vous assure c’est le meilleur papa du monde en rêve. Il m’a léché les mains, le chien pas mon papa, pour m’expliquer que mon papa n’avait pas le temps de venir me tapoter la tête car il était trop occupé à gagner des sous afin de payer ma scolarité, quand soudain j’ai lu le nom de famille de mon papa gravé sur son collier. Et même son numéro de téléphone alors qu’il ne m’appelle jamais sauf pour mon anniversaire et à Noël, mais c’est seulement deux fois par an, ce n’est pas beaucoup pour un enfant de 8 ans, je l’attends tout le temps.
Poussé par la même jalousie que j’éprouve lorsque je vois Lucie se laisser embrasser par Kevin qui a de la chance que son papa le dépose tous les matins à l’école, en moto, ça a tourneboulé dans ma tête jusqu’à faire pleurer mon ventre. Ni une ni deux, je lui ai retiré son collier et je l’ai passé autour de mon cou.
Toute l’après-midi, je me suis amusé à aboyer à quatre pattes et à rêver que mon papa me promène en laisse pour montrer à tout le quartier combien il m’aimait.
Je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous afin que vous puissiez lire la suite de Gabriel, vous tomberez sur mon blog :
https://www.sylviebourgeois.com/2022/01/gabriel-une-nouvelle-de-sylvie-bourgeois-harel.html
Marcelline l’aubergine une chaîne YouTube de Sylvie Bourgeois


