POISSY : Pierre Bédier : « Stellantis Poissy construit son…
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POISSY : Pierre Bédier : « Stellantis Poissy construit son avenir, nous l’aiderons de toutes nos forces »
Stellantis annonce la fin de la production automobile à Poissy d’ici 2028 et une reconversion que le Département des Yvelines s’engage à soutenir.
C’est une page majeure de l’histoire industrielle française qui se tourne. Stellantis a annoncé ce jeudi 16 avril 2026 la cessation de l’assemblage de véhicules sur son site historique de Poissy après 2028. Cette décision, qui marque la fin de la dernière grande usine d’assemblage automobile d’Île-de-France, s’inscrit dans un contexte de profonde mutation du secteur. Face à cette annonce, Pierre Bédier, président du Département des Yvelines, a immédiatement réagi, saluant une reconversion industrielle jugée indispensable et assurant le groupe de son plein soutien.
Un secteur automobile national en pleine tourmente
La décision de Stellantis n’est pas un événement isolé, mais le reflet d’une crise structurelle qui fragilise la filière automobile française depuis deux décennies. Les chiffres témoignent de ce déclin : un tiers des emplois du secteur ont été détruits en vingt ans et la production nationale a chuté d’un million de véhicules depuis 2020. Cette érosion s’explique par une combinaison de facteurs : délocalisations, transition énergétique complexe vers le véhicule électrique, concurrence internationale exacerbée, notamment par les constructeurs chinois, et une baisse durable de 25 % du marché européen des voitures neuves depuis la pandémie. Les fermetures des grands sites franciliens se sont succédé, de Boulogne-Billancourt en 1992 à Aulnay-sous-Bois en 2014, puis Flins en 2024. Poissy était le dernier bastion de l’assemblage automobile dans la région capitale.
Une reconversion ambitieuse pour un site historique
Loin d’un démantèlement, Stellantis prévoit une transformation profonde du site de Poissy. Un investissement de 100 millions d’euros est prévu pour faire de l’usine, ouverte en 1938 et qui a employé jusqu’à 27 000 salariés, un pôle industriel diversifié et tourné vers l’avenir, pleinement opérationnel d’ici 2030. La production des Opel Mokka et DS3 laissera place à quatre nouvelles activités principales : la fabrication de pièces automobiles, la revalorisation et le reconditionnement de pièces dans une logique d’économie circulaire, la préparation et la transformation de véhicules, ainsi que l’impression 3D pour des pièces en petites séries. Le groupe s’est engagé à maintenir 1 000 postes ouvriers sur le site, en s’appuyant sur les départs naturels et volontaires pour éviter un plan social massif.
De plus, Poissy conservera des activités stratégiques majeures, dont un centre de recherche et développement, le siège français du groupe et un « green campus » de 8 000 salariés. L’usine ne ferme pas, elle change de vocation pour s’adapter aux nouvelles réalités du marché.
Le soutien volontariste du Département des Yvelines
Dans un communiqué, Pierre Bédier a adopté un ton lucide et volontariste, saluant une décision courageuse et nécessaire.
Le président du Département des Yvelines a souligné les défis auxquels l’industrie est confrontée, comme « les bouleversements technologiques liés à l’électrification, les contraintes réglementaires pesant sur les constructeurs français » et « la concurrence chinoise, préparée de longue date ».
Tout en reconnaissant la nostalgie liée à l’histoire du site, il a insisté sur la nécessité de regarder vers l’avant.
« Les regrets ne préparent pas l’avenir », a-t-il affirmé.
Le Département s’engage ainsi activement à accompagner cette transition, notamment en facilitant le compactage foncier pour dégager des marges financières, en veillant à préserver la vocation économique et industrielle du site, et en travaillant en étroite coordination avec l’État, la Région, la communauté urbaine GPS&O et la Ville de Poissy.
« Stellantis Poissy construit son avenir, nous l’aiderons de toutes nos forces », conclut le président du Département.
Une mutation emblématique pour l’automobile française
La transformation de Poissy illustre parfaitement les mutations à l’œuvre dans l’industrie automobile. Elle confirme la fin progressive de l’assemblage de masse en Île-de-France, au profit d’une spécialisation des sites. Elle met également en lumière l’essor de l’économie circulaire, un secteur en pleine explosion avec un parc automobile vieillissant qui génère une forte demande en pièces détachées et en reconditionnement. Si la décision de Stellantis marque la fin d’une époque, elle ouvre aussi une nouvelle ère, fondée sur la modernisation et la diversification, une transition jugée vitale face à la situation économique du secteur.
Bernard BERTUCCO VAN DAMME via Presse Agence, envoyé spécial dans les Yvelines.


