Passer au contenu principal

PARIS : Yohann PETIOT : « L’envie de mode reste intac…

Partager :

PARIS : Yohann PETIOT : « L’envie de mode reste intacte mais la consommation reste contrainte »

Le secteur de l’habillement enregistre un recul de 1,4 % de son chiffre d’affaires en janvier 2026, pénalisé par des soldes d’hiver freinés par la météo.

L’année 2026 débute difficilement pour les commerçants du textile. Selon les données communiquées ce mercredi 11 février par l’Alliance du Commerce, via son Panel Retail Int., le marché de l’habillement affiche un repli d’activité lors du premier mois de l’année. Comparé à janvier 2025, le chiffre d’affaires global des magasins a chuté de 1,4 % à périmètre constant.

Ce démarrage en demi-teinte s’explique en grande partie par une baisse significative de la fréquentation des points de vente, évaluée à -4 %. Si les consommateurs semblent moins nombreux en boutique, leurs habitudes d’achat continuent de se transformer, favorisant certains canaux au détriment d’autres.

Des disparités géographiques marquées.

Tous les commerces ne sont pas logés à la même enseigne face à cette contraction de la consommation. Le rapport met en lumière une résilience notable des centres-villes. Les boutiques situées en cœur de ville parviennent à maintenir leur chiffre d’affaires stable, affichant même une très légère progression de +0,1 %.

À l’inverse, les zones périphériques souffrent davantage. Les zones d’activité commerciale et les « retail parks » reculent de 1,2 %. La situation est encore plus délicate pour les centres commerciaux : ceux situés en centre-ville perdent 2,5 % de leur activité, tandis que les galeries marchandes de périphérie dévissent de 2,9 %. La performance la plus préoccupante concerne les magasins d’usine (outlets), qui subissent la baisse la plus sévère avec une chute de 4,9 % de leur chiffre d’affaires.

Parallèlement à ces difficultés physiques, le commerce en ligne tire son épingle du jeu. Les ventes sur Internet progressent de 1,7 %, confirmant la dualité croissante du parcours client.

Les soldes victimes de la météo.

Le mois de janvier est traditionnellement crucial en raison des soldes d’hiver. L’édition 2026, qui s’est tenue du mercredi 7 janvier au mardi 3 février, n’a pas produit l’effet escompté. Le bilan fait état d’un recul de 1,8 % du chiffre d’affaires en magasin par rapport à la même période en 2025.

Les conditions météorologiques ont joué un rôle déterminant dans cette contre-performance. Les épisodes neigeux survenus dès le lancement de l’opération commerciale ont lourdement pesé sur le trafic en magasin. Si un rebond d’activité a été observé durant les deux dernières semaines des soldes, il n’a pas suffi à compenser le retard accumulé au démarrage. Là encore, le web a servi de refuge, avec des ventes en ligne en hausse de 1,4 % sur la période des promotions.

L’urgence d’une équité concurrentielle.

Pour les professionnels du secteur, ces chiffres traduisent une fragilité persistante. Yohann Petiot, Directeur général de l’Alliance du Commerce, analyse la situation avec lucidité : « Le mois de janvier rappelle que le secteur de l’habillement évolue encore dans un environnement fragile. […] Cette dynamique souligne une réalité persistante : l’envie de mode reste intacte mais les comportements d’achats évoluent et la consommation reste contrainte ».

Au-delà de la conjoncture, c’est la structure même du marché qui inquiète les acteurs traditionnels. Yohann Petiot insiste sur la nécessité de « rétablir une concurrence équitable entre tous les acteurs et lutter contre les pratiques déloyales des plateformes de l’ultra fast fashion ». Cette déclaration fait écho aux actions récentes du secteur, notamment une plainte pour concurrence déloyale déposée contre le géant chinois Shein en ce début d’année, ainsi qu’aux discussions en cours sur un projet de pénalité financière visant les modèles de mode éphémère.

Un cadre réglementaire en mutation.

Ce début d’année 2026 est également marqué par une accélération des exigences environnementales qui pèsent sur les entreprises. L’Alliance du Commerce souligne la publication récente, le 9 février 2026, des actes d’application du règlement européen sur l’écoconception (ESPR). Ce texte précise notamment l’interdiction de destruction des invendus, obligeant les enseignes à adapter rapidement leurs processus logistiques et commerciaux.

Pour accompagner cette transition, des dispositifs de soutien se mettent en place. L’ADEME et la Direction générale des entreprises ont lancé un programme d’aide aux investissements en écoconception, visant à soutenir les acteurs d’un secteur résilient mais sous fortes tensions.

L’Alliance du Commerce, qui représente 16 000 magasins et 150 000 salariés (http://www.alliancecommerce.org), continue de mobiliser ses adhérents pour faire face à ces défis, entre nécessité de performance économique et impératifs de durabilité.