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PARIS : Yohann PETIOT : « L’attentisme des ménages et le recul du tourisme plombent le secteur de l’habillement »

Le marché de l’habillement a chuté de 4,4 % en mars, un recul généralisé dû à un contexte économique et géopolitique tendu, alerte l’Alliance du Commerce.

Le secteur de l’habillement traverse une zone de fortes turbulences. Selon les derniers chiffres du Panel Retail Int. pour l’Alliance du Commerce, les enseignes ont enregistré une baisse de leur chiffre d’affaires en magasin de 4,4 % en mars 2026 par rapport à la même période en 2025. Cette contreperformance clôture un premier trimestre déjà difficile, portant le recul de l’activité à 4,3 % depuis le début de l’année.

La crise est généralisée et n’épargne personne : de l’entrée de gamme au luxe, de la mode féminine, masculine ou enfantine, tous les segments sont touchés. La baisse d’activité affecte également l’ensemble des canaux de vente et des types d’emplacements commerciaux, signalant un malaise profond et structurel au sein du marché.

Une conjonction de facteurs défavorables

Trois éléments majeurs expliquent cette tendance négative. En premier lieu, une météo défavorable, avec un retour du froid à la fin du mois de mars, a freiné les achats des nouvelles collections printemps-été. Les consommateurs, peu enclins à renouveler leur garde-robe par temps maussade, ont reporté leurs dépenses.

À ce facteur conjoncturel s’ajoutent deux crises exogènes. Le conflit au Moyen-Orient a provoqué une baisse notable du tourisme international, une clientèle cruciale pour de nombreuses enseignes. Les magasins parisiens, particulièrement exposés, ont subi de plein fouet cet effet avec une chute de leur chiffre d’affaires de 7 %. Enfin, la hausse du prix de l’essence, couplée à un climat international anxiogène et aux craintes d’un retour de l’inflation, a durablement entamé la confiance des ménages. Cet attentisme se traduit par des arbitrages budgétaires défavorables aux achats non essentiels.

Tous les formats de magasins en repli

L’analyse géographique confirme l’étendue de la crise, aucun type d’emplacement n’échappant à la baisse. Les centres commerciaux de périphérie sont les plus lourdement impactés, avec une chute d’activité de 4,9 %. Les magasins situés sur rue en centre-ville et les outlets affichent un recul quasi identique de 4,7 %. Les zones d’activité commerciale, les retail parks (-4,1 %) et les centres commerciaux de centre-ville (-3,8 %) connaissent une baisse à peine plus mesurée.

Des clients qui se déplacent mais n’achètent pas

Un indicateur clé révèle l’état d’esprit des consommateurs : si le chiffre d’affaires a fortement baissé, la fréquentation des points de vente n’a reculé que de 1,9 %. Ce décalage suggère que les clients continuent de se rendre en magasin, mais que l’acte d’achat est de plus en plus souvent différé. L’inquiétude économique pousse à la prudence et à la réflexion avant de passer en caisse. Cette tendance est confirmée par la chute des ventes sur Internet (-3,7 %), qui démontre que le problème ne réside pas seulement dans les contraintes de déplacement mais bien dans une intention d’achat globale en berne.

Un appel à l’action pour soutenir le secteur

Face à cette situation alarmante, le secteur tire la sonnette d’alarme et appelle les pouvoirs publics à prendre des mesures de soutien urgentes.

« En mars, le secteur de l’habillement enregistre une forte baisse d’activité généralisée à tous les secteurs, tous les segments, tous les emplacements et tous les canaux. Ce mauvais résultat clôt un premier trimestre difficile, en recul de plus de 4 %. Au-delà des effets conjoncturels – et notamment d’une météo défavorable – les entreprises doivent faire face à de nouvelles contraintes du fait de la guerre en Iran. La baisse de la clientèle touristique internationale pénalise fortement les grands magasins et enseignes les plus exposées. La consommation locale reste aussi sous tension : la hausse du prix de l’essence, conjuguée aux inquiétudes sur le retour de l’inflation, a installé un attentisme chez les ménages. Ces éléments combinés font craindre un recul significatif de l’activité sur l’ensemble de l’année, avec des risques réels pour la santé financière de nos entreprises. Ce n’est pas le moment de les accabler davantage ! Elles ont besoin d’une action résolue pour réguler la concurrence déloyale en provenance des plateformes extra-européennes et pour adopter des mesures concrètes d’allègement des contraintes. Nous appelons à l’adoption rapide de la mensualisation des loyers commerciaux et du plafonnement des garanties prévus dans le Projet de loi de simplification de la vie économique », a déclaré Yohann PETIOT, Directeur général de l’Alliance du Commerce.

L’Alliance du Commerce (www.alliancecommerce.org), qui représente 16 000 magasins et 150 000 salariés, s’associe à Retail Int. (www.retailint.fr) pour produire ce panel mensuel, basé sur les données de vente de plus de 70 grandes enseignes du secteur.