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PARIS : Yannick BUISSON : « La logistique est aujourd’hui un levier structurant de la compétitivité territoriale »
Le salon SITL place la logistique urbaine et les défis fonciers au cœur de son édition 2026, au parc des expositions de Paris Nord Villepinte.
À l’heure où les métropoles font face à la pression croissante des flux de marchandises, à la raréfaction de l’espace disponible et à la transformation rapide des habitudes de consommation, la logistique urbaine s’affirme comme un enjeu politique et économique majeur. Le récent rapport « Logistique urbaine durable 2025 », remis le 4 février aux ministres, a posé un diagnostic clair. Ce document fixe une feuille de route comprenant quinze recommandations structurées autour de cinq leviers clés : la gouvernance, la formation, la connaissance, le foncier et le déploiement opérationnel. L’objectif est de permettre un passage à l’échelle et de mieux intégrer la logistique dans les politiques d’aménagement.
Une équation foncière sous haute tension
Sur le terrain, la réalité est en effet devenue complexe. Les professionnels de la chaîne d’approvisionnement se heurtent à une équation de plus en plus serrée, caractérisée par une baisse drastique du foncier disponible, une intensification des usages de l’espace public et des exigences accrues en matière de performance environnementale. Face à cette situation, le Gouvernement a annoncé le lancement immédiat de chantiers prioritaires. Parmi eux figure la création d’une méthodologie destinée aux collectivités pour mieux caractériser le foncier logistique, ainsi qu’une refonte de la gouvernance nationale. C’est dans ce contexte que le Salon International du Transport et de la Logistique (SITL) articule son édition 2026, qui débute le 31 mars, autour du fil rouge des nouveaux territoires à conquérir.
L’attractivité territoriale et la résilience du commerce
L’intégration de la logistique dans le tissu urbain n’est plus perçue comme une simple nuisance à éloigner, mais comme une nécessité vitale. « La logistique est aujourd’hui un levier structurant de la compétitivité territoriale. Les territoires qui réussissent sont ceux qui l’intègrent pleinement dans leur stratégie foncière et de développement économique, en la co-construisant avec l’ensemble de leur écosystème économique. C’est ainsi que se créent des dynamiques durables d’emplois, d’attractivité, de sécurisation des flux et de développement de l’industrie », a déclaré Yannick Buisson, vice-président de l’Union TLF.
Cette vision stratégique se heurte toutefois aux défis du dernier kilomètre et à la pérennité du commerce traditionnel. « La question n’est plus véritablement de savoir si l’e-commerce se substituera au commerce de proximité, mais plutôt de comprendre dans quelles conditions ces deux modèles peuvent s’articuler et coexister sans que l’un n’asphyxie structurellement l’autre. Dans cette équation territoriale et économique, la logistique du dernier kilomètre s’impose désormais comme un facteur déterminant. Lorsqu’elle est pensée de manière efficiente, intégrée et durable, elle ne constitue plus seulement une contrainte opérationnelle : elle devient un véritable levier de revitalisation économique et fonctionnelle des centres-villes », analyse Loïc Chavaroche, coprésident de la commission logistique urbaine de l’Union TLF.
Mutualiser pour respirer : le défi de l’espace dense
Pour répondre à ce manque criant d’espace, les acteurs du secteur doivent réinventer leurs modèles de fonctionnement. La mutualisation des infrastructures apparaît comme l’une des voies les plus prometteuses. « La contrainte foncière en milieu urbain n’est pas une fatalité, c’est une invitation à l’ingéniosité. La mutualisation des espaces, des infrastructures, la collaboration — c’est ce qui va permettre à la logistique urbaine de tenir dans les territoires denses. Mais cela suppose une vraie coordination entre opérateurs, collectivités et urbanistes. On ne peut plus travailler en silo quand chaque mètre carré compte », insiste Joy Pasquet, coprésident de la commission logistique urbaine de l’Union TLF.
Un programme centré sur les solutions opérationnelles
Pour matérialiser ces réflexions, la journée d’ouverture du SITL, le mardi 31 mars au Hall 7, proposera plusieurs séquences de décryptage. Dès 15h00, une table ronde abordera l’attractivité territoriale avec la Direction Générale des Entreprises (DGE). À 16h00, les débats se concentreront sur l’avenir de la proximité commerciale face à la pression e-commerce. Suivra à 16h45 la présentation détaillée du rapport de la DGITM par Anne-Marie Jean, vice-présidente de l’Eurométropole de Strasbourg. Enfin, à 17h00, les discussions se tourneront vers les solutions d’intégration avec l’ADEME. Dans les allées du salon, des entités telles qu’Interlud, JLL, Sofub-Colisctiv’ ou Concerto Développement présenteront leurs innovations en matière d’ingénierie immobilière.
Le carrefour mondial du transport et de la logistique
L’événement accueillera le public du mardi 31 mars au jeudi 2 avril 2026 à Villepinte. Depuis plus de quarante ans, le SITL rassemble les professionnels du secteur autour de dix grands univers, allant des équipements aux énergies alternatives. Le salon est organisé par RX (www.rxglobal.com), un leader mondial de l’événementiel présent dans 25 pays. L’entreprise fait partie du groupe RELX (http://www.relx.com/investors), un fournisseur mondial de données et d’outils d’analyses pour les professionnels, coté sur les bourses de Londres, d’Amsterdam et de New York, et employant plus de 37 000 personnes à travers le monde.
