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PARIS : Yann JEHANNO : « Le logement est le nouveau baromèt…

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PARIS : Yann JEHANNO : « Le logement est le nouveau baromètre des élections municipales »

À l’aube du second tour, le président de Laforêt Immobilier analyse le poids décisif de la crise du logement dans le scrutin local.

Alors que les résultats du premier tour des élections municipales viennent de tomber, un sujet s’est imposé comme l’arbitre inattendu du scrutin : la crise du logement. Entre un pouvoir d’achat immobilier en berne, des tensions locatives inédites, un accès au crédit de plus en plus restrictif et un carcan réglementaire complexe, les maires, candidats à leur réélection ou nouveaux prétendants, se retrouvent en première ligne face à une préoccupation majeure des citoyens. Pour Yann Jéhanno, président du réseau Laforêt Immobilier, le constat est sans appel : les propositions sur le logement pèsent désormais d’un poids déterminant dans les urnes.

Un enjeu de pouvoir d’achat et de cohésion sociale

Le temps où les programmes municipaux se contentaient de vagues promesses sur l’urbanisme est révolu. Aujourd’hui, la question du logement touche directement au portefeuille et au quotidien des électeurs.

« Le logement n’est plus un simple sujet technique, il est devenu un enjeu central de pouvoir d’achat, d’attractivité économique et de cohésion sociale pour nos territoires », souligne Yann Jéhanno.

La difficulté pour les jeunes ménages de devenir propriétaires, la pénurie de biens à louer dans les zones tendues et la flambée des charges impactent la capacité des communes à attirer et retenir les actifs et les familles. Les candidats qui parviennent à formuler une vision claire et crédible sur ces points marquent une différence significative. Selon l’expert, les électeurs attendent des réponses concrètes sur la manière dont leur futur maire compte faciliter leur parcours résidentiel, qu’il s’agisse d’accéder à la propriété ou de trouver une location décente à un prix abordable.

Le dilemme entre régulation et production

Les maires naviguent en eaux troubles, pris en étau entre la nécessité de réguler les excès du marché et l’impératif de produire de nouveaux logements. La mise en place de dispositifs comme l’encadrement des loyers ou la surtaxation des résidences secondaires est souvent plébiscitée par une partie de l’électorat, mais peut avoir des effets pervers.

« Ces outils, bien qu’intentionnés, peuvent freiner l’investissement locatif privé et, in fine, réduire l’offre disponible, aggravant la pénurie qu’ils sont censés combattre », prévient Yann Jéhanno.

L’équation devient alors un véritable casse-tête politique : comment protéger les locataires sans décourager les bailleurs et comment encourager la construction neuve sans défigurer le paysage urbain et répondre aux exigences environnementales ? Le débat sur la densité, la transformation de bureaux en habitations ou la réhabilitation de friches devient un marqueur politique fort.

Des maires face à des marges de manœuvre limitées

Malgré leur position en première ligne, les élus locaux ne disposent pas de tous les leviers. Ils sont confrontés à des contraintes majeures qui limitent leur champ d’action. La rareté et le coût du foncier constituent le premier obstacle à toute politique de construction ambitieuse. S’y ajoute une instabilité normative constante, avec des lois et des règlements nationaux (loi Climat et Résilience, objectif Zéro Artificialisation Nette, etc.) qui complexifient la planification urbaine à long terme.

« Les maires sont en attente de stabilité et de clarté pour pouvoir engager des projets de construction et de rénovation énergétique ambitieux, indispensables pour répondre à la demande », insiste le président de Laforêt.

Dans ce contexte, leur capacité à dialoguer avec l’État, à mobiliser des financements et à innover avec les acteurs locaux du bâtiment et de l’immobilier sera cruciale.

Le réseau Laforêt Immobilier (https://www.laforet.com), fort de son maillage territorial, observe que les candidats capables de démontrer une maîtrise fine de ces enjeux et de proposer des solutions pragmatiques et réalisables inspirent davantage confiance aux électeurs.