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PARIS : Voitures, le tout électrique d’ici 2035, es…

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Floriane Dumont
10 Déc 2023

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PARIS : Voitures, le tout électrique d’ici 2035, est-ce bien raisonnable?

L’Insitut de Relations Internationales vient de publier un article remettant en cause la stratégie de la fin des voitures thermiques d’ici 2035…

En décidant d’arrêter la commercialisation des voitures thermiques d’ici 2035, l’UE semble faire un mauvais choix.

En effet les constructeurs européens étaient réputés comme parmi les meilleurs en terme de motorisation thermique et avaient un vrai savoir-faire. Or ils sont en retard sur le marché de la voiture électrique et vont devoir faire face à un pure player américain aux grandes poches sur le marché haut/milieu de gamme (Tesla) et aux constructeurs chinois qui proposent des tarifs très avantageux. Notons que la voiture électrique est également un cheval de Troie pour apporter tout l’écosystème informatique américain dans la voiture, ce que les européens ne savent pas faire n’ayant plus aucun poids dans les smartphones, les moteurs de recherche, les réseaux sociaux ou même l’ecommerce global.

La fin des voitures thermiques en 2035 : vers des conséquences sociales calamiteuses?

L’IRIS se demande dans un article intitulé Géopolitique de la voiture électrique « si les conséquences sociales de cette décision (NDLR : la fin de la commercialisation des voitures thermiques par l’UE en 2035) ont été prises en compte et si la justification de cette décision a été sérieusement analysée aux plans économique et même environnemental. Une étude de la Plateforme Filière automobile (PFA) estime ainsi qu’il faut s’attendre en France à des pertes nettes d’emploi de l’ordre de 65.000 à 100.000 postes d’ici 2030, ceci sans tenir compte des destructions additionnelles qu’il faut prévoir pour la période 2030-2035 et lorsque l’interdiction de la fabrication de moteurs thermiques sera effective. Compte tenu des effets indirects et induits, ce sont certainement au moins 200 000 emplois qui sont ainsi mis en risque en France à relativement brève échéance ».

La France mais aussi l’Allemagne se dirige sans doute vers un désastre social dans un secteur clé des deux économies.

Parallèlement la voiture électrique n’est pas si écologique que cela. Nous en avions parlé dans cet article : la voiture électrique, un non sens écologique. Ainsi l’intérêt de la voiture électrique est surtout dans les villes pour faire baisser la pollution, même si dans les villes l’intérêt est limité puisque l’on peut développer facilement les transports en commun.

Comme l’ont souligné de nombreux experts, les économies réalisées par la voiture électrique si elle est généralisée en 2035 ne compenseront pas les dégâts causés par la mise à la fourrière de millions d’automobiles pouvant encore rouler de longues années en France et en Europe.

Comme nous en avions parlé dans cet article, la production d’une voiture électrique nécessite le double d’émissions de CO2 qu’une voiture thermique. Et il faut un grand nombre de kilomètre pour le compenser. Cela dépend en plus du mix énergétique de chaque pays qui n’est pas favorable en terme d’émissions de CO2, en Allemagne le pays le plus peuplé de l’UE et à l’économie la plus forte.

Ne parlons pas de la Pologne « où 88 % de l’électricité est produite à partir d’énergies fossiles, essentiellement du charbon, en gros une voiture électrique roule au charbon ! ». Damien Ernst, une sommité professeur d’électromécanique à l’Université de Liège, considère qu’avec une batterie de 80 kWh fabriquée en Chine et destinée à un véhicule de gamme moyenne, il faudrait en Allemagne rouler plus de 378 000 km pour que l’économie en termes de CO2 dépasse le surcout en émission de CO2 lié à la fabrication de la batterie. Ce qui semble impossible.

Comme nous en avions parlé aussi cela dépend du poids du véhicule : « le bilan carbone des véhicules à motorisation tant électrique que thermique est largement fonction inverse du poids du véhicule. En l’état actuel des connaissances, on peut estimer que seuls des véhicules dont la puissance de la batterie est inférieure ou égale à 60 kWh présentent un bilan environnemental favorable en termes de CO2. Ce sont nécessairement des véhicules relativement légers. Mais ce type de véhicule ne correspond pas nécessairement au choix de la clientèle et par là même à celui des constructeurs tant chinois qu’européens. Ceux-ci offrent de très nombreux modèles de véhicules dont les batteries sont de 80 ou 100 kWh (voire 120 kWh pour le EQS de Mercedes). Le bilan carbone de ces modèles est à l’évidence désastreux comparé à un véhicule essence plus léger ».

Parallèlement la moitié des voitures électriques étant produites en Chine, l’Europe sera sans doute envahie de ces modèles à bas coûts.

Interdire les véhicules thermiques en 2035 : un suicide européen?

Comme le rappelle Serge Michailof, « l’Europe organise ici le suicide d’un secteur de son économie industrielle construit sur une avance technique fondée sur un siècle d’expérience et dont le marché potentiel mondial sous forme de ventes directes ou de co-investissement reste considérable. Rappelons que l’Allemagne, au dernier moment, sous la pression de ses industriels a tenté de bloquer cette décision européenne ».

En résumé on peut dire que la mise au rebut de millions de voitures thermiques va bien évidemment conduire à des émissions de CO2 énormes. Que le fait de dire que les voitures électriques sont plus économes en CO2 n’est pas forcément vrai et que cela dépend : de leur poids, du mix énergétique du pays et de la méthode de fabrication et de la durée de vie de leur batterie.

Parallèlement ces voitures sont bien plus chères que les voitures thermiques et vont empêcher de nombreux français de posséder une automobile d’autant que les ZFE vont interdire à ceux qui possèdent une voiture thermique de circuler dans certaines villes. Parallèlement la taxe carbone sur la carte grise va tendre à renchérir artificiellement le prix des véhicules thermiques.

Sans compter que l’industrie automobile européenne risque de se faire liquider sur le haut de gamme par Tesla (ce qui est déjà le cas en France où l’on peut voir de nombreuses Tesla circuler) et sur le bas et moyen de gamme par les constructeurs chinois.

On ne parle pas non plus des tensions sur le réseau électrique qui est déjà limite et dont les nouvelles orientations décidées par l’UE misant sur l’éolien et le solaire ont prouvé leur inefficacité et leur fort impact sur l’inflation du prix de l’électricité comme le montre l’exemple allemand.

L’interdiction du moteur thermique en 2035 ne se justifie et est une décision idéologique non fondée sur la science ou les faits.

« Sans un mix énergétique européen réduisant au minimum les émissions de carbone, le passage contraint aux voitures électriques ressemble essentiellement à un achat de bonne conscience. Nous ne devons certes pas renoncer à la voiture électrique qui a des avantages indéniables en ville en termes de bruit et de pollution. Mais les problèmes les plus graves en matière de pollution atmosphérique se situent dans les grandes villes du Sud : Pékin, New Delhi, Le Caire, Lagos, etc.[12] La pollution atmosphérique urbaine diminue régulièrement en Europe et sur la base des tendances actuelles, les normes OMS devraient être respectées en 2030 et le zéro pollution est attendu pour 2050. Ces considérations portant sur la lutte contre la pollution justifient parfaitement le passage au véhicule électrique en milieu urbain qui présente de multiples avantages. Mais cessons de nous donner bonne conscience en achetant un SUV ou une grande routière électrique et par pitié n’interdisons pas le moteur thermique » conclut Serge Michailof.

Il est terrible qu’une présidente de la Commission Européenne d’origine allemande ait accepté de prendre une décision qui risque de tuer littéralement l’industrie automobile allemande et européenne l’une des industries phares du continent.

Une forte remise en question de la voie suivie par l’UE tant dans ce domaine que dans celui de l’énergie s’impose…