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PARIS : Valérie BATIGNE : « Plus les femmes s’informent tôt, plus elles disposent de leviers pour agir »
À l’approche du 8 mars, Sapiendo lance un outil pédagogique aidant les femmes à mesurer l’impact de leurs choix de vie sur leur future retraite.
La question des inégalités de pensions entre les sexes demeure une réalité statistique tenace. Alors que la Journée internationale des droits des femmes se profile ce dimanche 8 mars 2026, le constat chiffré rappelle l’ampleur du chemin restant à parcourir. Aujourd’hui encore, l’écart moyen de pension atteint 38 %. Si l’on observe uniquement les nouvelles retraitées de l’année 2023, cet écart persiste à hauteur de 28 %. Carrière hachée, maternité, temps partiel ou expatriation sont autant de facteurs qui, souvent cumulés, grèvent durablement le niveau de vie des femmes à l’âge de la retraite.
Pour Valérie Batigne, présidente de Sapiendo, la clé réside dans l’anticipation : « Chaque étape de la vie peut influencer la retraite future. Plus les femmes s’informent tôt, plus elles disposent de leviers pour agir et optimiser leur future pension — qu’il s’agisse de choix personnels, professionnels ou d’un effort d’épargne. Savoir c’est déjà agir ». C’est dans cette optique que la plateforme spécialisée dévoile sa « Ligne de vie de la préparation de la retraite au féminin », un fil conducteur destiné à identifier les moments clés où se jouent les droits futurs.
Le début de carrière : les premiers pièges à éviter
L’outil pédagogique met en lumière une réalité souvent méconnue des jeunes actives de moins de 35 ans : les décisions prises en début de parcours ont une résonance immédiate sur les trimestres validés. L’analyse souligne par exemple l’importance des « petits boulots ». Dès qu’un emploi déclaré rapporte 150 fois le SMIC horaire (soit 1 803 euros en 2026), un trimestre est validé.
La maternité constitue le premier grand virage. Si chaque enfant peut rapporter jusqu’à huit trimestres, les règles varient considérablement selon le statut professionnel. Un point de vigilance majeur concerne le congé parental. Sapiendo rappelle que cette période ne permet pas de valider de points de retraite complémentaire. De plus, les trimestres acquis à ce titre ne sont pas cumulables avec les trimestres accordés pour les enfants, une subtilité technique qui peut coûter cher au moment du décompte final.
La mi-carrière : l’impact du temps partiel et des statuts
Entre 35 et 50 ans, la carrière se consolide, mais les écarts de revenus se creusent, souvent en lien avec la structure familiale. Les données de l’Insee pour 2024 sont éloquentes : pour une femme sans enfant, l’écart de revenu net moyen avec les hommes est de 14,9 %. Avec deux enfants, il grimpe à 29,2 % et atteint 42,8 % pour trois enfants ou plus.
Cette période est aussi celle où le temps partiel, souvent subi ou choisi pour des raisons familiales, produit ses effets délétères. En avril 2025, la Dares notait que ce mode de travail concerne 26,7 % des femmes contre moins de 8 % des hommes. Une activité réduite entraîne mécaniquement une baisse des points de retraite complémentaire.
Les choix matrimoniaux et géographiques pèsent également lourd. L’analyse rappelle que seul le mariage rend éligible à la pension de réversion, le PACS et le concubinage n’offrant aucune protection sur ce plan. En cas d’expatriation pour suivre un conjoint, la vigilance est de mise : sans cotisation volontaire à la CFE, aucun droit n’est ouvert. De même, le statut de « conjoint collaborateur » doit impérativement être déclaré, l’idéal restant le statut de conjoint salarié pour sécuriser ses arrières.
Préparer l’atterrissage après 50 ans
La dernière ligne droite nécessite une gestion fine pour éviter la décote. Pour les générations nées à partir de 1966, atteindre le taux plein exige la validation de 172 trimestres, soit 43 annuités.
Les experts soulignent une confusion fréquente concernant les carrières longues : avoir commencé à travailler jeune ne suffit pas toujours pour partir plus tôt. Il est impératif de réunir un nombre important de trimestres cotisés, car les trimestres assimilés (comme ceux liés au chômage ou aux enfants) sont très peu pris en compte dans ce dispositif. La retraite progressive apparaît alors comme une solution pertinente pour réduire son activité tout en percevant une partie de sa pension, à condition d’en mesurer l’impact financier immédiat.
Une semaine de mobilisation
Pour accompagner ce lancement, trois webinaires gratuits seront organisés durant la semaine du 9 mars, abordant spécifiquement les leviers d’action pour chaque tranche d’âge. Parallèlement, tout au long du mois de mars, l’accès aux simulateurs permettant d’évaluer l’impact des enfants, du temps partiel ou de la réversion sera rendu gratuit pour toutes les utilisatrices.
Sapiendo, labellisée Finance Innovation, réaffirme par cette initiative sa conviction que la réduction des inégalités passe avant tout par la maîtrise de l’information réglementaire.


