PARIS : Urbanisme – Sarah El HAIRY défend l’ada…
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PARIS : Urbanisme – Sarah El HAIRY défend l’adaptation de nos lieux de vie
Lors de la remise des prix « Le Choix des Familles » ce lundi 2 février 2026, la Haute-commissaire à l’Enfance a plaidé pour des aménagements concrets et techniques favorisant l’inclusion des enfants dans l’espace public.
C’est un discours à la tonalité résolument pragmatique qu’a tenu Sarah El Hairy, Haute-commissaire à l’Enfance, devant un parterre de professionnels du tourisme et de la restauration. En distinguant 50 établissements français pour leur accueil bienveillant, la représentante de l’État a souhaité dépasser la simple remise de trophées pour aborder un enjeu de société majeur : l’adaptation physique et structurelle de nos lieux de vie aux familles.
Face à une tendance de fond valorisant le « calme » et l’expérience « premium » qui aboutit souvent à une « exclusion progressive des enfants », Sarah El Hairy a rappelé que l’accueil n’est pas qu’une question de sourire, mais d’urbanisme et d’architecture intérieure.
Des aménagements techniques indispensables.
Pour la Haute-commissaire, adapter l’espace est une « exigence professionnelle » qui ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la rentabilité au mètre carré. Accueillir une famille, c’est accepter une logistique spécifique : « Un enfant, ça bouge. Ça parle. […] Ça vit », a-t-elle martelé. Concrètement, cela impose aux établissements de repenser leurs plans : prévoir « une chaise haute de plus », concevoir « un espace pensé intelligemment » et surtout, dessiner « des circulations plus larges » pour permettre le passage aisé des poussettes et des tribus.
Sarah El Hairy a fustigé la « logique économique » qui justifie trop souvent des lieux inadaptés. « Si l’on sait créer des espaces feutrés, on peut aussi imaginer des lieux adaptés », a-t-elle lancé, invitant les architectes et gérants à considérer ces aménagements non comme une perte de qualité, mais comme une élévation du niveau d’exigence.
Le contre-modèle de la SNCF.
Ce plaidoyer pour un urbanisme inclusif a pris une tournure politique lorsque la Haute-commissaire a évoqué l’actualité récente de la SNCF. Critiquant les offres commerciales qui suggèrent que le confort passe par l’absence d’enfants, elle y voit un « symbole puissant » de la gestion de l’espace commun.
« Je ne crois pas à un progrès qui se construit en rendant les enfants invisibles », a affirmé Sarah El Hairy. Pour elle, organiser l’espace public, c’est refuser de segmenter la population. Une gare, un train ou un restaurant doivent être pensés pour que « chacun y trouve sa place », sans que des barrières techniques ou commerciales ne viennent exclure les plus jeunes. C’est une vision du « vivre-ensemble » qui se joue dans la largeur d’un couloir ou l’agencement d’un wagon.
Une coalition territoriale.
Pour ancrer cette vision dans les territoires, un partenariat stratégique a été signé séance tenante avec le label « Famille Plus ». Porté par l’ANETT (Association nationale des élus des territoires touristiques), ce label fédère déjà 102 territoires — à la mer, à la montagne comme à la ville — et plus de 3 000 commerçants engagés.
En rejoignant cette dynamique, l’État entend soutenir les collectivités et les acteurs privés qui font le choix d’un « tourisme à hauteur d’enfant ». Ces initiatives locales prouvent qu’il est possible de concilier excellence et accessibilité, transformant l’accueil des familles en un véritable levier d’attractivité territoriale plutôt qu’en contrainte logistique.