Skip to main content

PARIS : Une exposition consacrée à l’Atelier rouge …

Print Friendly, PDF & Email

Partager :

PARIS : Une exposition consacrée à l’Atelier rouge d’Henri Matisse à la Fondation Louis Vuitton

Vous hésitez quelle grande exposition du moment aller voir ?

On les a testées pour vous ! De Brâncuși à Matisse, en passant par James Cameron, Mohammed Bourouissa ou Tamara Kostianovsky.

1911, 42 route de Clamart. Dans son atelier d’Issy-les-Moulineaux, Henri Matisse voit rouge ! En pleine préparation de ses Intérieurs symphoniques pour le collectionneur russe Sergueï Chtchoukine, l’artiste recouvre l’une de ses quatre toiles d’une couleur écarlate uniforme, un rouge vénitien obsédant tirant vers l’ocre, faisant fi de la réalité et des murs gris qui l’entourent. Impossible de dire avec certitude si le peintre célèbre ici en fanfare l’avènement du nouveau siècle ou la fin de la Belle Époque qui s’annonce. De son propre aveu, Matisse est bien incapable d’expliquer son geste, pas même à son commanditaire qui décline tout simplement la toile : « Je ne comprends pas exactement pourquoi je l’ai peint de cette façon. » Avec L’Atelier rouge, l’artiste signe pourtant une œuvre révolutionnaire et introduit sans le savoir le monochrome dans le vocabulaire de l’art moderne. Un comble quand on sait que la toile, boudée des acheteurs et restée entre les mains de Matisse durant seize longues années, finit par trouver preneur en 1927 pour décorer la salle de bal d’une discothèque londonienne !

Séduite par ce destin hors du commun, la Fondation Louis Vuitton présente cette exposition planétaire qui retrace l’itinérance inhabituelle de ce chef-d’œuvre de l’art moderne. Quelques mois après le MoMA et le Musée national d’art du Danemark, c’est donc au tour de l’institution parisienne de recomposer le puzzle pour résoudre le mystère de la chambre rouge et d’accueillir les six peintures, les trois sculptures et la céramique reproduites à l’identique dans l’Atelier. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir de véritables trésors, comme le portrait fauve du Jeune Marin II qui n’avait pas été exposé en France depuis plus de 30 ans, ou d’admirer ce paysage méconnu aux inspirations impressionnistes La Corse, le vieux moulin posé presque négligemment sur le sol dans l’œuvre originale. Entre l’affriolant Nu à l’écharpe blanche et le mythique groupe de Baigneuses, l’exposition pousse la reconstitution à son paroxysme en pointant ici et là des détails invisibles, des correspondances imperceptibles, osant créer un parallèle avec des compositions plus tardives comme la Fenêtre bleue ou le Grand Intérieur rouge. Plus qu’une vue d’atelier, l’œuvre sonne en réalité comme un portrait de sa vie d’artiste, une mise en abyme de couleur pourpre pour resituer l’espace imaginaire d’un maître de l’art moderne.

Le saviez-vous ?

En art, les débuts des précurseurs sont difficiles. Matisse, invité au premier grand salon d’art contemporain aux USA, l’a vite compris. Provoquant moqueries et hostilités, aucune des ses œuvres n’a été vendue dans les trois villes américaines où elles ont été exposées. Pire, les étudiants en art de Chicago se sont rassemblés pour brûler publiquement des reproductions de ses tableaux.

SOURCE : Arts in the City.