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PARIS : UDI – Signal politique fort pour l’armé…

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PARIS : UDI – Signal politique fort pour l’armée ukrainienne

Laurent Mazaury, Député des Yvelines, membre de la Commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale et Conseiller municipal d’Élancourt.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le président français, Emmanuel Macron, ont annoncé la signature d’une déclaration d’intention ouvrant la voie à un vaste accord d’armement entre la France et l’Ukraine.

Cet accord, qui s’inscrirait dans une perspective d’une dizaine d’années, prévoit la possibilité pour Kiev d’acquérir jusqu’à 100 avions de chasse Rafale, ainsi que plusieurs systèmes de défense antiaérienne et des drones. L’annonce a été faite lors de la visite de Zelensky sur la base aérienne de Villacoublay, où il a été reçu par le chef de l’État français.

Le document signé ne constitue pas un contrat ferme, mais une intention d’achat portant sur un ensemble d’équipements de défense français. Dans le détail, l’Ukraine pourrait obtenir des Rafale neufs accompagnés de leurs armements associés. L’accord inclut également la potentielle acquisition d’un système de défense antiaérienne SAMP-T de nouvelle génération, actuellement en développement, ainsi que des radars et divers drones.

L’éventuel contrat représenterait une opportunité majeure pour l’industrie française de défense. Le Rafale est produit par Dassault Aviation, tandis que Thales fournit entre 20 % et 25 % des équipements du chasseur. Quant au SAMP-T, il est conçu par Eurosam, coentreprise réunissant Thales et MBDA. Une commande de cette ampleur constituerait donc un important levier économique et industriel pour ces acteurs.

Cependant, plusieurs éléments incitent à la prudence. D’une part, la question du financement reste entière : l’Ukraine, engagée dans un conflit prolongé, doit déjà mobiliser d’importantes ressources militaires et dépend largement de l’aide internationale. Les modalités exactes du financement de ces achats n’ont pas encore été précisées, ce qui laisse planer une incertitude sur la faisabilité réelle de la commande.

D’autre part, Kiev avait récemment manifesté son intérêt pour les Gripen du constructeur suédois Saab, nettement moins coûteux que les Rafale. Zelensky avait même signé une lettre d’intention portant sur l’achat de 100 à 150 Gripen lors d’une visite en Suède un mois auparavant. Cette concurrence entre industriels et les hésitations ukrainiennes ajoutent une dimension supplémentaire à l’incertitude entourant l’accord annoncé avec la France.

En résumé, si la déclaration d’intention constitue un signal politique fort et une perspective prometteuse pour l’industrie française, il est trop tôt pour considérer cette vente comme acquise ou pour imaginer qu’elle assurera prochainement une sécurisation significative du ciel ukrainien.

En espérant que cela te convienne ?

Amities.

SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.