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PARIS : UDI – PAC 2028-2034, l’Europe face au risque…

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PARIS : UDI – PAC 2028-2034, l’Europe face au risque de désarmement agricole

Franck Menonville, Sénateur de la Meuse, Conseiller municipal de Stainville et agriculteur.

La situation géopolitique actuelle impose de garantir et de mieux armer notre souveraineté alimentaire européenne.

C’est pourtant dans un tel contexte que la Commission européenne a présenté, en juillet dernier, ses propositions pour la future politique agricole commune (PAC) 2028-2034. Des changements structurels majeurs y apparaissent : les deux piliers de la PAC pourraient être abandonnés, tandis que les financements consacrés à l’agriculture seraient regroupés au sein d’un grand fonds de cohésion.

Cette nouvelle architecture pourrait faire peser deux risques majeurs :

Le premier serait de diluer les crédits de la PAC dans un grand fonds global, ce qui entraînerait un manque de lisibilité comme d’efficacité.
Le second consisterait à laisser une plus grande marge de manœuvre aux États membres dans l’affectation des crédits. Or, si la subsidiarité est une force, elle pourrait aussi fragiliser le caractère commun de la PAC, créant ainsi des distorsions de concurrence et, surtout, affaiblissant l’ambition collective européenne.

La Commission prévoit près de 300 milliards d’euros d’aides directes aux agriculteurs. Elle acte ainsi une tendance baissière du budget et donc un renoncement de ses ambitions. Dans cette perspective, la France devrait bénéficier de 17,3 % de l’enveloppe, soit 50,9 milliards d’euros, ce qui représente un peu plus de 7 milliards d’euros par an, contre 9 milliards d’euros aujourd’hui. Compte tenu du contexte, c’est inacceptable !

À la suite des mobilisations agricoles européennes contre la ratification du traité avec le Mercosur, la Commission a alloué 45 milliards d’euros supplémentaires à la PAC. Une question se pose alors la France en bénéficiera-t-elle ?

Les grands pays agricoles comme le nôtre devront œuvrer avec détermination pour préserver l’ambition de la PAC et garantir son caractère commun. Ils devront aussi veiller à ce qu’elle soit à la hauteur des enjeux stratégiques. Il s’agit là d’une priorité absolue.

À mon sens, cette politique devrait répondre à deux objectifs :

D’une part, l’acte de production devrait être absolument remis au cœur de la nouvelle PAC pour garantir notre souveraineté alimentaire, en toutes circonstances.
D’autre part, les efforts de simplification devraient être poursuivis et les dispositifs mis en adéquation avec les réalités quotidiennes de nos agriculteurs.

J’insiste sur les zones intermédiaires, qui traversent une crise profonde. Caractérisées par des potentiels plus faibles compensés par des surfaces plus importantes, elles sont donc également plus dépendantes des aides de la PAC que d’autres territoires. Il est indispensable de les reconnaître et de définir leurs spécificités, afin d’y garantir l’existence d’une agriculture performante. Elles ne doivent pas être pénalisées par la dégressivité ou par un déplafonnement inadapté.

Il n’est nullement le moment de désarmer notre ambition commune en matière agricole. La future PAC doit donner à nos agriculteurs des perspectives de long terme, en favorisant leur compétitivité par l’innovation et la modernisation.

SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.