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PARIS : UDI – Maires – pouvoir central, un examen de…

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PARIS : UDI – Maires – pouvoir central, un examen de confiance

Philippe Laurent, Maire de Sceaux (92) et Vice-président de l’Association des maires de France, évoque la relation entre les maires et le pouvoir central.

Dans la quasi-totalité des pays, il y a des maires. Ils sont souvent élus, parfois nommés par le gouvernement. En France, le rôle du maire va encore au-delà, puisque la loi lui donne une responsabilité de représentant de l’État, sous l’autorité du préfet. C’est pourquoi, de tout temps, il existe en France une relation particulière entre les maires et le pouvoir central.

Philippe Laurent souligne que les pouvoirs publics ne peuvent pas fonctionner correctement sans cette relation, qui doit être faite de confiance et de volonté partagée de faire prévaloir l’intérêt général. Les maires ne sont pas des adversaires ou des sous-traitants de l’État. Ils sont, eux aussi, l’État, en tout cas dans la conception qui en prévalait il y a encore une vingtaine d’années.

Malheureusement, les choses se sont progressivement délitées, sous l’effet de la crise des finances publiques et surtout, d’un appauvrissement, au plus haut niveau, de la notion de bien commun et d’intérêt général. La notion d’État s’est elle-même affaissée, et le service de l’État semble trop souvent se réduire à la gestion au quotidien de politiques publiques, à la façon d’une entreprise de services, sans volonté réelle de coopérer avec les autres acteurs publics, en premier lieu les maires.

Une forme d’arrogance d’une partie de l’administration centrale, trop souvent déconnectée des réalités que vivent nos concitoyens et leurs représentants locaux, a pris le pas sur la bienveillance qui existait auparavant. L’autorité de l’État est d’ailleurs elle-même trop souvent remise en question.

De tout cela, les maires sont à la fois conscients, parfois exaspérés, et en tout cas inquiets. Élus par leurs concitoyens, ils disposent d’une légitimité pour le moment non contestée, et d’une compétence et d’une expérience trop souvent méprisées ou négligées par le pouvoir central. Pour le bon fonctionnement de la nation, ils appellent à un retour de la confiance entre eux, le gouvernement et le Parlement, à une nouvelle collaboration des institutions basée sur la prise en compte des réalités du pays, à un respect mutuel de leur engagement pour l’intérêt général. Cela passe par un profond changement de culture de gouvernement au plus haut niveau et par un questionnement, sans aucun doute douloureux, des certitudes de la haute administration centrale.

Source : UDI – Les infos de l’été.