Passer au contenu principal

PARIS : UDI – Être hébergé chez un tiers, un mal-loge…

Partager :

PARIS : UDI – Être hébergé chez un tiers, un mal-logement invisible

Jean-Michel Bouchy Maire de Naours (Somme) et Vice-président du Conseil départemental de la Somme en charge de l’insertion, du logement et de l’habitat.

Chaque année, le rapport de la Fondation pour le Logement nous rappelle à quel point le mal-logement demeure une réalité massive, souvent ignorée.

Derrière les chiffres, il y a des vies suspendues : familles hébergées chez des proches, jeunes majeurs de l’Aide Sociale à l’Enfance sans solution stable, personnes âgées contraintes de cohabiter faute de revenus suffisants. Ces situations d’hébergement « chez un tiers », bien qu’invisibles administrativement, sont socialement explosives.

Le Département n’a pas compétence directe en matière d’hébergement, mais il reste au premier rang de l’accompagnement des publics fragiles. En lien avec les centres communaux d’action sociale (CCAS), nous agissons en prévention, par le repérage des ménages en difficulté et le soutien à l’insertion.

Les prochaines élections municipales seront cruciales : le logement y sera un sujet central. C’est dans les communes, au plus près des habitants, que se joue la dignité du « bien vivre ». À Naours, comme ailleurs dans la Somme, nous luttons chaque jour contre l’habitat indigne.

Justement, le département de la Somme est signataire d’un protocole piloté par l’État et finance les travaux des propriétaires modestes grâce à un fonds d’avance qui limite le reste à charge.

Dès 2026, le lancement du dispositif SLIME permettra de mieux repérer la précarité énergétique et d’orienter les ménages vers des solutions durables. Car la transition énergétique ne doit pas exclure, mais émanciper.

Malgré un contexte budgétaire contraint et des politiques nationales souvent recentrées, nous continuons d’agir. Notre Fonds de Solidarité Logement, doté de 636 000 €, prévient les expulsions et soutient l’accès à un logement décent. Une charte avec les bailleurs sociaux favorise l’insertion des personnes handicapées et des jeunes sortants de l’aide sociale à l’enfance (ASE).

Face à l’austérité et à la stigmatisation, notre conviction demeure : c’est par la coopération entre l’État, le département et les communes que nous pourrons redonner à chacun le droit fondamental à un toit.

SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.