PARIS : Tribune – Où est le budget pour moderniser la…
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PARIS : Tribune – Où est le budget pour moderniser la police ?
La tribune en exclusivité : « Où est le budget pour moderniser la police » ?
Par Jean-François Stievenard, expert sur l’armement et la modernisation de la police chez PYRESCOM.
Les Jeux Olympiques 2024 ont mis en lumière les problèmes d’organisation et de gestion de la sécurité publique en France. Même les effectifs en constante augmentation ne répondent pas aux problématiques actuelles : Jeux Olympiques, mouvements sociaux récurrents… Le sujet ne porte pas sur le nombre d’agents : policiers ou gendarmes, mais bien sur leur organisation. Le principe est simple : s’ils peuvent déléguer ou automatiser certaines tâches récurrentes, alors ils libèrent un temps considérable pour s’attaquer aux problèmes plus complexes.
Quel budget pour 2024 ?
En 2024, le budget de la police augmente de 5%, soit un peu plus d’un milliard d’euros. Une bonne nouvelle pour les forces de l’ordre ? Oui… et non ! L’essentiel de ce budget est destiné faire croître les effectifs de la police (avec 2 184 recrutements prévus, contre 2 857 en 2023), sacrifiant par la même occasion le budget alloué au fonctionnement et aux investissements (notamment immobiliers). Le sénateur LR André Reichardt regrette d’ailleurs une absence de mutualisations entre police et gendarmerie sur différents aspects, dont l’aspect logiciel.
Cette répartition du budget montre bien une incompréhension des besoins sur le terrain de la part du pouvoir législatif. La hausse des effectifs est un objectif louable, mais les conditions de travail sont encore trop oubliées.
Un grand besoin de modernité !
De plus en plus d’agents aide les forces de l’ordre. Mais qu’en est-il des moyens qui leur sont donnés ?
Prenons l’exemple de la gestion et supervision des armureries.
Pour garantir la traçabilité des armes, les agents doivent systématique renseigner un registre qui doit être disponible et accessible à tout moment. Ce dernier doit également être signé « par un représentant de la hiérarchie et l’agent concerné, lors de toute opération de dépôt ou de retrait » (Instruction relative à l’arme individuelle ou de service DPN-1.9.3 du 9 mars 2017). Tout action de dépôt ou de perception des armes demande donc la présence de deux agents.
De plus, le registre est encore souvent sous forme de simple carnet. Il n’est donc pas infaillible. Comment garantir la traçabilité des armes avec un système incertain ?
La perception des armes, et leur dépôt, sont des actions qui peuvent, et qui doivent, être automatisées.
La dématérialisation au service de la sécurité publique
La dématérialisation est un sujet pris au sérieux par toutes les entreprises depuis des années déjà. Il est temps de s’y mettre pour la sécurité publique.
Pourquoi ? Reprenons l’exemple des armureries. Un registre dématérialisé, accessible en ligne à tout moment, par tout agent, enregistrant les horaires précis de perception et de dépôt des armes, avec des casiers adaptés, garantirait vraiment la traçabilité des armes.
Des solutions existent déjà, encore doivent-elles être adoptées. Il est temps de revoir les budgets, et leur répartition, pour permettre aux forces de l’ordre de travailler efficacement, dans des conditions dignes de la police et de la gendarmerie françaises de 2024.


