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PARIS : Travail, comment réagir face au harcèlement sexuel

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Floriane Dumont
11 Jan 2024

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PARIS : Travail, comment réagir face au harcèlement sexuel

Le chiffre est alarmant : selon une enquête de l’Ifop, 55 % des Françaises ont déjà été confrontées à une situation de harcèlement sexuel au travail*.

Sensibiliser, en parler et surtout agir très rapidement sont les principales pistes pour lutter contre ce fléau.

Je suis victime de harcèlement sexuel au travail, que faire ? « Il faut d’abord en parler à son manager. Et s’il ne fait rien, il faut aller voir le service des ressources humaines ou le référent harcèlement », conseille Camy Puech, président fondateur de Qualisocial, cabinet spécialisé dans le bien-être au travail. Si rien ne se passe en interne, les victimes de harcèlement sexuel peuvent aller voir les représentants du personnel, les partenaires sociaux, l’inspection du travail ou le défenseur des droits. Le manager risque des poursuites pénales s’il n’agit pas en cas de signalement. Pour que les choses changent, l’objectif est avant tout de libérer la parole. « Il faut pouvoir en discuter de manière libérée au sein de l’entreprise pour que les victimes parviennent à en parler : amener le sujet et échanger avec ses collègues, mettre le débat sur la table, cela permet d’enlever le tabou et les nondits autour du harcèlement sexuel », explique-t-il. L’impact sur la victime ne doit pas être minimisé : « Des blagues sexistes, des allusions sur la vie sexuelle, tout ce qui peut nuire à votre travail et qui se répète doit être signalé. » Des plateformes dédiées comme En Avant Toutes ou STOPMarcel peuvent également vous permettre de parler de manière anonyme.

Un changement culturel est essentiel

Renverser le rapport de force en condamnant les personnes au licenciement est essentiel : tolérance zéro ! De grandes campagnes de sensibilisation sont à mener pour expliquer que cette attitude est susceptible d’être condamnée : « Soit les personnes prendront conscience que leurs agissements ne sont pas acceptables, soit elles auront peur de se faire licencier », affirme Camy Puech.

« Il faut former les directions sur ce sujet »

« Il est important de prendre soin de l’humain au travail et d’avoir un regard attentif sur ses employés », poursuit Camy Puech. Pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, faire de la sensibilisation afin d’amener vers un changement culturel sur ce sujet est essentiel. « Accompagner les directions, les responsables, est la principale action : il faut les former à intervenir, à mener des enquêtes sur les faits et à accompagner les employés par la suite », souligne l’expert. Ce processus peut aider les victimes à parler, selon une enquête de l’Ipsos en partenariat avec Qualisocial en 2022 : 59 % des personnes interrogées considèrent que leur dirigeant réagit de manière adéquate face au harcèlement lorsqu’il est informé de la situation.

Alice Boucher

Étude de 2019 réalisée par l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation européenne d’études progressistes.

SOURCE : La Newsletter de votre Caf n°114 – Janvier 2024