
PARIS : Tourisme – L’ombre de Donald Trump fait chuter l’attractivité des États-Unis
Une nouvelle étude Ifop confirme que le climat politique américain et la personnalité du président dissuadent désormais près de la moitié des Français de voyager outre-Atlantique.
C’est un véritable désamour qui s’installe entre la France et les États-Unis. Alors que les indicateurs économiques signalaient déjà un ralentissement des flux touristiques européens vers le continent nord-américain en ce début d’année 2026, les causes de ce « grand refroidissement » semblent désormais clairement identifiées. Selon une enquête menée par l’Ifop pour le guide de voyage Partir à New York (https://www.partir-a-new-york.com/presse/etats-unis-tourisme-trump-au-coeur-du-malaise), la situation politique intérieure des États-Unis agit comme un véritable repoussoir pour les voyageurs hexagonaux.
Le politique, nouveau frein au tourisme
Les résultats du sondage dessinent une tendance lourde : près d’un Français sur deux (46 %) affirme ne pas souhaiter voyager aux États-Unis. Si les contraintes budgétaires ou la distance peuvent traditionnellement expliquer une partie de cette réticence, un nouveau facteur s’impose avec force. Parmi les réfractaires au voyage, 59 % déclarent explicitement que la politique menée par Donald Trump pèse dans leur décision.
Ce constat vient corroborer les récentes analyses du secteur, notamment celles relayées par Reuters et The Guardian en janvier et février 2026, qui soulignaient une baisse de la fréquentation étrangère. L’hésitation n’est plus seulement économique, elle est morale et sécuritaire. Le « rêve américain » semble marquer le pas face à une réalité perçue comme anxiogène depuis l’Europe.
Une image au plus bas depuis trente ans
Au-delà des simples intentions de voyage, c’est l’image globale de la première puissance mondiale qui s’effondre dans l’opinion publique française. L’étude révèle que la cote de sympathie des États-Unis a chuté à 22 % en 2026. Il s’agit du niveau le plus bas enregistré depuis trois décennies.
Le contraste est saisissant lorsqu’on compare ces chiffres à ceux de la période précédente. En 2010, sous la présidence de Barack Obama, 65 % des Français exprimaient de la sympathie pour le pays de l’Oncle Sam. La chute de 43 points en une quinzaine d’années illustre une rupture profonde du lien transatlantique, exacerbée par le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Un président jugé dangereux et agressif
Au cœur de ce malaise, la figure du président américain cristallise les critiques. L’enquête indique que 81 % des Français ont une mauvaise opinion de Donald Trump, un chiffre en hausse de deux points par rapport à 2025. Son socle de popularité en France est réduit à la portion congrue, avec seulement 19 % d’opinions favorables.
Les qualificatifs employés par les sondés sont sans appel et témoignent d’une inquiétude grandissante. Donald Trump est jugé « agressif » par 86 % des personnes interrogées et « dangereux » par 82 % d’entre elles. À l’inverse, sa crédibilité en tant que dirigeant est sévèrement remise en cause : ils ne sont que 23 % à le considérer comme « compétent » et à peine 18 % à le percevoir comme « proche des gens ». Cette défiance personnelle envers le chef de l’État rejaillit inévitablement sur l’attractivité de la destination.
Le rejet du « modèle » trumpiste en France
L’étude s’est également penchée sur la résonance du trumpisme dans la vie politique française. Là encore, le rejet est majoritaire. Interrogés sur l’opportunité pour les responsables politiques français de s’inspirer de Donald Trump, seuls 21 % des sondés se disent d’accord avec cette proposition.
Néanmoins, les Français identifient clairement les héritiers idéologiques du président américain dans le paysage national. Éric Zemmour est désigné comme la personnalité la plus proche de Donald Trump par 27 % des sondés, devançant Marine Le Pen (24 %) et Jordan Bardella (21 %). Il est toutefois notable qu’un Français sur cinq estime qu’aucune personnalité politique hexagonale ne peut être véritablement comparée au président américain, soulignant la singularité radicale de son positionnement.
*Méthodologie : Étude Ifop pour Partir à New York réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 15 au 16 janvier 2026 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.*


