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PARIS : Théâtre – « Lost in Vatican », la foi à l’épreuve du militantisme queer

La pièce « Lost in Vatican » raconte la rencontre d’une novice avec les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence et sera jouée à Paris en mai puis à Avignon.

Après un passage remarqué à L’Étoile du Nord et au Lavoir Moderne Parisien en début d’année, la pièce « Lost in Vatican », portée par la Compagnie Lesoeurs, poursuit sa tournée. Elle s’installera au Théâtre La Reine Blanche à Paris du 6 au 10 mai, avant de rejoindre le festival OFF d’Avignon à La Manufacture du 4 au 21 juillet. Mêlant docu-théâtre et fiction, le spectacle explore les thèmes du deuil, de l’engagement et de la foi à travers une rencontre improbable dans les années 1990.

L’histoire est celle de Christine, une jeune novice franciscaine de 19 ans. En 1990, alors qu’elle se trouve au Vatican pour mûrir ses vœux définitifs, elle est dévastée par le deuil de sa Mère Supérieure. Expulsée de sa communauté trois jours avant son engagement, elle erre dans Rome, perdue. Son chemin croise alors celui de deux religieuses atypiques qui se révèlent être des membres des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, un mouvement militant queer né à San Francisco en 1979. Embarquée à Paris, Christine découvre un univers où la foi rime avec tolérance, prévention contre le SIDA et extravagance.

Elle se retrouve face à un dilemme : Prononcer les vœux qui feront d’elle une sainte ou embrasser une nouvelle forme de dévotion, rebelle et joyeuse.

La genèse d’une fiction documentée

Le projet est né d’une rencontre visuelle des créatrices, Lilas Roy (texte) et Alice Etienne (mise en scène), lors d’une exposition au Mucem consacrée au VIH/sida. Une photographie des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence a été le déclencheur.

« Face à ce petit panneau d’exposition, nous sommes restées pantoises. Le réel, fou, pourtant peu connu, était devant nos yeux et nous avions envie de raconter une histoire », expliquent-elles.

Pour nourrir la création et garantir son authenticité, Alice Etienne a mené une immersion d’un an et demi au sein du Couvent de Paris des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence.

« Telle une postulante, je leur écris une lettre exposant mon projet et me vois vite convoquer à leur “chapitre” […] où, après un vote à mains levées, unanime, elles acceptent […] de me dévoiler leurs secrets », raconte la metteuse en scène.

Cette démarche documentaire a permis d’intégrer au spectacle une parole directe et vécue, notamment à travers un montage sonore du témoignage de Krypton, « garde-cuisse » des Sœurs du Couvent de Paris, qui évoque sa jeunesse, son rapport à la foi et les deuils de l’épidémie.

Pour l’autrice Lilas Roy, la pièce a permis de réconcilier des mondes en apparence opposés.

« J’ai tenté de mélanger les registres de langue telle une autrice profane, et par cet éclectisme, consacrer une ouverture d’esprit et une liberté de ton qui me paraissent… sacrées », confie-t-elle.

Un spectacle salué par la critique

La pièce a reçu un accueil critique enthousiaste, soulignant sa capacité à traiter de sujets graves avec humour et sensibilité.

Pour Olivier Frégaville-Gratian d’Amore (Coup d’Œil), « la pièce ne cherche pas à proposer un modèle [mais] rend compte d’une foi déplacée, d’une croyance en l’humain ».

Denis Sanglard, dans Un Fauteuil pour l’orchestre, salue « un rythme qui ne faiblit pas, une théâtralité assumée […] pour ne pas étouffer un sujet sensible ainsi mis à nu ».

Laurent Schteiner (Sur les Planches) évoque « un objet théâtral inattendu et haut en couleurs prenant à revers la morale de cette époque », tandis que David Season (Les Chroniques d’Alceste) juge salutaire « d’assister à un spectacle irrévérencieux de grande qualité » en ces « temps de régression ».

La critique unanime loue l’énergie des cinq comédiens (Clarisse Chatillon, Alice Etienne, Amélie Husson, Martin Nadal, Jeanne Ros) et la justesse d’une mise en scène qui fait de la joie une forme de résistance.

Informations pratiques

À Paris :

La pièce sera jouée au Théâtre La Reine Blanche (2 Bis passage Ruelle, 75018 Paris).

–   Mercredi 6, jeudi 7 et vendredi 8 mai 2026 à 21h.

–   Samedi 9 mai 2026 à 20h.

–   Dimanche 10 mai 2026 à 18h.

Informations et réservations : https://www.reineblanche.com

À Avignon :

Dans le cadre du Festival OFF, le spectacle sera à La Manufacture – L’Extra.

–   Du 4 au 21 juillet 2026, tous les jours à 13h25.

Informations : https://www.lamanufacture.org

La pièce est une production de la Compagnie Lesoeurs, en coproduction avec L’étoile du nord et soutenue par le réseau Les Triphasés (L’étoile du Nord, le Lavoir Moderne Parisien et le Théâtre de la Reine Blanche).