PARIS : Terra Nova – Ce que l’IA générative fai…
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PARIS : Terra Nova – Ce que l’IA générative fait à l’emploi
Le sommet de l’IA qui se réunit à Paris met en évidence la rapidité de l’adoption des outils d’intelligence artificielle et notamment de l’IA générative.
Plutôt que de céder à un alarmisme spéculatif, ce rapport examine des usages positifs de l’IA générative dans le monde du travail pour lutter contre l’exclusion, favoriser les parcours, faciliter les transitions et enrichir le contenu du travail.
Le développement de l’IA générative s’est imposé et accéléré depuis la mise à disposition publique en 2022 de ChatGPT3 (OpenAI-Microsoft)[1]. Depuis, le rythme de l’innovation se poursuit – encore récemment avec le lancement de nouveaux systèmes d’IA (o1-preview et o1-mini) – et se maintiendra probablement dans les années qui viennent, faisant de la décennie 2020–2030 une nouvelle séquence de bouleversement technologique intense.
L’IA Generative (ci-après “IA Gen”) se distingue des autres innovations récentes par la combinaison de quatre dimensions :
- Elle se base sur un langage proche du langage humain : pour l’usager, non seulement l’IA Gen ne nécessite aucune infrastructure spécifique, mais l’interface avec la machine se présente en langage naturel si bien que l’adoption de cet outil est facilitée pour de nombreux usages et dans de nombreux contextes. Pour bien l’utiliser, il faut bien sûr en comprendre les règles générales mais le bagage technique de base pour y accéder est minimal. C’est ce qui explique que son adoption via des chatbots comme ChatGPT ait été fulgurante même si, au départ, les usages qu’en faisaient les utilisateurs étaient et sont encore peu diversifiés.
- Elle touche potentiellement un très grand nombre de secteurs et d’usages. C’est une « general purpose technology » (technologies à usage général[2]) c’est-à-dire qu’à l’instar d’autres innovations passées (comme l’électricité, par exemple), elle n’est pas cantonnée à un domaine d’application exclusif. Ce n’est pas qu’une révolution technique dont la compréhension serait réservée aux ingénieurs et aux départements des systèmes d’information au sein des entreprises. C’est une révolution d’usage qui concerne potentiellement d’innombrables tâches dans de très nombreux secteurs (tâches rédactionnelles, computationnelles, documentaires, iconographiques, etc.).
- Elle peut créer des contenus à partir de données non structurées, à savoir des jeux de données qui ne sont pas stockées dans des bases de données structurées. Ce point est décisif car ces données sont souvent les plus nombreuses : on estime ainsi que seules 20% des données sont structurées en entreprise[3]. Cela démultiplie les possibilités d’usages nouveaux, en tirant parti de ressources jusqu’à présent difficiles à exploiter.
- Ses effets impactent des professions qualifiées alors que les précédentes ruptures technologiques, notamment l’automatisation, touchaient essentiellement les publics les moins qualifiés[4]. Les premières études montrent même que l’IA Gen permet de réduire les inégalités au profit des travailleurs les moins productifs.[5]


