Passer au contenu principal

PARIS : Succès des Aqua Business Days, le rendez-vous annue…

Partager :

PARIS : Succès des Aqua Business Days, le rendez-vous annuel des acteurs de la gestion de l’eau

Le projet Récolt’Ô lauréat 2024 des Trophées Innovation Aqua-Valley, projet porté par Makina Corpus, en partenariat avec le CSTB.

La 4ème édition des Aqua Business Days a rassemblé les 11 et 12 décembre 210 participants issus des secteurs public et privé. Acteurs économiques, de l’aménagement du territoire, de l’enseignement supérieur et de la recherche ont pu profiter de conférences d’experts, d’ateliers participatifs, de visites de sites… Des rencontres riches qui ont mobilisé la communauté des professionnels de l’eau autour de l’adaptation des secteurs de l’agriculture, du tourisme et de l’industrie au changement climatique.

« Cet événement confirme qu’il faut continuer à investir dans des démarches de planification concertées, éclairées par la science, et dans le déploiement de technologies de pilotage. La réutilisation et le recyclage de l’eau, et le développement des compétences, sont essentiels pour penser les stratégies d’adaptation au changement climatique et passer à l’action dans les territoires, résume Yvan Kedaj, Directeur général du Pôle Aqua-Valley. Le pôle de compétitivité Aqua-Valley rassemble avec Éa éco-entreprises les compétences pour relever ces défis particulièrement sensibles en régions Occitanie et Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur ».

Trophée Innovation Aqua-Valley : l’innovation collaborative mise à l’honneur

Aqua-Valley célèbre l’innovation et les synergies entre la recherche et les entreprises avec le Trophée Aqua-Valley. Cette distinction met en lumière des projets exemplaires portés par les adhérents du Pôle, illustrant les innovations au service de la gestion durable de l’eau. Cette année le Trophée a été attribué au projet Récolt’Ô porté par Makina Corpus, en partenariat avec le CSTB.

Récolt’Ô a pour objectif d’aider au déploiement de récupérateurs d’eau sur tout type de bâtiment. Récolt’Ô permet la détermination du volume de cuve adéquat, en fonction de prévisions de pluviométrie locale et des usages de l’eau de chacun, tout en apportant une estimation sans parti-pris des gains attendus.

Les autres projets nominés étaient :

  • le projet ELECTROTATE (un procédé innovant de traitement de l’eau) élaboré en partenariat avec le laboratoire GEPEA du CNRS;
  • le projet VigiNappe porté là aussi par Makina Corpus en partenariat avec le BRGM (application informant sur l’état de la ressource en eau souterraine).

L’évènement a bénéficié du soutien financier des Régions Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et Occitanie, de l’APEC, du Crédit Coopératif, de la Société du canal de Provence et de BRL Ingénierie.

« La Région Sud a toujours su s’adapter pour préserver la ressource en eau. Aujourd’hui, aux côtés de tous les acteurs de l’eau et avec la SCP, nous poursuivons nos efforts pour faire de la Région Sud un modèle en matière de gestion de l’eau ! Le Plan Or Bleu régional a pour objectif de préserver la ressource et de sécuriser l’accès à l’eau des territoires, notamment en développant les aménagements hydrauliques multi-usages du canal de Provence, garantissant ainsi leur résilience face au changement climatique » souligne Bénédicte Martin – Vice-présidente de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur en charge de l’agriculture, de la viticulture, de la ruralité et du terroir, et Présidente de la Société du Canal de Provence.

Retour sur les Aqua Business Days : l’eau face au changement climatique : tous concernés !

Eviter la guerre de l’eau : François Gemenne, auteur membre du GIEC, spécialiste reconnu de la géopolitique de l’environnement, professeur à HEC et Président du Conseil Scientifique de la Fondation pour la Nature et l’Homme a notamment insisté sur la nécessité de mettre en place des systèmes de gouvernance entre régions voire entre Etats. Se donner les moyens de faire des arbitrages justes entre les différents usages, sur la base d’une planification territoriale concertée, lui apparaît clé pour éviter de nouveaux conflits autour de l’eau.

S’appuyer sur des socles scientifiques solides : pour construire de telles démarches d’adaptation au changement climatique, encore faut-il pouvoir anticiper l’impact de l’évolution du climat sur l’hydrologie des bassins versants et la disponibilité de la ressource. C’est tout l’objet d’EXPLORE 2, qui dessine les futurs de l’eau en France hexagonale, en prenant appui sur les scénarios climatiques du GIEC. Les principaux résultats ont été présentés par Eric Sauquet, Directeur de recherche en hydrologie à INRAE et coordinateur scientifique de ce grand projet.

Décliner les projections dans les territoires pour une planification concertée. Pour mobiliser les acteurs locaux, anticiper les impacts socio-économiques et s’accorder sur des mesures de gestion, ces projections sont à traduire en termes opérationnels à l’échelle de leur territoire. La démarche C3PO, déployée au sein du bassin versant de la Durance et mise en exergue dans l’une des conférences techniques, est exemplaire. Sur la base de l’analyse de la vulnérabilité du territoire au changement climatique fournie par l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse – elle-même issue de la valorisation des résultats d’EXPLORE 2 – le syndicat mixte d’aménagement de la Vallée de la Durance a pu construire la maquette numérique C3PO. Au-delà de simuler le changement climatique, C3PO permet de modéliser différents scénarios, de tester et mettre en débat de manière effective des leviers d’adaptation. Il constitue donc un véritable outil d’aide à la décision publique mis à disposition des commissions locales de l’eau. Interventions de Christian Doddoli – Directeur SMAVD, Syndicat Mixte d’Aménagement de la Vallée de la Durance – et Thomas Pelte, Chef du service Ressources en eau, milieux et fleuve Rhône – Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse.

Piloter la ressource grâce notamment aux données satellitaires et à l’intelligence artificielle.

Des solutions permettent déjà d’optimiser nos usages actuels et de générer des économies à court terme. Le déploiement de capteurs connectés, bien qu’efficace pour cela, peut être coûteux ou très difficile dans certains territoires ou régions du monde. Heureusement, la couverture et la résolution des données satellitaires progressent.  Différents cas d’usage présentés ont permis d’illustrer leurs apports : pour mesurer les variations de débits en temps réel en Amazonie (via des données d’altimétrie spatiale couplées à des modèles hydrologiques) ; ou pour appréhender la qualité d’eaux superficielles (via de l’analyse d’images par intelligence artificielle) en Thaïlande par exemple. Interventions de Stéphane Delichère, Ingénieur hydrologue en charge du développement de systèmes d’information sur l’eau chez BRL Ingénierie et Patrick Lachassagne, Directeur de l’UMR HydroSciences Montpellier (IRD, CNRS, Université de Montpellier).

Recycler l’eau, là où cela est possible. En complément d’actions de sobriété et d’optimisation, la réutilisation des eaux usées traitées (REUT) est apparue comme l’un des leviers à actionner pour répondre à l’enjeu de rareté de la ressource en eau. La région Sud présente un fort potentiel de REUT comme en témoigne une première analyse basée sur 700 stations de traitement réalisée dans le cadre du programme REUT’O’SUD (cartographie interactive disponible en ligne). Les Aqua Business Days ont offert l’occasion aux partenaires de ce programme (SCP et Aix Marseille Université, soutenus par la région) de lancer un appel à manifestation d’intérêt pour la création de 3 living labs. Des dispositifs de recherche-action interdisciplinaire à l’interface science-politique-société pour mieux appréhender sur le terrain les freins et les opportunités de la REUT en fonction des usages (agricoles, urbains, espaces verts et pelouses sportives). L’ambition : apporter des réponses opérationnelles via cette approche territorialisée et concertée.

Barbara Howes, Responsable de l’activité REUT à la SCP, Cheffe de projet REUT’O’SUD : « C’est par le dialogue entre les différentes parties prenantes rassemblées sur un territoire et autour de projets concrets qu’on pourra assurer une réutilisation des eaux usées traitées là où c’est opportun pour une gestion plus durable de la ressource ».

Sensibiliser et former. La transition écologique conduit à de fortes évolutions du marché de l’emploi et des pratiques professionnelles. Comme le démontre une récente étude de l’APEC, dont les principaux résultats ont été discutés lors des Aqua Business Days, la dynamique de verdissement des métiers cadres est engagée. De nombreux métiers à finalité environnementale participent déjà à cette transition. En 2022, ils couvrent 25 500 emplois cadres du secteur privé, soit  1 % de l’effectif cadre. Ces cadres sont surtout présents dans les secteurs énergies-eau (56 %). Si l’on a besoin d’experts, beaucoup reste à faire pour que les questions de l’eau ne soient pas qu’une affaire de spécialistes. Intervention de Sébastien Thernisien, responsable du pôle Valorisation des données – APEC

Favoriser l’émergence de collaborations. En sus de 150 rendez-vous BtoB, des ateliers interactifs ont permis aux participants d’esquisser ensemble des solutions concrètes aux problématiques exposées par INRAE (Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), la Plateforme industrielle et d’innovation du Caban-Tonkin (PIICTO by Marseille Fos), Provence Tourisme et le Communauté de Communes du Vallespir. Ces ateliers ont offert aux professionnels (collectivités, entreprises, scientifiques) l’opportunité de partager leurs expertises, d’échanger des idées et d’élaborer des pistes d’action pour répondre aux défis liés à l’eau dans le secteur agricole, de l’industrie et du tourisme. Deux circuits de visites sur le terrain ont complété jeudi 12 décembre la richesse du programme par la découverte de 6 sites régionaux et réalisations emblématiques des adhérents du Pôle.

Pour redécouvrir le programme détaillé et tous les intervenants (avec mini bio et photos) : https://aqua-business-days.com/