PARIS : Streaming – Les boîtiers pirates, une promess…
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PARIS : Streaming – Les boîtiers pirates, une promesse alléchante aux risques bien réels
Des dispositifs promettant un accès illimité aux chaînes TV pour un paiement unique se multiplient, mais ils cachent de nombreux dangers.
« Oubliez les abonnements TV coûteux », « Accédez à des milliers de chaînes avec un seul appareil ». Ces slogans publicitaires, qui prolifèrent sur les réseaux sociaux et dans les boîtes de réception, vantent les mérites de clés USB ou de petits boîtiers à brancher sur son téléviseur. La promesse est séduisante : pour quelques dizaines d’euros payés une seule fois, l’utilisateur se verrait offrir l’accès à la totalité des bouquets payants, chaînes sportives, plateformes de streaming et films récents. Une offre qui semble trop belle pour être vraie, et qui, dans les faits, expose les consommateurs à des risques juridiques, techniques et financiers considérables.
Le mirage de l’accès total
Le principe de ces dispositifs, souvent appelés boîtiers IPTV (Internet Protocol Television), repose sur le détournement de flux télévisuels diffusés sur Internet. En apparence, l’expérience utilisateur est simple et efficace. Une fois le boîtier connecté, une interface donne accès à un catalogue quasi infini de contenus, sans avoir à souscrire aux multiples abonnements légaux dont le coût cumulé peut rapidement devenir exorbitant. C’est précisément sur cette fragmentation de l’offre légale que prospèrent ces solutions pirates, en proposant une centralisation illicite mais attractive. Pour de nombreux consommateurs, lassés de jongler entre les différents services, la tentation est grande de céder à cette facilité apparente.
Une technologie en zone grise juridique
Si l’achat du boîtier en lui-même n’est pas toujours illégal, son utilisation pour accéder à des contenus protégés par le droit d’auteur sans autorisation l’est formellement. Le visionnage de flux pirates est une infraction de contrefaçon. Les utilisateurs, souvent mal informés, s’exposent à des sanctions pénales, notamment des amendes. En France, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) intensifie la lutte contre ces réseaux. Au-delà des risques pour le consommateur, c’est toute la filière de la création audiovisuelle et du sport qui est fragilisée par le manque à gagner colossal engendré par ce piratage à grande échelle.
Des risques concrets pour le consommateur
Outre l’aspect juridique, les dangers pour l’acquéreur sont nombreux et souvent ignorés. La première déconvenue est technique : la qualité de service est extrêmement aléatoire. Coupures fréquentes, qualité d’image médiocre, décalages sonores et indisponibilité lors des grands événements sportifs sont le lot commun de ces offres. Surtout, aucune garantie n’est offerte. Le service peut être interrompu du jour au lendemain, sans aucun recours possible pour le client.
Plus grave encore, ces boîtiers connectés à Internet constituent une porte d’entrée béante pour les cybercriminels. Dépourvus des mises à jour de sécurité indispensables, ils peuvent être facilement infectés par des logiciels malveillants conçus pour espionner l’ensemble du réseau domestique, voler des données personnelles, des mots de passe ou des coordonnées bancaires. En pensant faire une économie, le consommateur prend le risque de compromettre la sécurité de toutes ses informations sensibles. Face à ces menaces, la plus grande prudence est donc de mise face à des offres qui promettent l’impossible.