PARIS : Stationnement résidentiel – Une étude révèle…
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PARIS : Stationnement résidentiel – Une étude révèle un potentiel de 178 M€ pour la Ville
Une étude du bureau de recherche 6t révèle qu’aligner le prix du stationnement résidentiel sur celui des parkings générerait 178 M€ par an.
À l’approche des élections municipales à Paris, le stationnement résidentiel s’invite dans le débat public. Souvent perçu comme un sujet technique ou conflictuel, il pourrait en réalité constituer un levier stratégique majeur pour les finances de la capitale. C’est la conclusion d’une étude indépendante publiée en janvier 2026 par le cabinet spécialisé 6t-bureau de recherche, qui met en lumière un potentiel budgétaire de près de 178 millions d’euros par an, sans augmentation d’impôts ni endettement.
Un système jugé inéquitable et dépassé
L’analyse de 6t dresse un constat sans appel sur le système actuel, jugé incohérent avec les réalités de la vie parisienne. Alors que près de 70 % des ménages de la capitale ne possèdent pas de voiture, les véhicules des résidents occupent en permanence 55 % des places de stationnement en voirie. Or, cette occupation massive de l’espace public ne représente que 6 % des recettes du stationnement payant, soit environ 26 millions d’euros sur un total de plus de 400 millions. Cette situation est l’héritage d’un modèle où la voiture individuelle était centrale. Aujourd’hui, les données montrent que pour la minorité de Parisiens motorisés, l’usage de leur véhicule est devenu très majoritairement occasionnel. L’étude qualifie ainsi le tarif résidentiel actuel (environ 45 € par an plus 1,50 € par jour) de « privilège invisible », financé indirectement par l’ensemble des contribuables, y compris la large majorité non motorisée.
Un levier budgétaire de 178 millions d’euros
La proposition centrale de l’étude est d’aligner la tarification du stationnement résidentiel en voirie sur le coût de référence du stationnement de longue durée, observé dans les parkings en ouvrage, soit environ 155 € par mois. Selon les simulations du cabinet, cette revalorisation permettrait de dégager entre 85 et 178 millions d’euros de recettes supplémentaires annuelles. Ces nouvelles ressources pourraient être directement allouées à l’amélioration des services du quotidien, suivant un principe clair : « l’usage de l’espace public peut et doit contribuer directement à financer son amélioration ». À titre d’exemple, un gain de 178 M€ correspondrait au financement annuel de près de 4 000 policiers municipaux, de 4 000 agents de propreté supplémentaires, ou encore à la rénovation de 4 000 logements. Il s’agirait donc d’un levier budgétaire structurant pour répondre aux priorités des Parisiens en matière de sécurité, de propreté et de logement.
Une question de justice sociale
Contrairement aux idées reçues, l’étude soutient que cette réforme ne serait pas antisociale mais corrigerait une « iniquité structurelle ». Les chiffres indiquent que la possession d’une voiture à Paris est le fait d’une minorité de ménages en moyenne plus aisés. Seuls 5 % des ménages motorisés appartiennent au premier quartile de revenus, c’est-à-dire aux plus modestes. Pour les rares situations de contrainte avérée (horaires décalés, métiers essentiels, difficultés d’accessibilité), le rapport préconise la mise en place d’une tarification sociale ciblée, sans pour autant maintenir un système de masse qui bénéficie de manière indifférenciée à une population majoritairement favorisée.
Libérer l’espace et optimiser l’existant
Au-delà de l’aspect financier, la revalorisation du stationnement résidentiel vise à libérer des places en surface pour les usages jugés essentiels : clients des commerces, livraisons, professionnels ou visiteurs. Cette mesure ne réduirait pas l’offre globale de stationnement, mais encouragerait un « rééquilibrage progressif » vers les parkings en ouvrage. L’étude rappelle en effet que Paris dispose d’une offre importante et sous-utilisée de 521 000 places en parkings souterrains (publics et privés), conçus spécifiquement pour le stationnement de longue durée et capables d’absorber une partie de la demande actuelle en voirie.
Le cabinet 6t-bureau de recherche (https://www.6-t.co/), spécialiste des enjeux de mobilité et des modes de vie, entend ainsi fournir aux candidats des données objectives sur un levier d’action publique souvent caricaturé mais potentiellement décisif pour l’avenir de la capitale.
La synthèse de l’étude est disponible en téléchargement (https://drive.google.com/file/d/1_IUGnAfsDPwLgXAY9I9n1X_WmEV1Q7__/view?usp=drive_link) ainsi que le rapport complet (https://drive.google.com/file/d/1XV3ZDJhe0wKukahKJu-c4OFyncmF-hXk/view).
via Press Agence.