PARIS : Souveraineté – Annick Girardin défend le ciel…
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PARIS : Souveraineté – Annick Girardin défend le ciel de Saint-Pierre-et-Miquelon face aux appétits canadiens
La sénatrice Annick Girardin s’oppose fermement à tout transfert du contrôle aérien de Saint-Pierre-et-Miquelon au Canada, y voyant une menace directe pour la souveraineté française dans une zone stratégique.
C’est une alerte solennelle lancée ce jeudi depuis le Palais du Luxembourg. Annick Girardin, sénatrice (RDSE) de Saint-Pierre-et-Miquelon et vice-présidente de la délégation sénatoriale aux outre-mer, interpelle le gouvernement sur un dossier sensible touchant à l’intégrité territoriale de l’archipel. Selon les informations rapportées par l’élue, un projet serait à l’étude pour confier à un organisme canadien le contrôle de la zone d’approche de l’espace aérien de l’archipel, spécifiquement pour la tranche située en dessous de 6 000 pieds.
Si ces modifications sont présentées pour des motifs « techniques et administratifs », l’ancienne ministre y voit un signal politique désastreux. « Une telle évolution serait vécue sur place comme un abandon manifeste et enverrait, sur la scène internationale, le signal incompréhensible d’un renoncement de la France à l’exercice plein de ses droits souverains dans la zone », prévient la sénatrice dans un communiqué diffusé ce matin.
Un enjeu géopolitique majeur
Au-delà de la gestion du trafic aérien, c’est la position de la France dans l’Atlantique Nord qui est en jeu. Annick Girardin rappelle que Saint-Pierre-et-Miquelon constitue un territoire français associé à l’Union européenne, idéalement placé sur la route de l’Arctique. Dans un contexte international tendu, marqué par ce qu’elle qualifie de « retour assumé des impérialismes », l’affaiblissement de la présence française apparaîtrait comme un « contresens politique et stratégique ».
Cette potentielle cession de compétence inquiète d’autant plus qu’elle survient alors que le dossier français d’extension du plateau continental au large de l’archipel est toujours examiné par les Nations unies. Pour l’élue, céder sur le contrôle aérien fragiliserait inévitablement la position de Paris dans ces négociations cruciales pour l’avenir économique et maritime du territoire. Elle souligne qu’aucun gouvernement, « du général de Gaulle à François Hollande », n’a jamais accepté de remettre en cause cette souveraineté.
L’alternative d’une alliance avec le Groenland
Face à ce qu’elle considère comme une dérive, Annick Girardin exhorte l’exécutif à « rester droit dans ses bottes » et à stopper toute démarche de dévolution vers un État tiers. Plutôt que de s’effacer au profit du Canada, la sénatrice propose une contre-offensive diplomatique : engager une initiative politique forte avec le Danemark et le Groenland.
L’objectif serait de conclure un accord de coopération intégrant pleinement Saint-Pierre-et-Miquelon, afin de consolider l’axe européen dans l’espace arctique et subarctique. « Comment prétendre défendre notre influence diplomatique, notre crédibilité stratégique et notre engagement auprès de nos alliés si nous ne sommes pas en mesure de protéger nos propres territoires et leurs intérêts ? », interroge-t-elle, appelant le Président de la République à adopter une stratégie claire face aux « provocations » de certains dirigeants internationaux.