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PARIS : Sophie RICHARD : « Le viager répond à une double réalité économique »

L’Observatoire Viagimmo 2025 révèle un marché du viager de 1,5 Md€, porté par les seniors et les actifs, avec 45% des ventes dans le Sud-Est.

Le viager sort progressivement de son statut de marché de niche pour s’affirmer comme un outil patrimonial majeur. Selon les données de l’Observatoire Viagimmo 2025, ce segment représente désormais en France environ 5 500 transactions annuelles, pour un volume d’affaires estimé à 1,5 milliard d’euros. Dans un contexte économique marqué par les tensions sur le pouvoir d’achat, l’allongement de la durée de la retraite et un accès au crédit immobilier plus restrictif, le viager s’impose comme une solution structurante pour les vendeurs comme pour les acquéreurs.

Le Sud-Est, moteur d’un marché dominé par le viager occupé

Le marché reste très majoritairement porté par le viager occupé, qui concentre 65 % des transactions, loin devant le viager libre (14 %), la vente en nue-propriété avec usufruit (11 %) et la vente à terme occupée (10 %). « Le viager occupé reste la formule la plus développée. Cette répartition traduit un enjeu central pour les vendeurs : monétiser une partie de leur patrimoine immobilier tout en conservant l’usage de leur logement », observe Sophie Richard, fondatrice de Viagimmo.

Géographiquement, le marché fait preuve d’un fort ancrage territorial, avec une concentration notable des ventes dans le Sud-Est, qui totalise 45 % du marché national, un chiffre en hausse de 14 % par rapport à 2024. Le Nord-Est suit loin derrière avec 17 %. Les paramètres financiers sont cohérents avec ces logiques. La rente mensuelle moyenne s’établit à 622 euros en viager occupé, contre 1 207 euros pour un viager libre. Le bouquet (capital initial versé) atteint en moyenne 61 668 euros en occupé et 65 064 euros en libre. La nue-propriété, privilégiant une logique de capitalisation immédiate, affiche un montant moyen bien plus élevé, à 148 683 euros. Les biens concernés sont majoritairement des maisons et des appartements de valeur accessible, avec une valeur vénale moyenne de 276 000 euros ; seuls 11 % des biens dépassent 500 000 euros.

Vendeurs : des seniors en quête de revenus complémentaires

« Du côté des vendeurs, les données 2025 dessinent un profil très lié aux enjeux de retraite et d’autonomie », souligne Sophie Richard.

La majorité des crédirentiers se situe dans la tranche d’âge des 76 à 85 ans. Alors que 76 % des plus de 75 ans sont propriétaires de leur résidence principale, le viager constitue une réponse directe à la baisse des revenus. Les motivations sont claires : l’augmentation des revenus est la priorité pour 64 % d’entre eux (en hausse de 13 %), suivie par le souhait de maintien à domicile (20 %) et la protection de la famille (16 %). Le profil type du vendeur est une personne seule (64 %, contre 36 % en couple, un chiffre en hausse de 7 %) et sans enfant (58 %).

Acquéreurs : les 35-50 ans investissent pour l’avenir

L’Observatoire Viagimmo 2025 met en lumière une évolution significative du profil des acquéreurs. Le cœur du marché est désormais constitué d’actifs âgés de 35 à 50 ans (59 % d’hommes, 41 % de femmes), qui représentent plus de la moitié des acheteurs, loin devant les plus de 60 ans (9 %). Ce basculement générationnel démontre que le viager est de plus en plus perçu comme un levier de constitution de patrimoine à long terme, dans un marché immobilier devenu difficile d’accès. Leur motivation principale est la construction d’un patrimoine à moindre coût (32 %), devant la perspective d’un investissement locatif (22 %), l’anticipation de l’achat d’une future résidence principale (21 %), la préparation de la retraite (13 %) et enfin l’acquisition d’une résidence secondaire (12 %). Les achats se font aussi bien seul (45 %) qu’en couple (44 %), tandis que 11 % des acquisitions sont réalisées via une SCI ou une autre forme de société.

« Le viager répond aujourd’hui à une double réalité économique : des seniors qui recherchent des revenus complémentaires sécurisés et des acquéreurs qui anticipent la constitution de leur patrimoine dans un marché immobilier de plus en plus contraint », conclut Sophie Richard.

Le dispositif s’inscrit ainsi pleinement dans des stratégies patrimoniales réfléchies et structurées. L’étude précise que l’Observatoire repose sur une analyse approfondie des données collectées au sein du réseau Viagimmo en 2025, enrichie par une comparaison avec les tendances observées depuis 2017.

via Press Agence.