PARIS : Solal BOTBOL : « Le sodium va rendre le véhicule él…
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PARIS : Solal BOTBOL : « Le sodium va rendre le véhicule électrique accessible à tous »
L’expert Solal Botbol décrypte la révolution des batteries au sodium qui promet de démocratiser la voiture électrique dès 2027 en Europe.
Alors que la mobilité électrique entre dans une phase d’adoption de masse, une rupture technologique majeure se profile avec l’industrialisation des batteries au sodium-ion. Longtemps simple alternative théorique, cette technologie, portée par le géant chinois CATL, promet de réduire les coûts, d’améliorer la sécurité et de fiabiliser les performances des véhicules électriques, notamment en conditions hivernales. Solal Botbol, cofondateur et PDG de la startup française Beev, leader du leasing de véhicules électriques, analyse cette mutation qui pourrait redéfinir l’équation économique du secteur et accélérer sa démocratisation.
Une ressource abondante et économique
Le principe de la batterie au sodium est similaire à celui de sa cousine au lithium-ion, mais il repose sur un changement d’élément fondamental. « Le fonctionnement reste celui que l’on connaît déjà avec le lithium-ion : des ions qui circulent entre deux électrodes pour stocker et restituer l’énergie. Mais ici, on change un élément clé : le lithium est remplacé par le sodium, un élément chimique tout simplement issu du sel », explique Solal Botbol. Cette différence est capitale : le sel est une ressource extrêmement abondante, déjà exploitée mondialement et bien moins chère que le lithium. La matière première d’une batterie au sodium est ainsi trois à cinq fois moins coûteuse, ouvrant la voie à une production à grande échelle et à une réduction significative du prix final des véhicules.
Un complément idéal au lithium pour la mobilité urbaine
Si le sodium ne vise pas à remplacer immédiatement le lithium sur tous les segments, il s’impose comme une solution particulièrement pertinente pour certains usages. Avec une densité énergétique aujourd’hui inférieure d’environ 30 % à celle du lithium, la technologie au sodium est idéale pour les véhicules à vocation urbaine. « C’est précisément ce compromis qui en fait une solution idéale pour la mobilité urbaine de type petite citadine ou utilitaire léger. Autrement dit, le sodium ne remplace pas dès à présent le lithium, il vient plutôt le compléter là où c’est le plus pertinent », précise le PDG de Beev. Avec une autonomie de 300 à 400 kilomètres pour une citadine, ces batteries couvrent largement les besoins quotidiens, 90 % des trajets en France n’excédant pas 50 kilomètres.
Fiabilité, sécurité et recharge rapide
Les performances des batteries au sodium s’avèrent très rassurantes pour les futurs utilisateurs. La recharge rapide permet d’atteindre 80 % de capacité en 15 à 20 minutes, soit un niveau comparable aux meilleures technologies lithium actuelles. Mais c’est sur la durabilité et la fiabilité que le sodium se démarque. Il supporte des milliers de cycles de charge rapide sans dégradation notable et, surtout, il conserve ses performances par grand froid, avec une perte d’autonomie limitée à 10 % contre jusqu’à 30 % pour le lithium. La sécurité est également un atout majeur, avec un risque d’incendie quasi nul grâce à une bien meilleure stabilité chimique. Pour le conducteur, la transition sera transparente : « Les standards de recharge restent les mêmes, Type 2 et CCS […] C’est une évolution de la batterie, pas de l’écosystème », assure Solal Botbol.
Vers des véhicules électriques sous les 20 000 euros
L’impact économique de cette technologie est sans doute son principal attrait. La batterie représentant 30 à 40 % du prix d’un véhicule, une baisse de son coût de 20 à 30 % grâce au sodium pourrait se traduire par une économie de 2 000 à 4 000 euros sur une citadine. Cet avantage rend enfin réaliste la perspective de commercialiser des voitures électriques neuves sous la barre des 20 000 euros, hors aides gouvernementales. Pour les flottes d’entreprises, le gain est direct, avec une économie estimée de 10 à 15 % sur le loyer mensuel d’un utilitaire léger. « À l’échelle d’une flotte de 100 véhicules, on parle déjà de 60 000 euros récupérés chaque année », chiffre l’expert.
Un calendrier de déploiement précis
L’arrivée de cette technologie n’est plus une simple projection. Le leader mondial CATL a officialisé lors du Salon de Pékin début mai le lancement de la production en série de sa batterie Naxtra dès 2026. Les premiers véhicules équipés, notamment des marques chinoises comme BYD ou Chery, sont attendus sur leurs routes fin 2026 ou début 2027. L’Europe et la France devraient voir arriver ces premiers modèles entre 2027 et 2028. Les constructeurs européens, qui accusent un retard sur cette technologie, visent une industrialisation au plus tôt en 2028. Pour les professionnels, les premières commandes d’utilitaires importés pourraient être passées courant 2027, avant une offre européenne plus massive à partir de 2028.
Cette analyse est proposée par Beev, une entreprise française fondée en 2020 qui accompagne professionnels et particuliers dans leur transition vers la mobilité électrique. La société propose une offre intégrée de leasing, d’installation de bornes de recharge et de gestion de flottes. Beev a accompagné plus de 5 000 clients et a reçu le label Greentech Innovation. Plus d’informations sont disponibles sur son site : https://www.beev.co/

