PARIS : Solal BOTBOL : « Le passeport batterie est un gage…
Partager :
PARIS : Solal BOTBOL : « Le passeport batterie est un gage de transparence et de confiance »
À un an exact de son entrée en vigueur obligatoire dans l’Union européenne, le passeport batterie numérique s’apprête à transformer le marché du véhicule électrique en certifiant l’origine et la santé des composants.
Le compte à rebours est lancé. Au 1er février 2027, une petite révolution numérique s’imposera à l’industrie automobile européenne : l’obligation du passeport batterie. Ce dispositif, issu du règlement européen UE 2023/1542, concernera toutes les batteries de plus de 2 kWh, incluant voitures, utilitaires, et même les deux-roues électriques. L’objectif est clair : instaurer une traçabilité sans faille dans une filière en plein essor, mais dont l’opacité inquiète encore les consommateurs.
Solal Botbol, PDG de Beev (https://www.beev.co/), plateforme spécialisée dans le leasing et la transition électrique, analyse cette échéance majeure pour le secteur.
Une carte d’identité numérique infalsifiable.
Concrètement, ce passeport prendra la forme d’un QR code apposé sur chaque batterie, donnant accès à une base de données standardisée. Fini le flou artistique sur la provenance du cobalt ou l’état réel des cellules. « Le passeport batterie, c’est un document numérique qui permet de suivre toute la vie d’une batterie de voiture électrique. Il renseigne sur l’état de santé de la batterie, l’empreinte carbone de sa fabrication, et l’éventuelle utilisation de matières renouvelables », explique Solal Botbol.
Ce certificat numérique ne se contente pas de lister les composants ; il détaille le cycle de vie complet. « Il indique les possibilités de réparation, de réutilisation ou de démontage. Enfin, il détaille les processus de recyclage et de valorisation en fin de vie », précise l’expert.
Sécuriser le marché de l’occasion.
L’impact le plus tangible concernera sans doute le grand public, notamment sur le marché de la seconde main. La crainte d’acheter un véhicule électrique d’occasion dont la batterie serait en fin de vie constitue aujourd’hui un frein majeur. Le passeport batterie viendra lever ces doutes en fournissant des données certifiées sur le SOH (State of Health) et le SOC (State of Charge).
« Pour les consommateurs, c’est un gage de transparence et de confiance puisqu’ils connaîtront exactement le type de batterie qui accompagne leur équipement, son état de santé ainsi que son impact écologique », souligne le cofondateur de Beev. Cette transparence vise aussi à assainir le marché en prévenant les fraudes, empêchant ainsi que des batteries usées soient maquillées en modèles neufs.
Un défi logistique et technique pour les entreprises.
Si les particuliers y gagnent en sérénité, les professionnels doivent se préparer à une mise à niveau technique d’ici février 2027. Les gestionnaires de flotte et les acteurs du leasing devront intégrer ces nouvelles données pour affiner la maintenance prédictive et la valeur de revente des véhicules.
« Cela impliquera de la formation et des montées en compétence […] Les techniciens vont devoir apprendre à interpréter les données du BMS, les équipes achats et RSE à suivre la traçabilité et l’empreinte carbone », prévient Solal Botbol.
Cette réglementation remplace une directive de 2006 devenue obsolète et s’inscrit dans une volonté européenne de maîtriser les matériaux stratégiques. Depuis août 2025, des éco-organismes interviennent déjà pour structurer la filière du recyclage, préparant le terrain à ce passeport qui deviendra, dans douze mois, la norme incontournable de la mobilité durable.