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PARIS : Société – Une majorité de Français favorable à l’interdiction des Frères musulmans

Une nouvelle enquête Ifop-EDV révèle que 53 % de la population soutient désormais le bannissement des organisations liées à la confrérie islamiste en France.

La question de l’influence et de la légalité des Frères musulmans en Occident revient avec insistance dans le débat public. Selon un récent sondage réalisé par l’Ifop pour EDV, l’idée d’une interdiction pure et simple des structures rattachées à la mouvance frériste gagne du terrain dans l’Hexagone.

Un contexte international sous tension

Cette évolution de l’opinion française s’inscrit dans une dynamique mondiale de durcissement à l’égard de la confrérie. Si des pays comme l’Égypte, les Émirats arabes unis ou l’Arabie saoudite ont depuis longtemps banni l’organisation, l’Occident emboîte désormais le pas.

Outre-Atlantique, le président américain a renouvelé en octobre dernier son intention de bannir les Frères musulmans. Cette volonté politique s’est concrétisée au niveau local : en novembre et décembre 2025, le Texas et la Californie ont officiellement interdit les activités politiques et financières de la confrérie sur leurs territoires respectifs.

Atmane Tazaghart, auteur de l’analyse accompagnant l’enquête, souligne la difficulté juridique en Europe où « les filiales européennes et américaines de la Confrérie nient tout lien avec la maison mère », compliquant ainsi les procédures judiciaires.

Une opinion publique majoritairement favorable

En France, le sondage indique que 53 % de la population approuve l’interdiction des organisations fréristes. Ce chiffre témoigne d’une prise de conscience croissante face à ce que les experts qualifient d’« entrisme » au sein des démocraties occidentales.

Les résultats détaillés de l’étude sont consultables ici et l’analyse complète est disponible via ce lien.

Un avis partagé chez les musulmans de France

L’enquête s’est également penchée sur la perception de cette mesure au sein de la communauté musulmane française, où les avis apparaissent plus nuancés. Si 43 % des sondés de confession musulmane s’opposent à une telle interdiction, une part significative de 38 % s’y déclare favorable (19 % ne se prononcent pas).

Entre crainte de l’amalgame et besoin de cohésion

Les motivations des deux camps révèlent les lignes de fracture actuelles. Pour les opposants à l’interdiction, la crainte principale, partagée par 41 % d’entre eux, est qu’une telle mesure n’entraîne une « forme de discrimination à l’encontre de l’ensemble des musulmans ». Par ailleurs, 31 % redoutent un effet contre-productif qui favoriserait l’émergence de courants encore plus radicaux.

À l’inverse, les musulmans favorables à l’interdiction y voient un levier d’apaisement. Près de la moitié d’entre eux (48 %) estiment que cela permettrait de « réduire les motifs d’amalgame entre islam et islamisme ». Ils sont également 47 % à penser qu’une telle décision renforcerait « la cohésion nationale et le respect des lois de la République », tandis que 36 % considèrent qu’elle aiderait à « faire reculer le communautarisme ».