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PARIS : Société – Les Français plus complexés que jam…

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PARIS : Société – Les Français plus complexés que jamais par leur poids malgré le « body positive »

Une étude Ifop pour Darwin Nutrition révèle une hausse record des complexes corporels, touchant désormais aussi les hommes.

À l’approche de l’été, le débat entre l’acceptation de soi prônée par le mouvement « body positive » et l’injonction au « summer body » parfait s’intensifie. Une vaste étude menée par l’Ifop pour le média Darwin Nutrition, réalisée auprès d’un échantillon robuste de 3 004 personnes, dresse un constat paradoxal : jamais, au cours des cinquante dernières années, les Français n’ont été aussi complexés par leur poids. Loin de l’apaisement attendu, l’ère des réseaux sociaux semble avoir exacerbé une insatisfaction corporelle qui gagne désormais du terrain chez les hommes.

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Une insatisfaction corporelle historiquement haute

Les chiffres, comparés à des données historiques, sont éloquents. En 2026, 61 % des Françaises se jugent « trop grosses », contre seulement 41 % en 2001 et 36 % en 1997. Cette tendance n’est plus exclusivement féminine. Près d’un homme sur deux (48 %) partage ce sentiment, une nette augmentation par rapport à 2001 (34 %). Le ventre cristallise cette anxiété de manière paritaire, devenant la principale source de complexe : 76 % des sondés, hommes et femmes confondus, souhaitent en mincir, une aspiration trois fois plus forte qu’en 1979 (28 %).

Cette montée des complexes dépasse largement la hausse réelle de la corpulence moyenne observée sur la même période. Pour François Kraus, directeur de pôle à l’Ifop, ce décalage est symptomatique.

« Près de dix ans après #MeToo et l’essor d’une parole féministe sur le corps, et en plein moment « body-positive », on aurait pu s’attendre à un apaisement du rapport des Français à leur poids. C’est l’inverse que révèle cette étude : jamais, depuis un demi-siècle, ils ne se sont autant trouvés « trop gros » », analyse François Kraus.

Le « summer body », une pression sociale qui s’intensifie

L’arrivée des vacances d’été agit comme un puissant catalyseur. Aujourd’hui, 40 % des Français entrent en « alerte minceur » à l’approche de la saison estivale, soit près du double qu’en 1979 (22 %). L’injonction pèse davantage sur les femmes (46 % souhaitent perdre des kilos avant les vacances) que sur les hommes (30 %).

Fait marquant de l’étude : cette pression se détache de la réalité pondérale. Un tiers des femmes (33 %) affichant un Indice de Masse Corporelle (IMC) qualifié de « normal », et même 13 % de celles considérées comme « maigres », expriment le désir de mincir. Cela confirme que la norme visée relève plus d’un idéal esthétique que d’un objectif de santé.

Du régime strict au « manger sain » : les stratégies évoluent

Face à cette insatisfaction, les méthodes ont changé. Si l’expérience d’un régime strict est deux fois plus répandue qu’il y a cinquante ans (45 % des Français l’ont déjà fait), elle est aujourd’hui délaissée au profit d’une approche perçue comme plus saine. Pour perdre du poids avant l’été, 85 % des personnes concernées prévoient de « manger plus sainement » et 71 % de faire du sport. Le régime classique n’est envisagé que par 47 % d’entre eux.

Parallèlement, de nouvelles options émergent. Les médicaments de type GLP-1 (comme l’Ozempic), commercialisés en France depuis fin 2024, sont une option pour 10 % des candidats à la minceur, avec une popularité notable chez les plus jeunes (14 % de la Gen Z).

« On constate que les Français ont intégré un certain nombre de bonnes pratiques quand il s’agit de perdre du poids. Manger plus sain et faire du sport sont en effet les deux piliers les plus efficaces et surtout durables », commentent Charlotte Jean et Quentin Molinié, responsables de Darwin-Nutrition.fr.

Le grand écart du « body positive »

L’étude met en lumière un paradoxe majeur : le soutien au mouvement « body positive » coexiste avec une consommation massive d’images de corps normés. Chez les femmes de moins de 35 ans, 66 % consultent des contenus « beauté » et 51 % des images de corps « parfaits » auxquels elles aspirent à ressembler. Or, l’adhésion au « body positive », bien que majoritaire chez les jeunes (74 %), ne semble avoir aucun effet modérateur. Les femmes soutenant ce mouvement sont tout aussi nombreuses (45 %) à vouloir maigrir avant l’été que celles qui ne s’y reconnaissent pas (46 %).

« Tout se passe comme si l’acceptation des corps était devenue un mot d’ordre que l’on partage volontiers… sans jamais cesser de se trouver trop gros. Plus tolérants en paroles, les Français n’en sont pas moins, dans le secret du miroir, plus complexés que jamais », conclut François Kraus.

L’étude complète, qui doit être citée avec la mention « Étude Ifop pour Darwin Nutrition réalisée en ligne du 17 au 21 mai 2026 auprès d’un échantillon de 3 004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus », est disponible sur le site de Darwin Nutrition ().

À propos de Darwin Nutrition

Darwin Nutrition (https://www.darwin-nutrition.fr/) est un média indépendant consacré à la nutrition, fondé en 2019. Sa rédaction est composée de professionnels de la santé, de scientifiques et d’auteurs spécialisés.

Le média produit également le podcast « Révolutions Alimentaires! », qui explore les enjeux politiques et sociologiques liés à l’alimentation.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).