PARIS : Société – Les centres commerciaux s’imp…
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PARIS : Société – Les centres commerciaux s’imposent comme les nouvelles « places du village »
Une étude Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès révèle que les centres commerciaux sont devenus des lieux de vie essentiels et plébiscités.
Loin des clichés sur leur supposé déclin, les centres commerciaux sont plus que jamais ancrés dans le quotidien des Français, jouant un rôle social et économique majeur. C’est le constat principal d’une vaste étude menée par l’Ifop pour Carmila et dévoilée ce jour par la Fondation Jean-Jaurès sous la coordination de Jérôme Fourquet. Le rapport analyse les usages et les perceptions de ces espaces qui, au-delà de leur fonction marchande, apparaissent comme des repères essentiels et des lieux de convivialité.
Une fréquentation massive et un plébiscite pour la praticité
Les chiffres de l’enquête sont sans équivoque : 63 % des Français se rendent dans un centre commercial au moins une fois par mois, un indicateur de leur intégration profonde dans les habitudes de consommation. Cet attrait s’explique avant tout par des raisons pratiques. Pour 86 % des sondés, ces lieux sont bien situés et faciles d’accès, tandis que 46 % y voient la possibilité de « tout faire au même endroit », un atout majeur dans des vies quotidiennes souvent contraintes. La compétitivité des prix est également citée par 38 % des visiteurs.
Cette étude bat en brèche l’idée d’espaces déshumanisés ou obsolètes. Au contraire, 68 % des Français les jugent sécurisants et réconfortants, et une large majorité (70 %) estime qu’ils ont su évoluer avec leur temps en intégrant davantage de services, de restauration et d’espaces végétalisés.
La « place du village » du 21ème siècle
Au-delà de l’aspect fonctionnel, l’étude met en lumière une dimension sociale et affective inattendue. Le centre commercial fonctionne comme une « place du village » contemporaine, un lieu où le lien social se tisse de manière concrète. Preuve en est, 83 % des visiteurs réguliers déclarent y croiser souvent ou parfois des voisins ou des connaissances.
Ces espaces apparaissent comme des « cocons », des environnements maîtrisés, prévisibles et rassurants, à mi-chemin entre la sphère privée et l’espace public. Ils accueillent un public intergénérationnel : familles, adolescents en quête d’un lieu de rendez-vous sécurisé, retraités y trouvant un cadre familier pour leurs activités.
Six profils de visiteurs, du « flâneur » à l’« habitué »
L’analyse de l’Ifop a permis d’identifier six grands profils de visiteurs, illustrant la diversité des usages. On y retrouve les « habitués », souvent retraités, qui s’y rendent plusieurs fois par semaine pour leurs courses et leurs rituels, comme prendre un café.
« Je viens depuis plus de cinquante ans, quand c’était Cora encore. J’habite à 1 km […] Je viens environ trois fois par semaine et même avec ma sœur qui n’a pas le permis », témoigne Cathy, 71 ans, cliente à Houssen.
Les « flâneurs » utilisent la galerie comme un lieu de promenade et de détente, sans objectif d’achat précis. Les « pragmatiques » y cherchent l’efficacité d’un lieu « tout-en-un », tandis que les « actifs pressés » ciblent une enseigne spécifique. Enfin, les « familiaux » y associent shopping et loisirs en famille, et les « accompagnateurs », souvent des hommes, suivent leur conjointe avec un intérêt plus distant pour les achats.
Un moteur économique et un commerce en mutation
Le rapport rappelle également le poids économique considérable du secteur. Le commerce représente près de 3 millions de salariés en France, soit 15 % des emplois du secteur privé. Depuis 2006, le secteur a créé 606 000 emplois non délocalisables, confirmant son rôle de moteur pour la vitalité économique des territoires. Défendre ce modèle commercial, c’est donc aussi défendre l’emploi et le dynamisme local.
L’étude complète, menée via une enquête qualitative auprès de 175 personnes en septembre-octobre 2025 et une enquête quantitative auprès de 1 000 personnes en février 2026, est disponible en téléchargement sur le site de la Fondation Jean-Jaurès.
À propos de la Fondation Jean-Jaurès
Première des fondations politiques en France, la Fondation Jean-Jaurès a été reconnue d’utilité publique en 1992, date de sa création par Pierre Mauroy.
Sa mission est, à court terme, d’influencer les politiques publiques par ses analyses et ses propositions, et, à moyen terme, de contribuer à repenser en profondeur, à l’échelle internationale, européenne et nationale, la social-démocratie.
Pour plus d’informations :
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).


