PARIS : Smartphones – Une étude révèle le coût carbon…
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PARIS : Smartphones – Une étude révèle le coût carbone réel des derniers modèles
Une étude de Greenly analyse l’empreinte carbone d’Apple, Samsung, Google et Xiaomi, révélant que la fabrication reste le principal enjeu.
Alors que les géants de la technologie, de Samsung à Apple, poursuivent leur course effrénée au renouvellement annuel de leurs smartphones, la conscience climatique des consommateurs place l’impact écologique de ces appareils au centre des débats. Dans ce contexte, Greenly, société spécialisée dans la comptabilité carbone, publie ce jour une étude comparative sur les promesses environnementales des principaux fabricants et l’empreinte réelle de leurs modèles phares.
L’analyse porte sur quatre appareils haut de gamme : l’iPhone 17 Pro et le récent iPhone Air d’Apple, le Galaxy S25 de Samsung, le Pixel 10 de Google et le Xiaomi 14. L’étude couvre l’intégralité du cycle de vie des produits, de l’extraction des matières premières à leur fin de vie, en passant par leur fabrication et leur utilisation.
La fabrication, un poids carbone écrasant
Le constat principal de l’étude est sans appel : l’essentiel de l’empreinte carbone d’un smartphone, soit entre 80 et 85 %, est généré avant même sa première utilisation. Cette phase de fabrication, qui inclut le transport et la gestion en fin de vie, concentre la majorité des émissions de gaz à effet de serre.
Sur ce critère, les fabricants présentent des bilans contrastés. Le Samsung Galaxy S25 se distingue comme le plus sobre, avec des émissions de 42,73 kg de CO₂ équivalent (kgCO₂e) pour sa fabrication. Il est suivi par le Xiaomi 14 (47,22 kgCO₂e) et l’iPhone 17 Pro d’Apple (51,2 kgCO₂e). Le Pixel 10 de Google affiche quant à lui une empreinte nettement plus élevée, atteignant 73,8 kgCO₂e, illustrant des disparités importantes dans l’optimisation des chaînes de production. Greenly note toutefois qu’Apple est le seul constructeur à fournir une analyse détaillée par capacité de stockage, un facteur qui peut ajouter plusieurs kilogrammes au bilan carbone final.
Des émissions d’utilisation variables selon les pays
La phase d’utilisation, qui représente les 15 à 20 % restants de l’empreinte carbone, est principalement liée à la consommation électrique nécessaire pour recharger l’appareil sur une durée de vie moyenne estimée à trois ans. Ici encore, les écarts sont notables : le Galaxy S25 n’émet que 2,97 kgCO₂e, contre 5,78 kgCO₂e pour le Xiaomi 14 et 8,2 kgCO₂e pour le Pixel 10. La moyenne chez Apple s’établit à 11,1 kgCO₂e.
Selon l’étude, ces différences s’expliquent moins par la technologie des appareils que par les mix énergétiques des pays pris en compte dans les calculs des fabricants. Ainsi, les 21 kWh consommés par un Pixel 10 sur trois ans représentent 9 kgCO₂e avec le mix énergétique américain, encore très carboné, mais seulement 1,7 kgCO₂e avec le mix français, majoritairement décarboné.
Le volume des ventes, multiplicateur d’impact
Au-delà de la performance individuelle de chaque modèle, le véritable enjeu environnemental réside dans les volumes de vente colossaux. En 2024, Apple a écoulé 231,8 millions d’unités et Samsung 223,4 millions, loin devant Xiaomi (169 millions) et Google (14 millions).
En conséquence, malgré une empreinte unitaire maîtrisée, l’impact global d’Apple durant la seule phase d’utilisation est plus de 23 fois supérieur à celui de Google. L’impact total lié à l’usage des smartphones Apple équivaut aux émissions annuelles de près de 559 000 voitures, contre 24 000 pour Google.
L’iPhone Air : un progrès réel mais à relativiser
Présenté en 2025, l’iPhone Air marque une tentative d’Apple d’infléchir sa trajectoire. Plus léger et intégrant davantage de matériaux recyclés, comme un cadre en aluminium 100 % recyclé, il afficherait une empreinte carbone de 55 kgCO₂e sur son cycle de vie, soit 15 % de moins que l’iPhone 17 Pro.
L’analyse de Greenly montre que l’usage de matériaux recyclés ne réduit l’empreinte d’un appareil que de 3,3 kgCO₂e (environ 5 % du total). Cependant, rapporté aux volumes de vente d’Apple, ce gain modeste permettrait d’éviter l’émission de 764 940 tonnes de CO₂, soit l’équivalent du retrait de 166 000 voitures de la circulation pendant un an.
Au-delà des fabricants, la responsabilité du consommateur
Si l’étude salue les progrès d’Apple, Samsung et Xiaomi dans l’intégration de matériaux recyclés et l’amélioration de leurs procédés, elle souligne que le levier le plus puissant reste entre les mains des utilisateurs. Prolonger la durée de vie de son appareil, en le faisant réparer ou en résistant à l’attrait du renouvellement, demeure l’action la plus efficace pour réduire son impact environnemental.
« Les gains réalisés par l’iPhone Air sont modestes à l’échelle d’un appareil, mais deviennent majeurs lorsqu’ils sont multipliés par des centaines de millions d’unités. La vraie question est peut-être ailleurs : peut-on réduire l’impact environnemental sans produire et remplacer des millions de smartphones chaque année ? Entretenir son téléphone ou ralentir le rythme des renouvellements permettrait déjà de concilier innovation technologique et responsabilité environnementale », souligne Alexis Normand, CEO et cofondateur de Greenly.
Greenly se présente comme une plateforme technologique permettant aux entreprises de toutes tailles de mesurer, piloter et réduire leur empreinte carbone, notamment sur le Scope 3, tout en automatisant la conformité aux réglementations climatiques.
L’étude complète est disponible en anglais à cette adresse : https://docs.google.com/document/d/1oCiYavi5yF6wLwr2R74AUb4ciz7nnA22t8VZjs1AdUs/edit?usp=sharing.
Pour plus d’informations sur la société : https://www.greenly.earth/

