Passer au contenu principal

PARIS : Sexualité – Le plan à trois avec deux hommes…

Partager :

PARIS : Sexualité – Le plan à trois avec deux hommes plébiscité par les Françaises

À l’approche du 3 mars, une étude de JOYclub révèle que 28,3 % des Françaises en couple fantasment sur un plan à trois avec deux hommes.

C’est un chiffre qui bouscule les idées reçues sur la libido féminine. À quelques semaines de la « Journée Internationale du Plan à Trois », célébrée le 3 mars, la plateforme JOYclub (https://www.joyclub.fr) dévoile les résultats d’une analyse menée en janvier 2026 auprès de 3 018 profils. Contrairement aux clichés qui associent souvent le trio sexuel à un fantasme exclusivement masculin (deux femmes pour un homme), les données montrent une réalité différente.

Le fantasme du plan à trois avec deux hommes (HHF) séduit désormais 28,3 % des femmes en couple, se classant juste derrière le tantra (30,3 %) et devant le sexe en groupe (23,7 %). Cette configuration devance même le format incluant deux femmes et un homme (FFH), qui intéresse 25 % des répondantes. « Ces données montrent que les femmes explorent et revendiquent leurs désirs sexuels avec une liberté croissante », explique Eva JOY, Community Manager de la plateforme.

Une pratique qui sort du tabou

Pour les experts, cette tendance traduit une évolution sociétale profonde où la femme n’est plus spectatrice mais actrice de son plaisir. Maryse Frochot, sexologue, analyse ce changement de paradigme : « Le plan à trois n’est plus un tabou, mais une expérience que beaucoup souhaitent découvrir dans un cadre respectueux et consenti […] On observe une plus forte visibilité de cette pratique notamment chez les femmes alors que c’était plutôt un discours masculin auparavant ».

Selon la spécialiste, cette libération de la parole s’inscrit dans un contexte où la sexualité féminine est moins stigmatisée. « Cela ne signifie pas que tout le monde en a envie, mais que ceux qui y pensent osent davantage en parler et parfois passer le cap », précise Maryse Frochot, sexologue.

« C’est souvent l’homme qui est en demande » : un cliché déconstruit

Pour illustrer cette dynamique, Eirika, 29 ans et membre de la communauté depuis deux ans, livre un témoignage détaillé sur son expérience du plan à trois. Elle confirme que la réalité du terrain est bien loin des stéréotypes habituels.

« Oui, il y a une idée reçue à déconstruire : celle de croire que c’est souvent l’homme qui est en demande de la pratique alors que pas forcément », confie Eirika. Elle poursuit sur la facilité de mise en œuvre de ce type de configuration : « Ce qui m’a surprise ? Qu’il soit plus facile de trouver un homme qu’une femme pour partager cette pratique ».

Au-delà du plaisir physique, la jeune femme insiste sur la dimension psychologique et relationnelle de l’expérience : « J’ai appris à communiquer plus et à développer une confiance pour intégrer d’autres personnes. Communiquer entre les différents partenaires est vraiment très important, c’est l’une des clés pour apprécier de nouvelles expériences ».

Concernant les peurs légitimes avant de se lancer, Eirika ne cache pas ses appréhensions initiales : « Je pense qu’il y a toujours une appréhension quand on teste ou découvre de nouvelles pratiques. Celle qui a été la plus présente c’est vraiment celle d’intégrer une autre personne dans un contexte intime. Le plus dur, selon moi, c’est de fixer des règles à tout le monde tout en essayant de profiter. Mais avec une bonne communication cela fonctionne. Ce qui me plaît le plus ? Le fait de devoir penser à ne laisser personne de côté et participer tous, chacun à sa façon ».

Communication et sécurité sanitaire

Si l’expérience peut être enrichissante, elle nécessite un cadre strict pour éviter les déconvenues émotionnelles ou sanitaires. « Les risques concernent la jalousie, les blessures narcissiques, les non-dits et les attentes implicites. Je préconise donc une forte communication en amont », alerte Maryse Frochot.

La sexologue insiste sur la nécessité d’établir des règles claires et de préserver la possibilité de dire non à tout moment. L’aspect médical reste également primordial dans ces configurations multipartenaires. « Si on multiplie les partenaires, on multiplie les risques de transmission d’IST. C’est important d’être à jour de ses tests et d’utiliser des préservatifs en accord avec les jouets ou lubrifiant utilisés », ajoute l’experte.

Elle conclut sur l’importance de l’état d’esprit : on est prêt lorsque l’on peut imaginer l’expérience sans angoisse ni comparaison. À l’inverse, utiliser le plan à trois pour « sauver » un couple en difficulté reste une stratégie vivement déconseillée.