PARIS : Sécurité – La gendarmerie franchit le cap his…
Partager :

PARIS : Sécurité – La gendarmerie franchit le cap historique des 10 000 blessés en 2025
La gendarmerie nationale a dévoilé un bilan humain alarmant avec 10 816 blessés en 2025, marquant une hausse inédite des violences en service.
C’est un triste record qui vient d’être établi, témoignant de la rudesse croissante des missions de sécurité intérieure. À l’occasion de la traditionnelle journée d’hommage aux héros de la gendarmerie, qui s’est tenue ce lundi 16 février, l’institution a rendu publics des chiffres qui illustrent l’intensité de l’engagement des militaires sur le terrain.
Un seuil symbolique et inquiétant franchi
Pour la première fois de son histoire, la gendarmerie voit le nombre de ses blessés dépasser la barre des 10 000 sur une année civile.
Dans un communiqué officiel diffusé en marge des cérémonies, l’institution précise : « En 2025 et pour la première fois, le nombre de gendarmes blessés dans l’exercice de leurs fonctions dépasse le seuil symbolique des 10 000 personnels (10 816) ».
Ce chiffre global recouvre une réalité encore plus préoccupante : la hausse des violences directes à l’encontre des forces de l’ordre. Sur ce total, 3 000 gendarmes ont été blessés spécifiquement par agression. Cette statistique révèle une fréquence d’incidents particulièrement élevée, correspondant à une agression physique donnant lieu à une blessure « toutes les 3 heures » sur le territoire national.
Lourd tribut humain et hommage national
Au-delà des blessés, l’année écoulée a été marquée par des pertes tragiques. La gendarmerie déplore la mort de huit de ses personnels depuis le 26 février 2025. Ce bilan funèbre concerne « six militaires et deux personnels civils », tombés dans l’accomplissement de leur devoir. Ces chiffres ont été égrenés alors que des prises d’armes étaient organisées partout en France ce lundi. Le point d’orgue de cette journée de recueillement s’est tenu à Paris, à la caserne des Célestins. La cérémonie nationale a été présidée par Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, accompagnée du général de corps d’armée André Petillot, major général de la gendarmerie nationale.
Un contexte opérationnel sous haute tension
Cette augmentation drastique des blessures en service s’inscrit dans un contexte de durcissement global de la délinquance et des missions de maintien de l’ordre. Les gendarmes, qui opèrent majoritairement en zones périurbaines et rurales, font face à une criminalité de plus en plus organisée. Les saisies de stupéfiants illustrent cette intensification de l’activité. En zone gendarmerie, les interceptions de cocaïne ont explosé ces dernières années, passant de près de 700 kg en 2022 à 6,6 tonnes en 2024. Cette lutte contre les trafics expose les militaires à des réseaux criminels déterminés et potentiellement violents.
Par ailleurs, la mobilisation des forces mobiles reste constante face aux mouvements sociaux et aux grands événements. L’utilisation récente de nouveaux blindés de type « Centaure », déployés notamment depuis septembre 2025, témoigne de la nécessité pour l’institution d’adapter ses moyens de protection face à des situations de plus en plus conflictuelles.


