Passer au contenu principal

PARIS : Séances exceptionnelles avec Ichiro KATAOKA

Partager :

PARIS : Séances exceptionnelles avec Ichiro KATAOKA

Les archives nationales du film (National Film Archive de Tokyo) sont la seule institution nationale japonaise consacrée au cinéma.

Avec son bâtiment principal doté de salles de projection et d’exposition et un centre de conservation de films dans la préfecture de Kanagawa, les archives ont pour mission la collecte, la conservation, la projection et l’exposition de films et de matériel lié au cinéma pour les générations futures. Cette Carte Blanche sur le cinéma muet japonais présentera une grande variété de films, notamment des films de réalisateurs célèbres tels que Kenji Mizoguchi (Le Fil blanc de la cascade) et Daisuke Ito (Le Chevalier voleur), des films hollywoodiens avec Sessue Hayakawa (Where Lights Are Low de Colin Campbell), devenu une star après son installation aux États-Unis, des films documentaires sur le grand tremblement de terre de l’est du Japon, les premiers films d’animation japonais et des œuvres expérimentales réalisées par des cinéastes indépendants. Quelques films seront présentés par OKADA Hidenori, conservateur au NFAJ (National Film Archive of Japan) et par plusieurs historiens et critiques de cinéma français, spécialistes du cinéma japonais. Une rétrospective inédite à découvrir du 8 au 28 octobre 2025 à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé.

Des œuvres récemment restaurées

 La rétrospective que consacrera la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé au cinéma muet japonais révèlera des bijoux du septième art récemment restaurés. Le film Le Galopin (Yasujiro Ozu, 1929) sera présenté dans la version la plus longue qui subsiste. Il s’agit d’un gonflage réalisé en 2023 à partir d’une copie 16 mm appartenant à Hideo Tsukuyama, viceprésident du National Yasujiro Ozu, réseau créé pour partager les informations relatives à Yasujiro Ozu. La copie 35 mm contient de nombreuses coupes nouvellement découvertes, telles que l’échange comique entre le garçon et le maître kidnappeur joué par Takeshi Sakamoto, et les plans en mouvement.

Chardon démoniaque (Kinugasa Teinosuke, 1927) est le film le plus ancien détenu à ce jour. Il retrace les débuts de Hayashi Chojiro, qui a rejoint les studios Shochiku Shimokamo en 1927 et qui a connu une popularité fulgurante. Le film a été restauré en 2022 à partir d’un positif nitrate 35 mm noir et blanc qui avait survécu à la Jugoslovenska Kinoteka, et bien qu’il s’agisse d’un fragment de 14 minutes, il offre tout l’attrait des débuts de Hayashi Chōjiro, y compris son agilité au combat à l’épée. Hayashi Chojiro a changé son nom de scène pour son vrai nom, Hasegawa Kazuo, lorsqu’il a été transféré à la Toho, et est resté actif après la guerre, jouant dans des films de Kinugasa Teinosuke et de Mizoguchi Kenji.

Une sélection de films documentaires sur Tokyo

 Le grand tremblement de terre du Kantô de 1923 a causé d’énormes dégâts à Tokyo et dans la région du Kantô, entraînant 105 000 morts ou disparus. Le Grand tremblement de terre de Kantô (1923), qui comprend des images tournées peu de temps après le séisme, fournit un témoignage clair des incendies intenses qui ont coûté la vie à de nombreuses personnes. Il s’agit de l’un des films documentaires les plus complets sur cet événement dramatique, qui montre les conséquences immédiates du tremblement de terre et l’extinction de l’incendie. Les Bonnes manière en public : visite touristique de Tokyo (Mori Kaname, 1926) est un film éducatif comique qui enseigne l’étiquette sociale dans un style narratif et documente également les rues de Tokyo avant le tremblement de terre. Symphonie de la reconstruction de la capitale impériale (1929) a été réalisée six ans et demi après la catastrophe par le Bureau de la reconstruction pour faire connaître ses travaux. Ces films documentaires extrêmement rares feront partis de la Carte Blanche qu’offre la Fondation Pathé au National Film Archive de Tokyo.

Un focus sur les cinéastes indépendants Noburō Ōfuji et Shigeji Ogino

Dès la période du cinéma muet, les cinéastes indépendants sont actifs au Japon. La programmation présentera plusieurs courts métrages de deux de ces cinéastes les plus remarquables. Noburō Ōfuji, qui a étudié avec Junichi Kouchi, le réalisateur du plus ancien film d’animation japonais L’Epée émoussée (1917), a sorti Les Voleurs du Château de Bagdad en 1926. Cette œuvre a été réalisée sur un type de papier japonais connu sous le nom de Edo chiyogami, qui se caractérise par ses motifs aux couleurs vives. Il a continué à produire des films d’animation en privé avec sa sœur Yae, en adoptant diverses techniques telles que le kirigami, les images sur celluloïd, les ombres chinoises et, après la Seconde Guerre mondiale, la cellophane colorée. Ces diverses techniques d’expression méritent d’être attentivement observées par les spectateurs.

Shigeji Ogino était un cinéaste indépendant qui a dirigé la petite industrie du film amateur au Japon, remportant de nombreux concours nationaux et internationaux. Ses œuvres abstraites rappellent les films de Viking Eggeling. On trouve Un jour après cent ans (à l’origine en 9,5 mm, 1933), une œuvre de science-fiction qui prédit l’avenir, et Ginza Shinkei (à l’origine en 9,5 mm, 1932), un film documentaire qui capte le paysage du quartier de Ginza. Grâce à cette rétrospective, les spectateurs de la Fondation pourront découvrir l’univers de Shigeji Ogino qui transcende sans peine les frontières du genre et de la technique d’expression. Le film La Réalisation d’une animation en couleur (à l’origine en 16 mm, 1937) est un précieux témoignage du site de production de Noburō Ōfuji.

Des pépites méconnues du cinéma muet japonais

D’autres chefs-d’œuvre japonais rares seront également montrés, tels que The Fog Horn de Minoru Murata (1934) et The Scent of Pheasant’s Eye de Jiro Kawate (1935). Cette rétrospective sera l’occasion pour les spectateurs d’apprécier sur grand écran les films muets de la collection du au National Film Archive de Tokyo qui ont été préservés et restaurés avec l’aide d’un certain nombre de personnes, notamment les donateurs de films et le laboratoire qui a réalisé les travaux de restauration.

Tarifs :

Billet couplé 1 séance de cinéma

+ accès aux espaces d’exposition :

Tarif plein : 7 € ; Tarif réduit : 5,50 € ;

Moins de 14 ans : 4,50 €

Carte 5 places (valable 3 mois) : 20 €

Horaires :

Mercredi et jeudi 14h – 19h

Mardi et vendredi 14h – 20h30

Samedi 11h30 – 19h