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PARIS : Sasha ANDREAS brise le tabou de la pauvreté juive pour combattre l’antisémitisme

Le réalisateur Sasha Andreas diffuse en ligne un documentaire inédit sur les juifs pauvres afin de déconstruire le préjugé tenace liant systématiquement cette communauté à la richesse.

C’est un angle mort de la lutte contre l’antisémitisme que le réalisateur Sasha Andreas a décidé d’éclairer. Avec son nouveau documentaire, désormais accessible en ligne, le cinéaste s’attaque à ce qu’il qualifie de « stéréotype numéro un » : l’association systématique entre les juifs et l’argent. Une démarche qui vise à montrer une réalité sociologique souvent ignorée, celle de la précarité au sein de la communauté juive, pour mieux déconstruire les mécanismes de la haine.

Le souvenir d’Ilan Halimi

Pour le réalisateur, ce projet n’est pas uniquement sociologique, il est une réponse directe à la violence antisémite. Sasha Andreas explique avoir été « grandement inspiré par Ilan Halimi » pour la réalisation de ce film. La référence à ce drame, survenu en 2006, est centrale dans sa démarche : le jeune homme avait été enlevé et torturé par le « gang des barbares » précisément parce que ses ravisseurs étaient persuadés que, étant juif, sa famille avait nécessairement de l’argent pour payer une rançon.

En filmant la pauvreté réelle de certains membres de la communauté, le documentaire entend apporter la preuve par l’image que ce préjugé peut être mortel et qu’il est déconnecté de la réalité sociale. « Ça va être compliqué de combattre l’antisémitisme en mettant sous le tapis le stéréotype numéro 1 », analyse le réalisateur, qui revendique la paternité du « premier documentaire de l’histoire du cinéma sur les juifs pauvres ».

Un manque de soutien institutionnel

Malgré la pertinence du sujet dans le contexte actuel, Sasha Andreas dresse un constat amer quant à l’accueil réservé à son projet par les institutions et les figures publiques. Le cinéaste déplore un décalage entre les discours officiels appelant à la mobilisation et le soutien concret apporté aux initiatives de terrain.

« Dans notre belle France courageuse, entre 485 appels à des « initiatives », 433 « sursauts » et 44 321 subventions, silence des associations et des politiques », regrette-t-il. Il pointe nommément l’indifférence de nombreuses personnalités politiques et communautaires, citant pêle-mêle Christian Estrosi, Éric Ciotti, ou encore des figures intellectuelles et associatives comme Bernard-Henri Lévy (BHL), Serge et Beate Klarsfeld, ainsi que Fabrice Arfi.

La critique s’étend également aux grandes organisations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Selon ses dires, des structures telles que la LICRA, SOS Racisme, l’UEJF (Union des étudiants juifs de France), le Fonds social juif unifié (via Radio J et RCJ), ainsi que la DILCRAH (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT), auraient « regardé ailleurs » face à cette proposition documentaire.

Une diffusion virale soutenue par Steven Pinker

Face à ce qu’il perçoit comme une fin de non-recevoir institutionnelle, Sasha Andreas a fait le choix de la diffusion directe au public. Le documentaire a été mis en ligne sur les réseaux sociaux pour contourner les circuits traditionnels. Cette stratégie numérique a trouvé un écho international significatif : le célèbre psychologue cognitif et intellectuel américano-canadien Steven Pinker a relayé le film sur la plateforme X (anciennement Twitter).

Le réalisateur appelle désormais les internautes et la société civile à s’emparer de cet outil pédagogique pour faire reculer les préjugés. Le film est disponible avec des sous-titres accessibles dans les paramètres du lecteur vidéo.

Le documentaire est visible via le lien suivant : https://twitter.com/sapinker/status/1764350056847610080