Passer au contenu principal

PARIS : Santé publique – Maladies neurodégénératives…

Partager :

PARIS : Santé publique – Maladies neurodégénératives : l’urgence d’un parcours de soin coordonné

Alexandre Dalibot, cofondateur de la start-up a-gO, alerte sur la nécessité absolue d’intégrer le dépistage précoce dans un parcours de soin global et structuré.

C’est un défi de santé publique majeur du 21ème siècle. Alors que les maladies d’Alzheimer et de Parkinson touchent des millions de personnes, progressant silencieusement pendant des années avant l’apparition des symptômes, la technologie médicale a fait un bond en avant. Aujourd’hui, il est possible de détecter ces pathologies plus tôt que jamais. Pourtant, pour Alexandre Dalibot, cofondateur de la start-up française a-gO, l’innovation technologique seule ne suffit pas. Dans une récente analyse, l’expert souligne qu’un dépistage isolé, sans prise en charge immédiate et coordonnée, risque de rester une « simple étincelle vite   éteinte ».

Le risque de l’innovation isolée.

Le constat est lucide : dépister tôt est une nécessité pour prévenir des dommages irréversibles au cerveau, mais ce n’est que la première étape. Le véritable enjeu réside dans la capacité du système de santé à absorber cette innovation. « Trop souvent, les innovations médicales restent isolées », observe Alexandre Dalibot. Le danger est réel de voir des tests performants et des biomarqueurs identifiés se heurter à un mur organisationnel.

Sans une coordination fluide entre les autorités de santé, les neurologues, les gériatres et les médecins généralistes, le patient se retrouve seul face à un résultat potentiellement anxiogène. Pour le dirigeant d’a-gO, « la vraie réussite réside dans la capacité à s’intégrer de manière cohérente dans le parcours de soin ».

Vers un continuum de prise en charge.

Pour transformer l’essai de l’innovation médicale, le dépistage doit être envisagé comme un « continuum » et non une fin en soi. Cette approche intégrée repose sur trois piliers fondamentaux :

  1. Un diagnostic rapide orientant immédiatement vers les spécialistes.
  2. Un suivi personnalisé qui prend en compte le vécu du patient.
  3. Une coordination sans rupture impliquant les aidants et les familles.

L’objectif est de faire du parcours de soin un « véritable allié du patient ». Cela permettrait non seulement de ralentir la progression clinique de la maladie grâce à une prise en charge précoce, mais aussi de préserver l’autonomie des malades le plus longtemps possible.

Repenser le rôle des acteurs de santé.

Cette vision implique une mutation profonde des pratiques actuelles. Il ne s’agit plus seulement de prescrire un test, mais d’accompagner un parcours de vie. « Les médecins doivent être formés aux nouveaux tests et savoir interpréter leurs résultats », insiste Alexandre Dalibot. Les structures hospitalières sont également appelées à intégrer ces protocoles de manière standardisée.

L’aspect humain demeure central dans cette équation technologique. L’annonce d’un diagnostic précoce peut être une source d’angoisse considérable si elle n’est pas assortie d’un plan d’action clair. C’est pourquoi l’information et la rassurance du patient doivent être au cœur du dispositif.

Une responsabilité collective.

À l’heure où le vieillissement de la population accentue la pression sur les systèmes de santé, la position d’a-gO résonne comme un appel à l’action pour les pouvoirs publics et les professionnels du secteur. « Nous sommes à un tournant », affirme le cofondateur. L’avenir de la santé neurocognitive dépendra de la capacité collective à marier l’innovation technologique à une expertise médicale humaine et coordonnée.

« Il est temps de passer de la promesse à l’action », conclut Alexandre Dalibot, rappelant que dans la lutte contre les maladies neurodégénératives, le temps, s’il est bien utilisé grâce à une approche intégrée, peut devenir un allié précieux.