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PARIS : Santé publique – Les professionnels de la lut…

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PARIS : Santé publique – Les professionnels de la lutte antiparasitaire exigent un cadre national

Face à une pression nuisible grandissante, l’association PROSANE renforce la formation des techniciens et somme les pouvoirs publics de réguler le métier.

L’image a marqué les esprits en cette fin d’année 2025 : des moustiques et des frelons encore actifs sur le territoire national en plein mois de novembre. Ce phénomène, qualifié d’inhabituel par les experts, illustre concrètement l’impact du dérèglement climatique sur la prolifération des nuisibles. C’est dans ce contexte de vigilance accrue que PROSANE (Association des Professionnels de la Protection de la Santé et des Environnements) a acté le renouvellement pour cinq ans de son Certificat de Qualification Professionnelle (CQP), tout en appelant l’État à prendre ses responsabilités.

Une croissance sectorielle inédite.

Le secteur du « pest management » (gestion des nuisibles) ne connaît pas la crise, porté par une nécessité sanitaire impérieuse. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les effectifs ont bondi de 16 % entre 2020 et 2023, atteignant 8 500 salariés. Plus marquant encore, 27 % des entreprises du secteur ont vu le jour au cours des cinq dernières années. Cette explosion de l’activité, qui prévoit encore plus de 1 000 recrutements d’ici 2027, soulève toutefois des questions cruciales sur la qualité des interventions. Face à la multiplication des acteurs, la structuration de la filière devient un impératif de sécurité pour les particuliers comme pour les collectivités.

L’autodiscipline ne suffit plus.

Pour tenter de canaliser cette croissance et garantir le sérieux des prestations, la filière a pris les devants. Depuis janvier 2024, PROSANE impose à ses adhérents la certification européenne CEPA Certified®, basée sur la norme CEN 16636.

En parallèle, l’association a annoncé fin 2025 le renouvellement du CQP « Technicien en maîtrise du risque nuisible ». Reconnue par l’État via la Commission Paritaire Nationale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (CPNEFP), cette certification valide un socle de compétences techniques : identification des espèces, diagnostic et application des normes de sécurité.

Pourtant, ce dispositif présente une limite majeure : il reste volontaire. À ce jour, aucune loi n’oblige un technicien à détenir ce titre pour exercer, laissant la porte ouverte à des pratiques inégales sur le territoire.

Vers un statut officiel de « professionnel formé ».

C’est ici que réside le cœur du message porté par l’organisation professionnelle. L’auto-régulation, bien que vertueuse, atteint ses limites face aux enjeux de santé publique. PROSANE exhorte désormais l’administration à créer un statut officiel de « professionnel formé ».

L’objectif est clair : transformer le CQP ou une certification équivalente en prérequis obligatoire, potentiellement en l’intégrant aux critères du Certibiocide.

Guy-André Lemoine, président de PROSANE, résume cet enjeu stratégique : « La combinaison d’une certification plus exigeante des techniciens et d’une norme applicable aux entreprises, telle que CEPA, permettrait de disposer d’une qualité d’interventions maîtrisée, efficiente et dont le spectre ira du préventif au curatif ».

En attendant une réponse législative, l’association mise sur la transparence et invite les consommateurs à consulter son annuaire national, seul outil permettant actuellement d’identifier les prestataires engagés dans cette démarche de qualification certifiée.