PARIS : Santé publique – La France en alerte face au…
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PARIS : Santé publique – La France en alerte face au virus des Andes après une épidémie sur un navire
Une alerte sanitaire est déclenchée en France après la contamination d’une ressortissante par le virus des Andes lors d’un foyer sur un navire.
La France a activé ses protocoles de surveillance épidémiologique après la détection d’un foyer de cas de syndromes respiratoires aigus liés au virus des Andes, une forme rare et dangereuse d’hantavirus. L’alerte, initialement lancée par l’Organisation Mondiale de la Santé le 2 mai 2026, concerne les passagers du navire de croisière MV Hondius. Au 13 mai, le bilan faisait état de 11 cas, dont 3 décès, parmi les 147 passagers. Huit de ces cas, dont celui d’une ressortissante française, ont été confirmés en laboratoire comme étant des infections par le virus des Andes.
Un cas grave sur le sol français
Parmi les cinq ressortissants français présents à bord du navire, un rapatriement a été organisé le 10 mai. Une des passagères a été testée positive au virus des Andes le 11 mai et immédiatement prise en charge dans un état grave au sein d’un Établissement de Santé de Référence (ESR). Les quatre autres Français, asymptomatiques et testés négatifs, ont été placés en isolement préventif en milieu hospitalier.
Les autorités sanitaires soulignent qu’une surveillance rigoureuse des personnes contacts a été mise en place. Vingt-deux autres passagers, considérés comme contacts d’un cas confirmé décédé à Johannesburg le 26 avril, ont également été testés négatifs et sont isolés. Le ministère de la Santé a précisé qu’à ce stade, il n’existe aucune circulation active du virus sur le territoire national.
Le virus des Andes, une souche particulièrement virulente
Les hantavirus sont des zoonoses, transmises à l’homme principalement par l’inhalation de particules virales provenant des excrétions de rongeurs infectés. Ils se divisent en deux grands groupes aux conséquences cliniques très différentes. Les virus de « l’Ancien Monde » (Europe, Asie) provoquent des fièvres hémorragiques avec syndrome rénal (FHSR), dont la létalité varie de 0,4 à 12 %. En France, la souche endémique Puumala est responsable de 14 à 320 cas par an.
En revanche, les virus du « Nouveau Monde » (Amériques), comme le virus des Andes, sont responsables du syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (HPS), une affection beaucoup plus sévère. Le HPS se manifeste par une évolution rapide vers une détresse respiratoire aiguë et un choc cardiogénique, avec un taux de létalité estimé entre 30 et 60 %. Une particularité notable du virus des Andes est sa capacité, bien que limitée, à se transmettre d’une personne à l’autre lors de contacts rapprochés et prolongés.
Un protocole sanitaire strict pour les soignants
Face à cette menace, la mission COREB (Coordination Opérationnelle Risque Épidémiologique et Biologique) a diffusé dès le 15 mai une note d’information destinée aux soignants de première ligne. Le document détaille la procédure pour repérer un patient suspect, qui doit présenter des signes cliniques compatibles (fièvre, toux, dyspnée, troubles digestifs) et une exposition à risque (contact avec des rongeurs en zone d’endémie ou contact avec un malade).
Pour toute suspicion d’infection par le virus des Andes, des mesures renforcées sont préconisées. Le patient doit être isolé et les soignants doivent appliquer des précautions maximales, incluant le port d’un appareil de protection respiratoire FFP2, de gants, de lunettes et d’une surblouse étanche. Les diagnostics de confirmation sont centralisés par le Centre National de Référence (CNR) des Hantavirus.
Malgré la gravité du cas importé, l’OMS estime actuellement que le risque pour la population mondiale reste faible. La réactivité des autorités sanitaires françaises vise à contenir tout risque de propagation et à assurer une prise en charge optimale des cas suspects.

